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    Nouvelle escouade pour lutter contre l’exploitation sexuelle au Québec

    21 avril 2017 |Pierre Saint-Arnaud - La Presse canadienne | Québec
    Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a annoncé vendredi la création de l'Équipe intégrée de lutte contre le proxénétisme.
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a annoncé vendredi la création de l'Équipe intégrée de lutte contre le proxénétisme.

    Québec entend s’attaquer de front à l’exploitation sexuelle en ciblant à la fois les proxénètes et les clients.

    Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a annoncé vendredi la création d’une Équipe intégrée de lutte contre le proxénétisme (EILP), qui sera formée de 25 enquêteurs provenant de divers corps policiers.

    « Les proxénètes vont avoir une vie extrêmement difficile au Québec au cours des prochaines années », a promis le ministre en procédant à l’annonce.

    Quant aux clients, M. Coiteux a invoqué la logique de marché pour expliquer leur présence tout à coup plus généralisée dans la mire des policiers.

    « Il faut attaquer le problème sous tous ses angles. Une façon de remonter à ceux qui, directement, exploitent et contraignent des personnes, c’est souvent aussi de passer par les clients, donc on ne peut pas exclure d’office de travailler du côté de la demande également », a-t-il dit.
     

    Les 25 enquêteurs de l’EILP proviendront des services de police de Montréal, Québec, Laval, Longueuil, Gatineau, de la Sûreté du Québec (SQ) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).


    Le siège de la nouvelle équipe, qui sera chapeautée par le SPVM, sera à Montréal, mais celle-ci aura aussi des bureaux à Québec et Gatineau, et elle mènera ses opérations selon les principes déjà établis avec les Escouades régionales mixtes, créées pour lutter contre le crime organisé.

    « C’est un modèle qui a fait ses preuves », a fait valoir le ministre Coiteux, évoquant la possibilité de couvrir un territoire beaucoup plus vaste tout en utilisant les ressources qui connaissent mieux les différents milieux locaux et la facilité d’échanger des informations entre corps policiers.

    Ce genre de regroupement devrait aussi permettre d’améliorer le travail réalisé avec les forces policières municipales et provinciales ailleurs au Canada, puisque la traite de personnes est souvent une affaire interprovinciale et même internationale, d’où la pertinence d’adjoindre la GRC à l’effort.

    Une enveloppe de 6,4 millions sur cinq ans a été dégagée par le gouvernement provincial pour cette équipe, mais son budget atteindra les 12 millions en y ajoutant les fonds provenant des corps policiers impliqués eux-mêmes.

    En attente d’Ottawa

    M. Coiteux a également dit espérer qu’Ottawa presse le pas avec le projet de loi C-38, qui a pour effet de renverser le fardeau de la preuve pour les proxénètes, d’exempter leurs victimes de témoigner et de permettre la saisie des biens acquis avec les produits de la criminalité.

    « On souhaite que ça se fasse le plus rapidement possible, a dit M. Coiteux. On souhaite avoir tous les instruments à notre disposition pour lutter efficacement contre le proxénétisme et l’exploitation sexuelle, mais il ne faut pas, nous, s’arrêter et attendre ; il faut qu’on bouge », a martelé le ministre, ajoutant que la création de l’EILP était justement un geste pour agir dès maintenant.

    Le projet de loi C-38 du gouvernement Trudeau est calqué en grande partie sur le projet de loi C-452 de l’ex-députée bloquiste Maria Mourani, qui avait été adopté en 2015, mais dont le décret permettant son entrée en vigueur est demeuré lettre morte aux Communes.

    Le projet C-38 a apporté une modification importante à la version originale de Mme Mourani en retirant certaines provisions qui auraient permis d’alourdir les peines de proxénètes, les libéraux de Justin Trudeau craignant que ces provisions puissent être contestées en vertu de la Charte des droits et libertés.













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