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    Le libre-échange pour les nuls

    Robert Dutrisac
    14 mars 2017 |Robert Dutrisac | Québec | Éditoriaux

    Il est de bon ton pour la gauche la plus à gauche de s’élever contre le libre-échange. Pour la droite la plus à droite, aussi. Lors des primaires démocrates, Bernie Sanders a décrié les traités de libre-échange signés par les États-Unis, notamment l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), tout comme Donald Trump, d’ailleurs.

     

    Lors de la conférence de presse dans laquelle il annonçait qu’il se joignait à Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois a cité à quelques reprises le nom du sénateur qui se dit socialiste, un modèle à ses yeux, sans aucun doute. Le candidat à l’investiture de QS dans la circonscription de Gouin et candidat au poste de coporte-parole du parti a dénoncé le libre-échange.

     

    Devant les journalistes, Gabriel Nadeau-Dubois a précisé qu’il ne prônait pas un « effondrement » du libre-échange, mais qu’il militait pour que des modifications y soient apportées. Comme tout changement à l’ALENA impliquerait une nouvelle ronde de négociations, ce qu’il propose, c’est que le Canada renégocie l’accord avec les États-Unis. Ça tombe bien : Donald Trump a exprimé son intention de rouvrir l’entente. Québec solidaire aurait donc de quoi se réjouir.

     

    L’ALENA fait partie des gestes posés par cette « classe politique » qui a « trahi » le Québec au cours des 30 dernières années, « cette classe politique qui a choisi le libre-échange au lieu de s’assurer que les gens en région aient un emploi et qu’ils puissent en vivre », a affirmé le candidat.

     

    Or, c’est un fait indéniable : le Québec a grandement profité de l’ALENA. Les exportations québécoises vers les États-Unis ont triplé depuis 1992 et, selon l’économiste Pierre Fortin, au-delà des fluctuations économiques, la majeure partie de cette croissance est attribuable à ce traité. Et au fait que les entreprises québécoises, plus productives que jamais, se sont adaptées au nouveau contexte. Il s’est créé des centaines de milliers d’emplois au Québec grâce à la croissance des exportations.

     

    Avec ses 325 millions d’habitants, les États-Unis pourraient en théorie vivre l’autarcie rêvée par Bernie Sanders. Ses exportations ne comptent que pour 13 % de son économie et ses importations pareillement.

     

    En revanche, le Québec est grand exportateur. Ses exportations s’élèvent à 48 % de son économie, le même niveau que l’Allemagne. Petite nation de 8 millions d’habitants, le Québec ne peut aspirer à l’autarcie solidaire. Comme les pays scandinaves. Comme les Écossais qui tiennent à rester au sein de l’Union européenne. QS et son prochain porte-parole devraient refaire leurs classes.













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