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    Attentat de Québec

    «Allahou Akbar», Philippe Couillard lance un appel au rapprochement

    4 février 2017 | Isabelle Porter à Québec | Québec
    Ils étaient des milliers à prier vendredi, au Centre des congrès de Québec, pour les victimes de l’attentat à la grande mosquée de Québec.
    Photo: Renaud Philippe Le Devoir Ils étaient des milliers à prier vendredi, au Centre des congrès de Québec, pour les victimes de l’attentat à la grande mosquée de Québec.

    Le premier ministre Philippe Couillard a reçu une longue et forte ovation vendredi, lors de la cérémonie en l’honneur des victimes de la tuerie de dimanche, lorsqu’il a répété les mots « Allahou Akbar » (« Dieu est grand » en arabe). Ces mots, a-t-il dit, sont à tort associés à la violence.

     

    « On vient de voir aussi à quoi ces mots sont associés pour la communauté », a dit le premier ministre en soulignant que les croyants avaient scandé ces mots pendant la cérémonie religieuse en l’honneur de trois des victimes de l’attentat, Ibrahima Barry, Mamadou Tanou Barry et Azzedine Soufiane.

     

    Citant les mots d’Yvon Deschamps, il a ajouté : « Aimons-nous quand même. Aimons-nous jour après jour. »

    Photo: Renaud Philippe Le Devoir
     

    Labeaume promet un cimetière

     

    La foule a aussi vivement applaudi le maire de Québec, Régis Labeaume, lorsqu’il a promis qu’un premier cimetière musulman serait établi dans la capitale. Dans un bref discours, le maire s’est aussi adressé directement au fils d’une des victimes, Ilies Soufiane, 15 ans, pour lui dire que sa fille Corinne avait participé à la veillée de lundi « par solidarité avec lui » et qu’elle faisait dire qu’elle « l’aimait ».

     

    Le premier ministre Justin Trudeau a quant à lui réitéré qu’il fallait réfléchir « aux paroles qui excluent » et au tort que les mots « peuvent causer ».

     

    Jeudi soir, la police de Québec avait justement arrêté un jeune homme de 20 ans pour « incitation publique à la haine » en raison des propos qui ont circulé sur les réseaux sociaux.

    Photo: Renaud Philippe Le Devoir
     

    Se montrer solidaires

     

    Dans la salle, beaucoup de gens pleuraient, surtout après l’arrivée des trois cercueils. Ils sont venus par milliers au Centre des congrès pendant l’heure du dîner pour cette cérémonie calme, mais forte en émotions.

     

    La salle avait été divisée en deux sections : une pour ceux qui souhaitaient prier et l’autre pour ceux qui souhaitaient seulement y assister et manifester leur solidarité.

     

    Camille Bisson, une infirmière, était présente en compagnie de sa collègue Feten Karia, une musulmane non pratiquante. « C’est mon devoir d’être ici. Si je n’étais pas venue, je m’en serais un peu voulu. C’est ma ville et j’ai une responsabilité là-dedans. […] Des fois, les gens disent des choses en l’air qu’ils ne pensent pas, ils sont mal informés. Ils ne sont pas capables de faire la différence, par exemple, entre les musulmans et les gens islamistes. Avant, je me disais que ça ne valait pas la peine de parler à ces gens-là, mais là, je pense qu’il va falloir qu’on fasse tous un petit peu notre part. »

     

    « Je voulais partager ça avec ma collègue et avec tout le monde ici », a ajouté Mme Karia. « C’est important de se montrer solidaires. »

     

    Juste à côté, quatre adolescents attendaient eux aussi le début de la cérémonie, dont Karam Drareni. « Mes amis m’ont montré qu’ils étaient là. » Pointant deux d’entre eux, il a dit qu’ils étaient venus les soutenir, lui ainsi que l’autre musulman du groupe. « Je connaissais une des personnes qui sont mortes [M. Soufiane]. C’était l’ami de ma mère. Disons que ça n’a pas été ben le fun, cette semaine », a-t-il confié.

     
    Photo: Renaud Philippe Le Devoir

    « Une multitude de solitudes »

     

    La cérémonie religieuse était présidée par l’imam Hassan Guillet, porte-parole du Conseil des imams. Ce dernier a livré un long discours sous le signe de la tolérance et de l’ouverture à l’autre. « Notre ennemi, ce n’est pas Alexandre Bissonnette, c’est notre ignorance », a-t-il dit.

     

    Plus tard, il a affirmé que le tireur était lui aussi « une victime » et que, avant qu’il devienne un tueur, quelqu’un avait « planté dans sa tête des idées plus dangereuses que les armes ».

     

    Après avoir évoqué l’expression des « deux solitudes » au Canada, il a dit qu’il y avait maintenant « une multitude de solitudes ». « On habite côte à côte et on ne se connaît pas », a-t-il dit. « C’est à nous aussi de nous ouvrir, de montrer à nos frères ce que sont les vraies valeurs de l’Islam. »

    Manifestations de solidarité La solidarité avec les victimes de la fusillade continuera à rassembler cette fin de semaine. Le Centre culturel islamique a annoncé que la grande mosquée de Québec sera rouverte samedi matin. Un rassemblement est prévu à 13 h à l’endroit même où six personnes ont perdu la vie dimanche dernier. Dimanche, une marche descendra de l’Université Laval jusqu’à l’Assemblée nationale. À Montréal, le Centre Bel Agir appelle à manifester à la place Émilie-Gamelin dimanche à partir de 12 h pour exprimer le soutien aux familles des victimes et revendiquer des actions concrètes de la part des gouvernements.













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