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    Effrayée par la virulence des «trolls» péquistes

    Passée du PQ à la CAQ, Tania Longpré demande à Jean-François Lisée d’intervenir

    4 mars 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    Tania Longpré
    Photo: Marie-Hélène Tremblay Le Devoir Tania Longpré

    Tania Longpré a encaissé les critiques lorsqu’elle écrivait sur son blogue au Journal de Montréal. Elle s’est forgé toute une carapace.

     

    Malgré celle-ci, l’ex-candidate péquiste dit être « effrayée » par la virulence des réactions de « trolls » alliés au Parti québécois à l’annonce de son ralliement à la Coalition avenir Québec. Elle demande au chef péquiste, Jean-François Lisée, d’intervenir.

     

    L’enseignante en francisation des immigrants dit être ensevelie depuis deux semaines sous une « avalanche de haine ». « Tous ceux qui fréquentent les médias sociaux dans la sphère politique ont vu ce troupeau de trolls militants se déchaîner contre une personne ou une autre. Je m’y attendais, je m’y préparais, mais quand elle nous frappe personnellement, cette violence verbale prend une réalité saisissante et franchement un peu effrayante », a-t-elle écrit dans une lettre adressée à M. Lisée, dont Le Devoir a obtenu copie.

     

    Des dizaines d’internautes sont effectivement tombés à bras raccourcis sur la transfuge sur Twitter et Facebook après avoir appris qu’elle ralliait la formation politique de François Legault. « La grande majorité des gens dont j’ai reçu des messages, ce sont des gens que j’ai déjà vus. Ils ont une photo. Ils ont un vrai nom. Ils ne s’appellent pas PierreJeanJacques23 avec une photo d’astronaute ! fait-elle remarquer dans un entretien téléphonique avec Le Devoir. Au PQ et dans les milieux indépendantistes, il y a beaucoup de gens très, très passionnés. Dès que tu n’as pas les mêmes passions, les mêmes idéaux qu’eux, tu deviens un traître, un antiquébécois », souligne-t-elle.

     

    Tania Longpré s’est notamment fait reprocher d’être une « opportuniste qui ne sait pas où poser ses belles grosses fesses » par un certain Tony Mourani. Un certain Karl Lalancette a pour sa part spéculé sur les raisons l’ayant convaincue de troquer sa carte du PQ pour celle de la CAQ. « La tarte aux pacanes doit être meilleur[e] dans le buffet de la CAQ », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Il y a des dizaines d’autres commentaires, bien pires.

     

    « Juste dans la dernière semaine, j’ai bloqué ou supprimé 150 personnes de ma page Facebook. C’est la première fois que je bloquais ou que je supprimais autant de gens », précise Mme Longpré, déplorant la virulence du débat politique au Québec.

     

    Trêve demandée

     

    Elle invite M. Lisée et tous les dirigeants politiques à décréter une trêve des insultes grossières, en commandant aux militants de leur parti politique d’adopter un ton respectueux sur les réseaux sociaux. « Si on veut un débat d’idées sain, je pense que la première des choses, c’est vraiment d’argumenter avec les gens plutôt que de les insulter », fait-elle valoir.

     

    Paul St-Pierre Plamondon a récemment mis en garde l’état-major du PQ sur l’impact néfaste d’« une frange marginale » de l’effectif sur « la réputation du parti ». « Un nombre minuscule de personnes membres du PQ agissent en “trolls” sur les médias sociaux, ce qui est dommageable et aucunement représentatif du caractère généreux et avenant des membres du parti », a souligné l’ex-candidat à la chefferie dans son rapport préliminaire « Osez repenser le PQ », qui a été dévoilé il y a près d’un mois.

     

    Le PQ accuse la CAQ

     

    Après avoir pris connaissance de la lettre de Mme Longpré, le PQ a accusé la CAQ de faire exactement ce qu’elle lui reproche. « Tout comme d’autres formations politiques, la CAQ a son lot de trolls. On se fait insulter par plusieurs tous les jours. Ce n’est vraiment pas très agréable, mais nous ne demandons pas à Mme Longpré de s’en excuser. Parce que ce serait injuste de lui faire porter la responsabilité. En outre, l’intimidation, quelle qu’elle soit, est inacceptable ! » a affirmé l’attaché de presse du chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale, Bruno-Pierre Cyr. « Cela dit, nous allons continuer de débattre sur le terrain des idées. »













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