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    Gabriel Nadeau-Dubois, de la rue au Salon bleu

    Victoire sans équivoque du candidat de Québec solidaire dans Gouin

    30 mai 2017 |Sarah R. Champagne | Québec
    Le nouveau député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, a célébré sa victoire avec des militants et des partisans de Québec solidaire.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le nouveau député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, a célébré sa victoire avec des militants et des partisans de Québec solidaire.

    Son sourire de vainqueur et sa verve de militant. Ses militants, et maintenant ses électeurs, solidaires de son accession à l’Assemblée nationale. Il aura fallu moins de quatre mois à Gabriel Nadeau-Dubois pour se lancer en politique, devenir coporte-parole de son parti et député. Avec 69 % des votes, le candidat de Québec solidaire remporte haut la main l’élection partielle de lundi dans Gouin.

     

    Ils étaient plus d’une centaine à s’entasser dans un pub de la rue Saint-Zotique pour attendre les résultats de l’élection partielle. Les premières urnes dépouillées donnaient déjà une avance insurmontable au candidat de Québec solidaire, son équipe déclarant victoire sous les effusions de joie avant même l’arrivée de celui-ci.

     

    L’élection partielle a été remportée « grâce au travail de terrain », a martelé M. Nadeau-Dubois dans son discours aux militants. « C’est par la mobilisation qu’on gagne une élection, celle qui se fait les yeux dans les yeux », par « le travail discret et exigeant du porte-à-porte », a-t-il ajouté. Il s’est voulu humble, malgré l’écrasante majorité dégagée : « Qu’à mon premier test électoral, je reçoive un mandat aussi clair et aussi fort, c’est un honneur incroyable. »
     

     

    De grands souliers à chausser

     

    Le candidat solidaire arrache donc une victoire « indiscutable », selon les mots de sa prédecesseure, Françoise David. Elle-même avait été élue dans cette circonscription par 9717 voix d’avance en 2014, c’est-à-dire par une majorité absolue. Avant Mme David, ce territoire était considéré comme un bastion du Parti québécois depuis 1976. M. Nadeau-Dubois n’avait pas d’adversaire péquiste, puisque le PQ avait renoncé en février dernier à présenter une candidature dans la circonscription, dans le but avoué de lui laisser le champ libre.
     

     

    Encouragé par Françoise David, les yeux rougis par l’émotion, fébrile, le vainqueur l’a remerciée d’avoir fait campagne à ses côtés : « Je vais travailler très fort pour être à la hauteur de ton héritage. » Celle-ci affichait en retour une grande confiance en son successeur : « Il y a vraiment déjà un rapport intéressant qui s’est installé avec les gens de Gouin. C’est pas seulement le Printemps érable, mais c’est ce qu’il a fait et écrit depuis ce temps-là. » Elle dit avoir conservé son « lien affectif » avec les résidents du quartier et souhaite que M. Nadeau-Dubois s’efforce de « bien connaître le contexte particulier du quartier ».

    69 %
    C’est le pourcentage du vote qu’a recueilli l’ancien leader étudiant devenu politicien. Gabriel Nadeau-Dubois succède ainsi à Françoise David comme député de Québec solidaire dans Gouin.
     

    À la sortie d’un bureau de vote de la rue Holt, plusieurs électeurs évoquaient en effet l’estime pour leur ancienne députée. « J’aimais beaucoup Françoise David. Je vais laisser la chance à Gabriel Nadeau-Dubois de montrer ce qu’il peut faire maintenant », a notamment affirmé Véronique Gignac, électrice solidaire. « C’est au moins la troisième fois que je vote pour QS. […] La réaction du PQ de la semaine dernière m’a conforté dans mon choix », affirmait quant à lui Alexandre Lebel, un résidant de Gouin.

     

    Un avis non partagé par une dame du quartier qui a refusé de s’identifier. Elle penchait plutôt pour Benjamin Bélair, de la Coalition avenir Québec (CAQ) : « Je vote pour lui à cause de la décision de QS de ne pas aller vers la convergence », a-t-elle exprimé.

     

    Mais les déchirements entre Québec solidaire et le Parti québécois auront finalement avantagé la candidate d’Option nationale (ON), Vanessa Dion. À quelques heures du vote, elle espérait en effet se positionner comme la seule option indépendantiste valable dans Gouin pour relancer la convergence. Le président de l’association péquiste de Gouin a quant à lui voté pour ON, se disant déçu du refus de la convergence de la part des solidaires. Il était d’avis que plusieurs péquistes froissés se tourneraient eux aussi vers cette candidate.

     

    En 2014, le candidat d’ON n’avait obtenu que 1,1 % des voix. Lundi, Mme Dion obtenait 8 % des voix, soit presque l’égalité avec Jonathan Marleau, le candidat libéral. M. Marleau, 25 ans, lui aussi un « ancien carré rouge », puisqu’il a fait partie du mouvement étudiant en 2012, n’est pas parvenu à attirer autant de voix que le candidat libéral à la dernière élection. Benjamin Bélair, de la Coalition avenir Québec, a quant à lui récolté 6,8 % des voix, soit juste devant Alex Tyrrell, le chef du Parti vert du Québec avec moins de 5 %.

     

    Cette élection partielle constituait un premier test électoral après le congrès de Québec solidaire, où le rejet de la convergence l’a plongé dans la tourmente. Quelques heures après l’annonce de ce refus de négocier des alliances stratégiques avec le Parti québécois, on apprenait que QS avait choisi de garder secrète une feuille de route sur laquelle les partis souverainistes s’étaient entendus.

     

    Les résidants de la circonscription devaient choisir parmi une liste de 13 candidats celui qui succéderait à Françoise David, qui a quitté la vie politique en janvier dernier. Le taux de participation préliminaire se hissait à peine au-dessus de 30 % au moment d’écrire ces lignes, soit sous la moyenne de 41,31 % depuis 1998.

     

    Celui qui fera son entrée au Salon bleu s’est dit bien conscient que la partielle ne constitue qu’une bataille et que plusieurs restent à venir. « Cette élection ne changera pas la couleur du gouvernement. Elle ne chassera pas les libéraux du pouvoir. Mais en choisissant QS, les gens de Gouin ont pris une décision lourde de sens : ils ont décidé d’envoyer à l’Assemblée nationale un député progressiste de plus », a-t-il affirmé.













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