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    Leitão signe la fin des vaches maigres

    Le ministre des Finances augmente les dépenses et allège le fardeau fiscal des contribuables

    29 mars 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, a déposé un budget qui rompt avec ses habitudes.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, a déposé un budget qui rompt avec ses habitudes.

    Le ministre des Finances, Carlos Leitão, s’est présenté comme le « porteur de bonnes nouvelles » mardi à l’Assemblée nationale, où il a annoncé un « réinvestissement » important en éducation et en santé, en plus d’un allégement fiscal pour les contribuables québécois.

     

    Il s’agit du « budget de l’espoir retrouvé », a-t-il résumé, après avoir dégagé un surplus historique de 2,3 milliards de dollars en 2016-2017.

     

    M. Leitão desserre l’étau budgétaire, fixant la croissance des dépenses de programmes à 4,1 % en 2017-2018, et ce, comparativement à 3,8 % en 2016-2017. « Nous proposons aux Québécois un budget centré sur l’amélioration des services à la population », a-t-il fait valoir à un an et demi des prochaines élections générales. Puisque « la maison est [désormais] en ordre », il a donné sa bénédiction à l’accélération de la croissance des dépenses de 2,9 % à 4,2 % en santé et services sociaux (+1,5 milliard) et de 3,9 % à 4,2 % en éducation et enseignement supérieur (+637,3 millions). Le gouvernement compte au passage déposer près de 2,5 milliards dans le Fonds des générations au terme de l’année fiscale.

    2,3 milliards
    Le surplus dégagé au terme de l’exercice fiscal 2016-2017. Le ministre des Finances prévoit par ailleurs verser 2,5 milliards dans le Fonds des générations à la fin de l’année fiscale.
     

    À moins d’une ondée imprévue, les autobus de campagne sillonneront des vallées verdoyantes lors de la prochaine campagne électorale, à la fin de l’été 2018.

     

    Éducation

     

    Près de 1500 « accompagnateurs » — enseignants, techniciens en éducation spécialisée (TES), orthopédagogues, orthophonistes, psychologues — pourront être embauchés afin de prêter main-forte aux élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage de la maternelle, de la première année et de la deuxième année du primaire à temps pour la rentrée scolaire de septembre prochain, a promis le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx.

    Ce n'est pas du tout le budget de l'éducation: la plus grande partie des investissements est reportée après les élections de 2018
    Manon Massé, députée de Québec solidaire
     

    C’est de la poudre aux yeux, ont rétorqué tour à tour la Centrale de syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération autonome de l’enseignement (FAE). Les syndicats n’arrivent pas à croire que les commissions scolaires réussiront à pourvoir ces centaines de postes en quelques mois. « Ce n’est rien pour effacer les 850 millions de compressions des dernières années », a pesté la présidente de la CSQ, Louise Chabot. Les acteurs du réseau de l’éducation ne pourront pas tous se raccrocher à la « bouée de sauvetage » lancée par M. Proulx, a fait valoir le président de la FAE, Sylvain Mallette.

     

    D’autre part, le gouvernement Couillard a mis de côté des « millions de dollars » pour aménager de nouvelles classes de maternelle 4 ans dans les écoles situées dans les milieux défavorisés, en plus d’y offrir des collations de fruits et de légumes. Il allouera aussi des sommes supplémentaires aux centres de la petite enfance (CPE), sis dans les milieux défavorisés, afin qu’ils offrent des petits-déjeuners aux fillettes et gamins qui se présentent le ventre vide. Combien d’enfants en bénéficieront ? Quand ? Les réponses sont à venir.

    Le maire de Montréal se satisfait de bien peu. La ligne bleue, ça fait 25 ans qu'on l'attend.
    Valérie Plante, chef de Projet Montréal
     

    Le gouvernement libéral a prévu un total de 191 millions en 2017-2018 afin de donner le coup d’envoi à la première Politique de la réussite éducative, qui sera dévoilée à la fin de la session parlementaire.

     

    Le gouvernement libéral a aussi augmenté de 88 millions les sommes allouées aux cégeps et aux universités, ce qui leur permettra de grossir leurs effectifs « en formation et en soutien des étudiants » en procédant à l’embauche de quelque 500 personnes au cours de la prochaine année.

     

    Santé

     

    Le gouvernement libéral dépensera 1,5 milliard supplémentaire en santé et services sociaux. Exultant, le ministre Gaétan Barrette a promis mardi, une énième fois, de raccourcir les délais d’attente dans les hôpitaux, de faciliter l’accès aux chirurgies et aux tests diagnostiques, d’ajouter du personnel soignant dans les centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) et pour les soins à domicile.

    La politique consume le système de santé. Les médecins spécialistes en ont ras le bol.
    Diane Francoeur, présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec
     

    Par ailleurs, 10 millions serviront à renflouer les coffres — à sec — des organismes communautaires, et 5,1 millions à intensifier la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Le Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM) a qualifié de « timide » le rehaussement de 10 millions consenti cette année au Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) par le gouvernement libéral. « [C’est] un premier geste que nous saluons, mais qui est loin de répondre au sous-financement chronique dont font preuve ces groupes », a mentionné le RIOCM.

     

    « Rafistolage » et « rideaux neufs »

     

    « Après trois ans de démolition, on a droit à un budget de rafistolage », a tonné le porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, Nicolas Marceau. Le gouvernement libéral « ne répare qu’en partie les dégâts » causés par sa stratégie d’assainissement des finances publiques.

     

    La députée de Québec solidaire Manon Massé s’est aussi affairée à combattre le « spin » du gouvernement libéral. « Ça ne prend pas le pogo le plus dégelé de la boîte pour comprendre que, après avoir mis le feu dans la bâtisse, ce n’est pas un petit coup de peinture et des rideaux neufs qui vont changer la situation », a déclaré la députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques. Personnellement, elle prévoit une bonne « décennie » pour « se remettre » de l’« austérité » des trois dernières années.

     

    Allégement du fardeau fiscal

     

    Le 4e budget Leitão consacre la fin de la « contribution santé » pour quelque 4,3 millions de Québécois, soit ceux touchant un revenu de 134 000 $ ou moins. En effet, le gouvernement abolit définitivement — et de façon rétroactive à partir de 2016 — la « taxe », ce qui représente une économie de 175 $ par personne.

     

    Défiant les pronostics, le gouvernement libéral a aussi choisi de procéder à une « baisse d’impôt générale » à compter de 2018 en faisant passer de 11 635 $ à 14 890 $ le montant à partir duquel les particuliers commencent à payer de l’impôt, plutôt que de renforcer le bouclier fiscal protégeant les petits salariés. Les retombées pour une personne : 55 $ par année. « Ce n’est même pas [suffisant pour acheter] un café chez Tim Hortons par semaine », a fait remarquer l’élu caquiste François Bonnardel. « Ce n’est rien pour écrire à sa mère », a lancé pour sa part le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, répétant que les libéraux ont « pigé 800 $ dans les poches des familles » depuis leur retour au pouvoir en avril 2014, a-t-il dénoncé.

     

    Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, s’est félicité d’avoir résisté au « chant des cigales dépensières » au fil des derniers mois. Prévoyant une croissance économique de 1,7 % en 2017, mais de 1,6 % en 2018, « il est de notre responsabilité maintenant […] de poursuivre notre chemin comme la fourmi de la fable » de Jean de La Fontaine. « La continuité constitue le style, mais la constance fait la vertu », a-t-il conclu, citant Flaubert.













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