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    FTQ

    Une première rencontre

    Parlementaires et militants syndicaux ont échangé début avril sur trois revendications jugées majeures

    29 avril 2017 | Pierre Vallée - Collaboration spéciale | Québec
    La revendication du salaire minimum à 15 dollars l’heure gagne de l’ampleur au Québec.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La revendication du salaire minimum à 15 dollars l’heure gagne de l’ampleur au Québec.
    Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

    L’idée n’est pas neuve, mais elle est inédite au Québec. Le 6 avril dernier, une centaine de militants syndicaux, tous affiliés à la FTQ, ont rencontré à l’Assemblée nationale une trentaine de parlementaires, tout partis politiques confondus.

     

    « Une rencontre de ce genre a lieu chaque année à la Chambre des communes, précise Daniel Boyer, président de la FTQ. Elle est organisée par le Conseil du travail du Canada et la FTQ y participe. En revenant de la dernière rencontre, Serge Cadieux, mon vice-président, et moi-même avons convenu qu’une rencontre du même genre pourrait être intéressante à Québec. »

     

    Aussitôt dit, aussitôt fait. « Au départ, les parlementaires étaient méfiants. Mais une fois le but de la rencontre bien expliqué, certains ont choisi d’y participer », explique M. Boyer. Afin d’éviter l’éparpillement, la FTQ a convenu de limiter la discussion à trois revendications spécifiques que les militants porteraient à l’attention des parlementaires. « Nous avons délibérément choisi des revendications qui ne sont pas strictement liées au syndicalisme et qui sont susceptibles de toucher l’ensemble des travailleurs québécois. »

     

    Des demandes

     

    La première de ces revendications est la hausse du salaire minimum à 15 dollars de l’heure, revendication qui prend de l’ampleur au Québec même si le gouvernement actuel fait la sourde oreille. « Lorsque des travailleurs payés au salaire minimum actuel doivent fréquenter les banques alimentaires, c’est clair qu’il y a un problème, indique M. Boyer. Le salaire minimum ne devrait plus être basé sur un pourcentage du salaire moyen, comme c’est le cas, mais plutôt sur la somme nécessaire pour qu’une personne puisse vivre décemment. »

     

    La seconde revendication porte sur la bonification du Régime des rentes du Québec (RRQ). Le gouvernement du Canada, de concert avec les provinces, a choisi de bonifier le sien, soit le Régime des pensions du Canada (RPC), mais le Québec a décidé de faire bande à part même si, au départ, les régimes sont censés être des régimes miroirs. « La bonification au RRQ proposée par le ministre Leitão est inférieure à celle que l’on retrouve avec le RPC. C’est impensable que les retraités québécois soient moins bien traités que les retraités du reste du Canada », affirme Daniel Boyer.

    J’ai été surprise par le degré d’ouverture et d’écoute des députés
    Isabelle Bournival, syndiquée chez les Métallos

    La troisième revendication, moins bien connue du grand public, porte sur les clauses de disparité de traitement, familièrement appelées clauses orphelines. « La loi interdit les clauses de disparité de traitement, mais il y a une échappatoire. La loi s’applique uniquement à la portion salaire de la rémunération, mais pas aux avantages sociaux, comme les régimes de retraite. Ce que l’on constate, c’est que certains employeurs offrent à leurs nouveaux employés un régime de retraite différent de celui offert à ceux déjà en poste, dit M. Boyer. Par exemple, les nouveaux employés auront un régime à cotisation déterminée plutôt que le régime à prestation déterminée déjà en place. Ainsi, on crée dans une même entreprise deux classes de travailleurs. Le gouvernement du Québec doit mettre fin à cette iniquité. »

     

    Des cellules

     

    La rencontre a eu lieu dans des locaux de l’Assemblée nationale et elle s’est déroulée par petits groupes plutôt que par le biais d’un forum ou d’une plénière. « C’était une demande des parlementaires qui voulaient rencontrer des militants syndiqués qui habitaient dans leur circonscription », précise Daniel Boyer.

     

    Isabelle Bournival, syndiquée chez les Métallos, a rencontré le caucus péquiste de la Montérégie et de l’Outaouais. « Nous étions environ six ou sept militants pour environ le même nombre de députés », raconte-t-elle. Pour François Arsenault, syndiqué chez Unifor, la rencontre s’est déroulée différemment. « Nous étions une quinzaine de militants, tous d’Unifor, et nous avons rencontré le député de notre circonscription, Mario Laframboise, de la CAQ », précise-t-il. Dans les deux cas, la rencontre a duré plus d’une demi-heure. « On a d’abord présenté nos revendications, explique Isabelle Bournival, mais on a ensuite pris du temps pour échanger avec les députés. On n’avait choisi de participer à cette rencontre pas seulement pour manifester, mais aussi pour discuter. »

     

    Des impressions

     

    Les deux militants se disent très satisfaits de cette rencontre. « J’ai été surprise par le degré d’ouverture et d’écoute des députés, souligne Isabelle Bournival. Peut-être est-ce parce que c’était tous des députés péquistes, mais je les ai trouvés assez ouverts à nos revendications. » François Arsenault a été étonné lorsqu’il a appris à Mario Laframboise une chose que ce dernier ignorait. « Quand j’ai soulevé avec lui la question des clauses de disparité de traitement, il m’a aussitôt répondu que ça ne se pouvait pas parce que c’était illégal. Mais quand je lui ai dit que la loi ne s’appliquait pas aux avantages sociaux, il a véritablement été surpris. D’ailleurs, la CAQ a posé une question à ce sujet lors de la période de questions. »

     

    Referaient-ils l’exercice ? Absolument, répondent-ils en choeur. Ils en auront l’occasion puisque Daniel Boyer entend bien organiser une rencontre l’an prochain. « Par contre, souligne Isabelle Bournival, je serais prête à céder ma place à un autre militant afin qu’il puisse vivre la même expérience que moi. On n’a pas souvent l’occasion de discuter avec ceux qui nous représentent. »

     

    Ce qui est intéressant avec cette rencontre, note François Arsenault, « c’est que les revendications qui ont été présentées ont été défendues par des militants, des gens de terrain, qui vivent quotidiennement avec ces problèmes. Je crois que cela a une portée différente que si ces mêmes revendications sont défendues par quelqu’un dont c’est le travail, comme par Daniel Boyer, le président de ma centrale. »













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