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    Rita De Santis fait un point de presse pour les journalistes anglophones seulement

    17 mai 2017 | Marie-Michèle Sioui - Correspondante parlementaire à Québec | Québec
    Rita De Santis
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Rita De Santis
    Parce qu’elle réagissait à un article paru dans le journal anglophone The Suburban, la ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques et de l’Accès à l’information, Rita De Santis, a choisi mardi de répondre aux questions des journalistes anglophones uniquement.

    Son attachée de presse, Laurence Tôth, a convoqué les journalistes anglophones de la Tribune de la presse, à Québec, pour les emmener vers un point de presse donnée par la ministre. Aucun journaliste francophone n’a été invité.

    « On s’est dit : ceux qui lisent le Suburban ne lisent pas le Journal de Québec, alors on s’est dit qu’on ferait un suivi avec eux », a-t-elle déclaré au Devoir, pour justifier son geste.

    Selon elle, il aurait fallu que des journalistes francophones signalent leur intérêt pour le sujet dont parlait l’article du Suburban pour être admis au point de presse.

    Le texte en question porte sur une allocution prononcée vendredi dernier par le premier ministre, Philippe Couillard, au Men’s Club de Côte-Saint-Luc. M. Couillard y a déclaré qu’il n’excluait pas la possibilité de modifier la Loi électorale pour répondre aux préoccupations des électeurs, qui trouvent que les changements apportés aux circonscriptions électorales sont injustes.

    « On a préféré le modèle d’entrevue sit down — bien qu’on était debout — sur les questions qui concernent la carte électorale », a expliqué Laurence Tôth. « Je n’ai pas besoin de justifier la façon dont on choisit de communiquer nos messages », a-t-elle aussi déclaré.
     

    Elle est de nouveau entrée en contact avec Le Devoir, par courriel, quelques minutes après un premier entretien téléphonique. « […] il ne s’agissait aucunement d’exclure les médias francophones ; à preuve, une représentante de La Presse canadienne était présente et le journaliste de CBC a posé des questions pour le public francophone », a-t-elle écrit.

    La journaliste de La Presse canadienne soutient qu’elle n’a pas été convoquée par Laurence Tôth pour assister au point de presse ; elle dit plutôt avoir suivi les journalistes anglophones de son propre gré. Quand la journaliste a suggéré de faire le point de presse dans l’un des endroits désignés à cet effet, l’attachée de presse lui aurait répondu qu’il s’agissait d’un « point de presse pour les anglophones » et que la ministre allait être en mesure de s’adresser aux francophones le lendemain.


    Endroits prévus

    Les journalistes de la Tribune de la presse ont l’habitude de poser des questions aux élus — en français d’abord, puis en anglais — dans des endroits de l’Assemblée nationale prévus à cet effet. Le point de presse de la ministre De Santis n’a pas eu lieu dans l’un de ces endroits.

    Selon Laurence Tôth, l’endroit choisi par la ministre était plus propice aux explications complexes qu’elle souhaitait fournir aux journalistes. Un reporter qui travaille pour un média bilingue aurait aussi pu assister au point de presse de Rita De Santis « s’il avait couvert ce dossier-là éventuellement », a-t-elle affirmé.

    La ministre a refusé de s’adresser aux médias francophones plus tôt mardi. Mais cela n’a rien à voir, a assuré son attachée de presse. Les questions des francophones portaient sur la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics, et la ministre De Santis, qui est aussi responsable de ce dossier, ne souhaitait pas se prononcer sur le sujet, selon son attachée de presse.












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