L’immunité pour les élus n’existe pas, dit Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre Philippe Couillard

Les politiciens ne bénéficient pas d’une « immunité diplomatique », a affirmé le premier ministre Philippe Couillard après la divulgation d’un document de la Sûreté du Québec (SQ) lié à l’enquête Diligence sur l’infiltration du crime organisé dans l’industrie de la construction.

« On m’a dit que cette politique-là n’avait jamais existé et que ça n’existe pas », a tranché le premier ministre lors d’une mêlée de presse.

La Cour du Québec a autorisé vendredi la libération d’un document relatif à l’enquête Diligence menée en 2009 par la SQ sur l’infiltration du crime organisé dans l’économie légale. Dans le cadre de cette enquête, l’ex-président de la FTQ, Michel Arsenault, avait été mis sur écoute électronique.

Le document judiciaire obtenu par un consortium de médias fait état de déclarations de policiers de la SQ. Il a été présenté à une juge de paix en 2014 dans le but d’obtenir les registres d’appels des journalistes Denis Lessard et André Cédilot, de La Presse.

Dans le document, un inspecteur de la SQ soutient notamment que les politiciens québécois ont profité d’une protection liée au « principe d’immunité diplomatique », a rapporté La Presse vendredi. Les conversations de Michel Arsenault avec les élus ont été « restreintes », a soutenu un inspecteur de la SQ. Selon un autre policier, la haute direction de la SQ aurait informé le gouvernement de l’écoute électronique dont faisait l’objet Michel Arsenault de manière à « protéger » le premier ministre de l’époque, Jean Charest, en cas de piège de la part de l’ancien syndicaliste.

De passage à Montréal vendredi, Philippe Couillard a dit ignorer que des politiciens aient pu profiter d’une immunité diplomatique. « Il n’y a pas de raison de penser que les gens auraient des politiques différentes selon leur statut, qu’on soit au-dessus ou au-dessous des lois. On est tous des citoyens devant les lois et c’est comme ça que ça doit être », a-t-il expliqué.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a martelé le même message : « L’immunité des politiciens, ce n’est pas acceptable et ça n’existe pas. Le cas relaté dans les journaux ce matin touche un mandat qui pourrait se retrouver devant la commission Chamberland sur la protection des sources journalistiques. Alors, on va rester prudents. »

« La même gang »

L’élu caquiste Simon Jolin-Barrette a demandé au ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, de débusquer l’officier au sein de la SQ qui a choisi — à tort, selon lui — de « restreindre les écoutes des élus ». « Ça me renverse. Il faut que les policiers puissent faire leur travail à l’abri de toute influence. […] Comment ça se fait que, lorsqu’on tombe sur des libéraux, bien là, on se ferme les yeux ? » a-t-il demandé.

Le député de Borduas a aussi exigé de connaître la liste de tous les élus libéraux et péquistes qui ont bénéficié, ou qui à tout le moins connaissaient l’existence de cette prétendue « immunité diplomatique ». « Le premier ministre actuel siégeait dans ce gouvernement-là. La moitié de son Conseil des ministres siégeait dans ce gouvernement-là. C’est pas mal la même gang, a-t-il souligné. Il n’y a personne au-dessus des lois et il faut que les corps de police aient tous les moyens, tous les leviers légaux pour réaliser leur mission. »

8 commentaires
  • Marino Tremblay - Abonné 18 mars 2017 08 h 16

    La négation ferme! Stratégie connue pour cacher la vérité!

    Arme bien connue, nier fermement, malgré des faits hautement incriminants d'ex dirigeant de la SQ est inquiétant. Comment être si certain alors que des faits connus et cachés par la commission Charbonneau sont maintenent publics.

    Il faudrait se garder une petite gêne. On sait maintenent que protéger les politiciens du parti libéral piégés par les écoutes electroniques de Diligence a été un mandat de la SQ et de la Commission Charbonneau.

    C'est criminel et protéger un crime est criminel aussi. À quand un politicien en prison pour ce genre de crime! Pas avec notre justice et police politique!

    • Donald Bordeleau - Abonné 19 mars 2017 14 h 50


      Immunité diplomatique pour les anciens du PLQ.

      Par la responsabilité ministérielle donc il était responsable, il doit être tassé pour avoir manqué à ses responsabilité.

      Il y a plusieurs dossiers questionnable en cours ces anciens du PLQ

      Yvon Nadeau a fait un bon travail pour le financement de 100,000$ pour atteindre et dépasser ses cibles.


      Yvon Nadeau avec des liens Pyrobion est devenu en avril dernier, une filiale du groupe Rémabec.

      Les anciens attachés politique du ministre Lessard comme Pierre-Olivier Lussier et aussi Yvon Nadeau sont très gâtés pour service rendu. Il est logique d'avoir de multiples subventions en retour. Des millions pour un projet probablement utopique pour un procédé qui transforme la matière ligneuse en biocarburant. C'est un projet qui au finale pourrait 100 millions en recherche.

      Cela ressemble étrangement au projet du Centre intégré des pâtes et papier à l'UQTR de Trois-Rivières dirigé par un certains Patrice J. Mangin qui a couté plus de 100 millions pour ne former aucun étudiant comme résultat et causé beaucoup de désagrément à l'UQTR.


      http://www.lapresse.ca/actualites/national/201110/

      http://www.journaldequebec.com/2016/09/08/un-proch

      En fait après tout ses déboires qui pourrait ce monsieur à la porte tournante du MTQ

  • Robert Beauchamp - Abonné 18 mars 2017 09 h 33

    Immunité?

    Dans les faits tout le monde le reconnaît et les noms de Charest et Couillard devraient apparaître plus souvent. Au fait, où en sont les poursuites ou les accusations sur les polticiens visés par l'UPAC? Petit rappel des liens de parenté: Le directeur de la SQ nommé par Couillard, aussi gendre de Lafrenière responsable de l'UPAC. Aussi où en est l'enquête sur le scandale immobilier de la Société immobilière du Québec impliquant les contributeurs de la région de Québec, dont Fava et cie?

    • Pierre Beaulieu - Abonné 19 mars 2017 10 h 48

      Pas besoin d'immunité, quelques magouilles juridiques et le tour est joué! Les nommés politiques à des postes de pouvoir retournent l'ascenseur et on n'en parle plus.

  • Jacques Deschesnes - Abonné 18 mars 2017 09 h 38

    Et la commission Charbonneau alors

    Est-ce pour les mêmes raisons d'immunité que Jean Charest et Marc Bibeau n'ont pas témoigné à la Commission ?

  • Francois Cossette - Inscrit 18 mars 2017 16 h 24

    Ben sure !!!!

    Quand sait-on que couillard nous ment ... reponse quand il ouvre la bouche.

  • François Laforest - Abonné 18 mars 2017 20 h 20

    Jean Charest en prison ?

    Le Québec à besoin de servir une leçon de probité à tous ces criminels, dont l'ancien premier ministre de la province la plus corrompue du pays, dixit la revue Maclean's et compagnie. Les autres mailles du tricot suivront, point à la ligne!