Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Libre opinion

    Québec solidaire, enclave du gauchisme et allié de l’islamisme

    29 mai 2017 | André Lamoureux - Politologue et chargé de cours à l’Université du Québec à Montréal | Québec
    De gauche à droite, l'ex-co-porte-parole de Québec solidiaire, Andrés Fontecilla en compagnie des deux nouveaux représentants du parti, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé
    Photo: Graham Hughes La Presse canadienne De gauche à droite, l'ex-co-porte-parole de Québec solidiaire, Andrés Fontecilla en compagnie des deux nouveaux représentants du parti, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé

    L’échec de la convergence entre le Parti québécois et Québec solidaire était hautement prévisible. Les péquistes cherchaient à s’allier aux solidaires avec une naïveté déconcertante ; pourtant, au fil du temps, Amir Khadir et Manon Massé ont répété qu’ils ne voulaient pas s’associer à ce qu’ils appellent un « parti bleu néolibéral ». La haine viscérale était donc annoncée depuis longtemps, et QS a toujours considéré le PQ comme un ennemi.

     

    Le PQ a donc couru après cette rebuffade passablement humiliante, notamment pour Jean-François Lisée et Véronique Hivon. Il est d’abord tombé dans le piège de « l’islamophobie » tendu par Françoise David en 2015 ; par la suite, avec Alexandre Cloutier, le PQ a persisté dans sa croisade contre l’islamophobie dont le Québec serait prétendument affecté. Embourbé dans ses multiples contorsions, Jean-François Lisée a finalement réduit le projet de laïcité à une peau de chagrin pour plaire à QS ; il a ainsi confié ses desseins idéologiques et sa stratégie à Paul St-Pierre Plamondon, dont le rapport est d’une pauvreté intellectuelle désarmante.

     

    QS a donc manoeuvré avec l’idée de convergence. Le moment venu, il a laissé tomber le PQ dans la boue avec l’aide de Dalila Awada. Ce parti, cet ennemi, expliquait-elle au congrès de QS, serait porteur des « deux bêtes » que sont le néolibéralisme et le racisme. Tarik Ramadan. Adil Charkaoui ou Haroun Bouazzi auraient pu dire la même chose s’ils avaient participé à ce congrès. Dans la mouvance islamiste, certains jouent le rôle de « bad cop », d’autres celui de « good cop », notamment à l’endroit du pouvoir politique. Cela dépend, mais tous se font le relais de l’idéologie islamiste. La question est donc posée. QS est-il devenu l’antichambre du gauchisme et de l’islamisme au Québec ?

     

    Des gauches radicales alliées aux islamistes

     

    Depuis les années 1980, les salafistes et wahhabites combattent le modèle démocratique des sociétés occidentales, leur mode de vie, la libre-pensée, les arts, la musique contemporaine, les libertés individuelles, la jeunesse trop libertine (comme on l’a vu à Manchester), les libertés sexuelles et l’égalité entre les hommes et les femmes, une valeur universelle totalement étrangère à leurs préceptes. Lorsque leurs dogmes « prémédiévaux » et ségrégationnistes sont dénoncés, ils chargent leurs opposants, les accusent d’islamophobie, les poursuivent ou les assassinent. Ces attaques visent tout autant les musulmans laïques que les « mécréants ». Dans ces circonstances, pourquoi les gauches radicales, ici comme ailleurs, notamment en Europe, dites progressistes, s’allient-elles aux islamistes ?

     

    Oublions les discours sur le misérabilisme et le communautarisme qui ne sont que l’enveloppe idéologique. Politiquement, ce choix stratégique est imputable au fait que la mouvance islamiste s’attaque au socle de la société libérale et démocratique qui est aussi par ailleurs capitaliste. Or, c’est précisément ce socle que conspuent toutes les tendances gauchistes réunies. Car voulant mettre fin à la société néolibérale et capitaliste, le gauchisme retrouve en l’islamisme un discours hostile à la société occidentale dont il veut se débarrasser.

     

    Nageant dans le multiculturalisme et le communautarisme, les gauches radicales se cantonnent donc dans les causes sociales et anticapitalistes. Rien d’autre ne les intéresse. Elles se braquent même contre les aspirations nationales et démocratiques des peuples, la laïcité comprise, qu’elles perçoivent comme des phénomènes dépassés, voire réactionnaires. QS, tout comme Podemos pour la Catalogne, est contre l’indépendance au Québec. La stratégie visant la convocation d’une assemblée constituante dans le cadre fédéral actuel n’est nulle autre chose qu’une perspective menant au statu quo fédéraliste et que le NPD-Québec a déjà promue. Il n’y a rien de nouveau. Là aussi le PQ est tombé dans le panneau de QS.

     

    Un petit parti sectaire

     

    Plutôt que de combattre le cancer de l’islamisme, les « solidaires » s’en servent comme caution sociale. Le djihadisme trouverait sa source dans les inégalités sociales et les humiliations subies, et non dans l’idéologie. En vérité, QS agit comme caution politique du gouvernement de Philippe Couillard. Après avoir vainement tenté de bloquer l’aspiration à la laïcité d’une majorité de Québécois avec le projet de loi 59 sur les « discours haineux », la mouvance islamiste est désormais arc-boutée contre sa vieille rengaine, le racisme qui serait miraculeusement devenu « systémique » au Québec. Il s’agit d’une nouvelle élucubration et il faut dire haut et fort qu’elle est une des pires aberrations intellectuelles surgies des méandres du communautarisme actuel.

     

    Québec solidaire est un petit parti sectaire auquel s’est rallié tout ce qu’il y avait de staliniens au Québec, du Parti communiste du Québec, d’En lutte ou du Parti communiste ouvrier. Avec le temps se sont ajoutés les altermondialistes, gauchistes et anarchistes partisans de toutes les causes anticapitalistes. Les islamistes y ont aussi trouvé une niche payante pour eux.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.