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    Des accusations contre deux élus libéraux auraient été bloquées

    27 avril 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    Des procureurs aux poursuites criminelles et pénales comptaient déposer des accusations criminelles, mais n’ont pas eu le feu vert, croit le président de la Fraternité des policiers et policières, Yves Francoeur.
    Photo: François Pesant Archives Le Devoir Des procureurs aux poursuites criminelles et pénales comptaient déposer des accusations criminelles, mais n’ont pas eu le feu vert, croit le président de la Fraternité des policiers et policières, Yves Francoeur.

    La Directrice des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Annick Murphy, s’est dite « extrêmement préoccupée » par les allégations selon lesquelles des procureurs ont été empêchés de porter des accusations criminelles contre deux élus libéraux. « On parle peut-être ici d’entrave à la justice, d’abus de pouvoir de malversations », a-t-elle souligné en commission parlementaire jeudi après-midi.
     

    Mme Murphy réagissait à la sortie médiatique du président de la Fraternité des policiers et policières, Yves Francoeur. Celui-ci a lancé jeudi matin sur les ondes du 98,5 FM que des procureurs aux poursuites criminelles et pénales (PPCP) n’ont pu porter des accusations de fraude et de trafic d’influence contre deux élus libéraux, dont un siège actuellement à l’Assemblée nationale.

     

    « Selon les informations que j’ai en main présentement, nous n’avons pas le dossier dont M. Francoeur faisait état ou aurait fait état ce matin », a-t-elle affirmé d’un ton grave aux élus de la commission des institutions.

    « Ça me préoccupe énormément qu’un policier d’expérience comme M. Francoeur à qui on révèle ou on aurait révélé des informations aussi graves que celles-là […] n’ait pas demandé une enquête en 2012 sur des allégations aussi graves que celles-là. On parle peut-être ici d’entrave à la justice, d’abus de pouvoir de malversations, il me semble que M. Francoeur aurait dû agir à ce moment là », a-t-elle poursuivi.

     
    Onde de choc


    Les révélations de M. Francoeur ont créé un onde de choc sur la Colline parlementaire. Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, a prié le chef du gouvernement Philippe Couillard de retirer les « verrous d’immunité libérale à l’intérieur de nos institutions » en plus de pointer — s’il le connaît — l’élu du PLQ qui en aurait bénéficié. « S’il existait des verrous, comment explique-t-il qu’il y a actuellement une ancienne vice-première ministre qui fait face à la justice ? Puis apparemment il semble y avoir une enquête sur un ancien premier ministre », a rétorqué M. Couillard durant la période des questions.

     

    Le DPCP « est à l’abri de toute pression » y compris « les pressions politiques, les pressions journalistiques [et] les pressions policières », a insisté la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. « Ceci étant dit, si M. Francoeur, d’aventure, a de l’information qu’il souhaite transmettre à la Directrice des poursuites criminelles et pénales, [Annick Murphy,] il est important qu’il le fasse », a-t-elle ajouté.

     

    Selon M. Francoeur, les deux députés auraient milité, durant l’ère Charest, en faveur de « modifications législatives en retour de contributions [de promoteurs immobiliers liés à la mafia italienne] au Parti libéral [du Québec] ».

     
    Enquête bouclée


    L’enquête policière était bouclée. Des PPCP comptaient déposer des accusations criminelles contre les deux individus élus sous la bannière libérale. Ils n’ont toutefois pas obtenu le feu vert, a expliqué M. Francoeur à quelques heures du dévoilement du projet de loi obligeant le port de l’uniforme par les policiers et les constables spéciaux dans l’exercice de leurs fonctions à Québec.

    « Si c’est n’importe qui d’autre qui avait été impliqué, il y aurait eu des accusations. […] On a de la filature. On a de l’écoute électronique. Il y a tout au dossier pour procéder. À ce moment-là […], des intervenants du système judiciaire [me] disent : “ Yves, peux-tu faire quelque chose ? ” Ce dossier-là, si ce n’est pas deux élus libéraux, les accusations sont déjà déposées à la Cour », a-t-il lâché au micro de Paul Arcand.

     
    Le coulage de fiches d’enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), notamment sur l’ex-premier ministre Jean Charest, constitue un « symptôme » de la frustration éprouvée par des acteurs du système de police et de justice, a insisté M. Francoeur. « Il y a un malaise. Il y a de l’obstruction. Il y a de l’interférence. »

    Parler à l'UPAC

    Le député libéral Robert Poëti a invité M. Francoeur à relayer sans tarder toutes les informations troublantes qu’il détient à l’UPAC. « Il doit absolument aller rencontrer le chef de l’UPAC si c’est nécessaire, rencontrer le chef de l’UPAC lui-même ou des enquêteurs de l’UPAC et donner l’information qu’il détient », a-t-il déclaré lors d’une mêlée de presse à l’entrée du caucus libéral.
     

    Voyez la réaction du libéral Robert Poëti aux déclarations du président de la Fraternité des policiers et policières.

     
     

    Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé, a qualifié d’« énorme » la « crédibilité » du président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal. « Est-ce que le premier ministre est au courant qu’un de ses élus fait l’objet d’une enquête criminelle ? » a-t-il demandé lors d’un point de presse jeudi avant-midi.

     

    Le député caquiste Éric Caire et la députée solidaire Manon Massé souhaitent quant à eux voir M. Francoeur convoqué à l’Assemblée nationale afin de le questionner sur ses révélations-chocs.













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