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    Marché du travail

    Couillard veut faciliter l’accès à l’emploi aux immigrants

    15 février 2017 |Lisa-Marie Gervais | Québec
    Le problème de la discrimination à l’emploi «va bien au-delà de la reconnaissance des diplômes», estime Émilie Nicolas, ajoutant qu’il existe aussi des «barrières systémiques».
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le problème de la discrimination à l’emploi «va bien au-delà de la reconnaissance des diplômes», estime Émilie Nicolas, ajoutant qu’il existe aussi des «barrières systémiques».

    Le problème de la discrimination à l’emploi « va bien au-delà de la reconnaissance des diplômes », estime Émilie Nicolas, ajoutant qu’il existe aussi des « barrières systémiques ».


    Le premier ministre Philippe Couillard semble désormais pressé de faire adopter le projet de loi 98, qui favorisera l’intégration des immigrants au marché du travail. Accompagné par les deux ministres concernées par ce dossier, soit Kathleen Weil à l’Immigration et Stéphanie Vallée à la Justice, le chef du gouvernement libéral a dit vouloir s’attaquer aux barrières qui empêchent les immigrants de trouver un emploi et croit que son projet de loi sera adopté « assez rapidement ».

     

    Représentant 46 ordres, la présidente du Conseil interprofessionnel du Québec s’est montrée étonnée d’un tel empressement, étant donné que, depuis le dépôt du projet de loi en mai et les consultations publiques au mois d’août dernier, le dossier n’avance guère. « Je ne sais pas s’il a fait ça dans le contexte actuel où le gouvernement doit avoir l’air de faire beaucoup de choses pour l’immigration, s’est demandé Gyslaine Desrosiers après avoir écouté son point de presse. Mais il n’a rien dit là-dessus depuis le mois de mai. »

     

    Le projet de loi 98 modifiera diverses lois concernant l’admission aux professions et la gouvernance du système professionnel. Le taux de chômage des nouveaux arrivants « est encore trop élevé », a dit M. Couillard, expliquant qu’il est de 9,8 % pour les immigrants du Québec, mais de 15 % pour ceux arrivés au cours des cinq dernières années.

    Quand bien même il y aurait une enquête, que voulez-vous qu'on fasse?
    La présidente du Conseil interprofessionnel du Québec, Gyslaine Desrosiers
     

    Les ordres professionnels sont prêts à collaborer et se disent ouverts à des modifications de gouvernance, notamment en ce qui a trait à la composition de leurs conseils d’administration. Le point délicat concernait toutefois l’élargissement des pouvoirs d’un commissaire aux plaintes, qui deviendrait un « commissaire à la reconnaissance des compétences et à l’admission aux professions » avec pouvoirs d’enquête sur ce qui empêche l’accès à l’emploi des immigrants. « On était déçus de cette proposition-là », a reconnu Mme Desrosiers, mentionnant qu’il y a d’autres solutions prioritaires pour régler le problème.

     

    D’autres priorités

     

    Selon elle, il est injuste que les ordres professionnels soient « constamment sur la sellette », car de nombreux problèmes d’intégration à l’emploi ne relèvent pas d’eux, mais plutôt des décisions ministérielles. « En commission parlementaire, l’Ordre des infirmières disait que 700 infirmières étaient prêtes à intégrer le système, mais elles ont besoin d’un stage de deux mois. Ce n’est pas la mer à boire. Mais à cause des coupes, il n’y a pas un hôpital qui peut les prendre », a souligné Mme Desrosiers. « Quand bien même il y aurait une enquête, que voulez-vous qu’on fasse ? » Dans le cas d’une vingtaine de professions du domaine de la santé régies par des ordres, les places sont contrôlées par le ministre lui-même. Elle ajoute que des 4500 candidatures étrangères reçues annuellement, le taux de reconnaissance est de 95 %.

     

    La porte-parole de Québec inclusif, Émilie Nicolas, croit qu’il est « important » que le projet de loi 98 soit remis en avant, mais que le problème de la discrimination à l’emploi « va bien au-delà de la reconnaissance des diplômes ». « Il y a des barrières systémiques qui se recoupent, entre le sexisme et le racisme. Il y a en effet des discriminations qui touchent surtout les femmes immigrantes », fait remarquer celle qui demandait récemment une commission sur le racisme systémique. Revoir la composition des ordres professionnels pour qu’ils soient plus « représentatifs » ne fera pas de tort, conclut-elle.













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