Le PLQ et le PQ en perte de vitesse

Le leader parlementaire Jean-Marc Fournier
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le leader parlementaire Jean-Marc Fournier

Le leader parlementaire Jean-Marc Fournier a été le seul membre du gouvernement Couillard à commenter mercredi un sondage qui laisse entrevoir une perte de vitesse du Parti libéral du Québec (PLQ). Il a profité de l’occasion pour dénoncer le traitement médiatique dont il s’estime victime.

 

« Sur les enjeux fondamentaux, la manière dont nous gouvernons est bonne, nous créons plus d’emplois que les gens pensaient que nous pourrions en créer », a-t-il déclaré. Il faut regarder les « fourchettes » de sondages pour en tirer une meilleure analyse, a-t-il ajouté.

 

Un sondage du quotidien The Gazette a révélé mercredi matin que le PLQ et le Parti québécois (PQ) sont en perte de vitesse au profit de Québec solidaire (QS), mais surtout de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui prend le premier rang des intentions de vote.

 

Les libéraux, plombés par des révélations médiatiques concernant l’éthique au sein de leur parti, dégringolent : ils perdent neuf points de pourcentage dans les intentions de vote, par rapport à la fin du mois de mars.

 

La tourmente dans laquelle le PLQ est plongé a amené le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, à déclarer au début du mois que son parti était victime d’acharnement de la part de certains journalistes.

 

Mercredi, c’était donc au tour d’un deuxième ministre senior du gouvernement Couillard de s’en prendre aux médias.

 

« La semaine passée, j’ai été critiqué pour avoir donné une information qui a évolué, parce que j’ai appris des informations par la suite, parce que je suis généreux dans mes réponses », a dénoncé Jean-Marc Fournier.

 

Une première dans sa carrière

 

Le ministre n’a pas aimé qu’un journaliste souligne qu’il a dû revenir sur une déclaration trompeuse au sujet des 41 mots-clés que le PLQ a défini afin de trier la preuve accumulée par l’Unité permanente anticorruption lors de la perquisition de ses bureaux montréalais.

 

Le leader parlementaire, qui siège à l’Assemblée nationale depuis 1994, a déclaré que c’était « la première fois » dans sa carrière d’élu qu’il constatait que « ce n’était pas l’information qui était recherchée ». « [Le but recherché], c’était d’attaquer la personne qui répondait de manière généreuse », a-t-il affirmé.

 

Dans un souci de « jouer fair-play », Jean-Marc Fournier ne répondra plus nécessairement aux questions des médias « sur-le-champ » : il prendra désormais le temps nécessaire pour revenir avec des réponses qui s’en trouveront « meilleures ».

 

Dans son programme et ses orientations, a-t-il cependant assuré, le PLQ garde le cap, malgré un sondage défavorable.

 

« Il ne faudrait pas qu’on commence à perdre de l’emploi, il ne faudrait pas que l’économie recule. Si c’est comme ça qu’on gagne des élections, c’est faire reculer le Québec, ce n’est pas la bonne façon », a-t-il déclaré.

 

Le sondage, mené au téléphone les 11 et 12 mai, accorde 32 % des intentions de vote à la CAQ ; 31 % au PLQ, 24 % au PQ et 14 % à QS.

 

« J’ai assez d’expérience en politique pour savoir que si on s’attache à un seul sondage, on va être comme une girouette », a commenté le chef péquiste, Jean-François Lisée. Au sujet de la CAQ, il a déclaré qu’elle portait un message « extrémiste » et « démagogique ».

 

« Ce n’est absolument pas vrai, s’est défendu le député caquiste Simon Jolin-Barrette. J’invite M. Lisée à lire notre programme électoral et à lire les idées de la CAQ », a-t-il ajouté, en se gardant de réagir au sondage.


Le PQ et QS discutent de convergence

À moins d’un an et demi du prochain rendez-vous électoral, Amir Khadir évoque un scénario d’« échange possible » de 30 circonscriptions entre le PQ et QS. En gros, QS s’abstiendrait de présenter un candidat dans 21 circonscriptions, en échange de quoi le PQ lui laisserait le champ libre dans 9 circonscriptions, dont Verdun, Laurier-Dorion et Saint-Henri–Sainte-Anne. « La solution réside dans la capacité de conclure une entente de non-agression sur un certain nombre limité de comtés tout en maintenant une distance politique visible, tout à fait lisible, avec le Parti québécois », souligne-t-il. L’élue péquiste Véronique Hivon invite les partis politiques progressistes et indépendantistes à mettre de côté leur « ego », puis à « donne[r] la chance d’explorer [cette] nouvelle voie » : la négociation de pactes électoraux. Les électeurs progressistes et indépendantistes « s’attendent à ce qu’on soit capables d’aller au-delà des lignes partisanes pour répondre à leurs besoins ».
8 commentaires
  • Richard Olivier - Inscrit 18 mai 2017 07 h 45

    Lucidité

    Lucidité des québécois francophones

    Changer 4 trente sous pour une piastre.

    Ca fait déjà 150 ans que c`est comme cela....
    On avance pas vite ici..1 pas en avant...2 pas en arrière..

    Mais nos sommes heureux, bien, prospère et riche dans le canada des anglais depuis 150 ans..
    Bravo Québec

    • Claude Bariteau - Abonné 18 mai 2017 14 h 02

      Pourquoi « québécois francophones » ?

      Cette expression laisse entendre que les autres québécois ne sont pas lucides.

      Selon moi, ils le sont autant, mais veulent être de la partie.

      Si vous les excluez, ils s'en rendent compte et se mettent à être de la partie de ceux et celles qui prônent de vivre dans le Canada.

      C'est élémentaire.

      Il faudrait plutôt penser la lucidité dans des termes patriotes en visant à rallier les gens qui ont fait du Québec leur patrie.

      Ça aussi c'est élémentaire.

      Et surtout foncièrement démocratique.

  • Bernard Terreault - Abonné 18 mai 2017 08 h 38

    Attention

    1) Ce sondage était fait par une autre technique que les précédents, ce qui peut expliquer une partie de la différence -- mais on ne peut pas dire lesquels reflètent mieux la réalité. 2) Arrivés à l'élection, la CAQ a de la difficulté à "sortir son vote" car elle a peu de militants actifs sur le terrain. Les partisans typiques de la CAQ sont de cette classe moyenne qui attend beaucoup des autres mais peu portée à donner elle-même. Cela n'enlève rien à deux ou trois députés de la CAQ très dynamiques, mais ça ne fait pas un parti.

  • Claude Bariteau - Abonné 18 mai 2017 09 h 17

    Un 40 % en direction d'un 50 % + 1.

    En 1976, le PQ a pris le pouvoir avec 40 % d'appui. L'idée d'Amir Khadir s'inscrit dans cette logique, ce qui est crédible.

    Reste la plate-forme commune.

    Elle peut comprendre plus qu'une correction du mode de scrutin, en intégrant une réforme du régime parlementaire faisant en sorte que les loies soient adoptées lorsqu'il y a un appui des électeurs qui font que les élus qui votent détiennent un appui d'au-delà de 50 % +1, aussi que les membres de l'exécutif aient des comptes à rendre aux élus et que les gens détenant des postes d'autorité soient nommées par les élus à qui ils doivent rendre des comptes.

    En gros, une plate-forme qui correspondrait aux demandes des patriotes en 1834, rejetées par Londres parce qu'elles rendaient le pouvoir au peuple.

    Si ces deux partis s'entendent sur une telle plate-forme, y compris sur les modalités de la nomination du premier ministre et de l'élection d'un président remplaçant le lieutenant-gouverneur avant l'adoption d'un régime présidentiel par référendum, ils auront jeté les bases d'un changement de l'ordre politique en place depuis 1791 puis recréé en 1840, en 1867 et en 1982.

    Dans cette perspective, les élus PQ-QS devront aussi prendre en compte le contexte de l'économie du Québec au sein de l'économie nord-américaine pour définir les politiques de la province de Québec avant sa transformation en pays.

    Une telle approche n'est pas irréaliste, mais uniquement concordante avec l'idée fondamentale que suivre les règles actuelles confirme le pouvoir de ceux qui les ont créées alors qu'en instituer d'autres, avec l'appui du peuple, établit un nouveau pouvoir, en l'occurence celui du peuple.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 mai 2017 10 h 44

      "En 1976, le PQ a pris le pouvoir avec 40 % d'appui." Grâce aux distorsions du système uninominal à un tour et à la division du vote entre l'UN et le PLQ.

      "L'idée d'Amir Khadir s'inscrit dans cette logique, ce qui est crédible."
      En effet, la division du vote entre la PLQ et la CAQ et la non-division du vote entre le PQ et QS pourraient favoriser ces deux dernières formations dans un accord mutuellement avantageux... grâce aux distorsions du système uninominal à un tour.

    • Claude Bariteau - Abonné 18 mai 2017 13 h 29

      Je le sais autant que vous. C'est le motif du complément que je suggère, qui est l'adoption des lois lorsqu'il y a des élus qui en votent en leur faveur qui ont collectivement un appui d'une majorité de sélecteurs.

      C'est une façon de rendre effective l'idée du scrutin proportionnel. J'ajoute toutefois qu'il importe aussi de réfonder le système parlementaire en ayant en tête les régimes républicains plutôt que monarchistes et de tenir un référendum, après étude, sur l'adoption d'un régime républicain québécois.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 mai 2017 13 h 43

      La CAQ nuit beaucoup plus au PLQ que QS au PQ. On l'oublie parce que le PLQ gagne quand même, et souvent par de bonnes marges, malgré tout.

      Dans le sondage de mars 2014 de Léger, peu avant les élections d'avril, on avait posé la question du deuxième choix des répondants. Le PLQ est de loin le "premier deuxième choix" des électeurs de la CAQ. Il est vrai que le PQ est le premier deuxième choix des électeurs de QS, mais QS obtient sensiblement moins de votes que la CAQ.

      On retrouve ces résultats à la page 9 de ce sondage ici: http://leger360.com/admin/upload/publi_pdf/2014031

      "Je le sais autant que vous." Vous êtes éclairé M. Bariteau. Beaucoup de lecteurs qui proposent la proportionnelle l'oublient. Un petit rappel ne peut pas nuire.

      Autre rappel: le PLQ et la CAQ forment la majorité des électeurs... et si on a besoin de ces électeurs pour adopter des lois ou former un gouvernement... ça donne les lois et les gouvernements que ça donne.

  • André Bourbonnais - Abonné 18 mai 2017 16 h 10

    !0 ans....

    Je me rappelle que M. Legault, lors de la formation de la CAQ, avait dit mettre l'indépendance de côté pour 10 ans. Donc il serait temps qu'il procède à des changements de ses orientations.