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    Idées – «Canada: The Story of Us»

    De ROC et de francophonie

    15 avril 2017 | Jean-Marc Fournier - Leader parlementaire du gouvernement, ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne | Québec
    Le ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier
    Photo: Clement Allard La Presse canadienne Le ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier

    Monsieur David,

     

    Votre texte du jeudi 13 avril concernant la série de la CBC Canada : The Story of Us m’a un peu surpris. Prétendre que cette série représente à elle seule l’interprétation du ROC dans son ensemble à propos du Québec, des Acadiens et de la francophonie canadienne a peut-être l’avantage d’être clair, mais c’est malheureusement un peu court.

     

    Cette prétention omet en effet de tenir compte de l’adhésion de l’Ontario à l’Organisation internationale de la Francophonie à l’automne 2016. Vous rappelez le règlement 17 de 1912, mais ce geste d’ouverture tout récent à l’égard du français ne peut cependant pas être ignoré.

     

    De la même manière, on ne peut passer sous silence l’adoption de politiques, de règlements, voire de lois sur les services en français au cours des dernières années, et cela, par de nombreuses législatures provinciales et territoriales. Par exemple, l’adoption par le Manitoba, il y a moins d’un an, de la Loi sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine et, par le Yukon, du Règlement sur l’instruction en français langue première du Yukon, qui ouvre les portes des écoles francophones du territoire aux immigrants et aux francophiles, comme le souhaitait la communauté francophone. Ou encore, les fonds prévus dans le dernier budget de l’Alberta pour élaborer la première politique de la province sur les services en français. Et les exemples sont encore nombreux.

     

    On doit aussi mentionner la volonté de répondre au besoin le plus criant pour assurer la pérennité du français au Canada : l’immigration francophone. Jusqu’à récemment, il n’y avait que des cibles fuyantes et on ne disposait pas des outils nécessaires pour maintenir la proportion de francophones au pays. En juillet 2016, pour la première fois en 150 ans, les premiers ministres des provinces et territoires ont choisi d’assumer ensemble un leadership à cet égard en demandant au gouvernement fédéral de hausser à 5 % l’immigration francophone hors Québec. Pour donner suite à cette volonté unanime, les 30 et 31 mars derniers, la ville de Moncton a accueilli le premier Forum conjoint des ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux de l’Immigration et de la Francophonie. Ces manifestations d’appui à notre langue ont sans doute échappé à votre analyse.

     

    Si les cent premières années de notre fédération ont fait reculer le français — ce que les statistiques démontrent et qu’il faut savoir reconnaître —, nier les avancées et les ouvertures récentes a de quoi surprendre.

     

    Comme Québécois, nous insisterons toujours pour que soit assurée la promotion de la langue française au Québec, au Canada et dans le monde.

     

    Nous invitons le plus grand nombre de nos concitoyens du Québec et du Canada à s’unir aux 2,6 millions de francophones et de francophiles de tout le pays et à choisir d’être « ensemble pour le français ».

     

    Ayant porté ces éléments d’actualité à votre connaissance, j’ose espérer que vous vous joindrez au mouvement et que nous serons « ensemble pour le français ».

    Réponse du chroniqueur

    Bien entendu, toute initiative visant à améliorer la situation des francophones hors Québec est la bienvenue, y compris l’adhésion de l’Ontario à l’Organisation de la Francophonie. Sachant que des pays aussi peu francophones que l’Albanie, l’Égypte ou la Grèce en font également partie, il y a néanmoins lieu d’en relativiser la signification. Comptabiliser les « francophiles » pour gonfler les chiffres peut toujours faire illusion, mais cette « astuce » ne change rien à la réalité démographique, qui est celle d’une diminution aussi inexorable de la proportion de francophones au sein de la fédération au cours des cinquante dernières années que durant le siècle précédent.













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