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    Idées

    Des attentes en guise de bienvenue pour Gabriel Nadeau-Dubois

    20 mars 2017 | Serge Roy - Candidat de Québec solidaire aux élections de 2007, 2008 et 2012 dans la circonscription de Taschereau à Québec | Québec
    «Gabriel Nadeau-Dubois a affirmé être un homme d’équipe. Il le faut, car il ne serait pas à sa place sinon à Québec solidaire» affirme l'auteur. 
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Gabriel Nadeau-Dubois a affirmé être un homme d’équipe. Il le faut, car il ne serait pas à sa place sinon à Québec solidaire» affirme l'auteur. 

    Une large majorité de militantes et de militants de Québec solidaire souhaitaient sans doute l’adhésion de Gabriel Nadeau-Dubois et l’annonce de sa candidature dans Gouin pour remplacer Françoise David à l’Assemblée nationale. Il a également annoncé sa candidature au poste de porte-parole masculin, il ne s’agit pas d’un poste de chef, mais bien de porte-parole.

     

    À voir et à entendre Nadeau-Dubois se présenter devant les journalistes avec fougue, on ne peut que se féliciter qu’il ait choisi de mettre son énergie pour donner un nouveau souffle à Québec solidaire. Cependant, certains de ses propos soulèvent des questions sur sa connaissance et sa compréhension de ce qu’est Québec solidaire.

     

    Depuis plus de dix ans, des milliers de femmes et d’hommes engagés dans l’élaboration d’un projet politique clairement à gauche ont travaillé d’arrache-pied et sans relâche pour faire avancer ce projet. Plusieurs de ces personnes ont mis toute leur énergie en étant candidates et candidats lors des élections. Ces militantes et militants étaient et sont toujours très solides. Bien sûr, il est très positif que de nouvelles personnes se joignent à Québec solidaire pour le renforcer.

     

    Gabriel Nadeau-Dubois a affirmé être un homme d’équipe. Il le faut, car il ne serait pas à sa place sinon à Québec solidaire. Ce parti, dès sa fondation, a affirmé vouloir « faire de la politique autrement ». Ce n’était pas qu’une simple formule même s’il n’est pas si simple de la pratiquer dans le quotidien, en fonction de multiples contraintes, dont celles des institutions politiques parlementaires.

     

    […]

     

    Il est essentiel de commencer à changer en profondeur cette culture politique qui nous enferme dans le culte des vedettes, des élites de toutes sortes ou de populistes dangereux qui, finalement, se placent au-dessus de la société pour asseoir leur pouvoir.

     

    Un fonctionnement collectif

     

    Il faut savoir aussi qu’à Québec solidaire il n’y a pas de chef. Des médias et nos adversaires chercheront à nous en donner un. Je m’attends à ce que Nadeau-Dubois leur fasse comprendre que la culture du chef n’est pas bienvenue à Québec solidaire, comme l’ont fait brillamment et respectueusement, voire pédagogiquement, les co-porte-parole précédents. C’est une question de démocratie bien différente de celle à laquelle on voudrait nous confiner. […]

     

    Les porte-parole, les présidentes ou présidents, les membres des instances de QS, du local au national, doivent toujours avoir à l’esprit qu’ils sont redevables aux membres. De plus, toute proposition, toute orientation qui sort des balises déjà convenues, doit faire l’objet de débats et de décisions dans le cadre d’un processus au cours duquel chaque membre peut participer. Cet aspect de notre vie démocratique est essentiel, car il illustre un trait de la nouvelle culture politique que nous voulons pratiquer, celui du fonctionnement collectif, et non hiérarchique, que doit renforcer Québec solidaire.

     

    En ce qui a trait aux stratégies et moyens d’action, j’invite Gabriel Nadeau-Dubois à considérer le fait que le projet de Québec solidaire ne pourra se faire sans une mobilisation populaire large et forte. Il ne s’agit pas seulement de faire élire une majorité de députés à l’Assemblée nationale. Les changements que suppose ce projet politique impliquent que la population elle-même les porte et les contrôle jusqu’à leur réalisation concrète. Pour construire cette mobilisation, des alliances sont nécessaires, et celles qu’il faut privilégier doivent se tisser avec les mouvements sociaux qui mènent déjà des luttes sociales importantes pour la justice sociale, pour l’égalité femmes-hommes ou pour une société écologique. Mais il faut plus, Québec solidaire doit travailler fort pour s’enraciner dans les milieux de travail et les milieux de vie.

     

    Pour aller de l’avant, les nouveaux outils, les nouvelles formules et les méthodes nouvelles d’action sont bienvenus s’ils renforcent l’idée du fonctionnement collectif qui est à la base du projet de Québec solidaire, comme le sont les principes féministes, écologistes, d’égalité et de justice sociale. Sans quoi, nous nous dirigerions vers l’émergence d’une nouvelle classe politique ,alors qu’il faut abolir les classes pour vivre dans une véritable démocratie.













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