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    Attentat de Québec

    Silence, on tue

    31 janvier 2017 | Mohammed Zaari Jabiri - Médecin résident en psychiatrie à l’Université Laval | Québec
    Des passants sont venus déposer des fleurs et des messages de paix au Centre islamique de Verdun pour exprimer leur solidarité avec la communauté musulmane du Québec.
    Photo: Olivier Zuida Le Devoir Des passants sont venus déposer des fleurs et des messages de paix au Centre islamique de Verdun pour exprimer leur solidarité avec la communauté musulmane du Québec.

    Quelques secondes ont suffi pour enlever la vie à des êtres humains et semer la peur au sein de notre Québec. Quelques secondes ont provoqué la panique non seulement chez la communauté musulmane, mais chez les Québécois en général, non habitués à ce genre d’événements, un événement étranger à nos valeurs de tolérance et de démocratie.

     

    Je ne peux imaginer le choc psychologique que peuvent avoir vécu ces gens dans cette mosquée ou leur famille après ce drame, moi le médecin résident en psychiatrie de confession musulmane. J’ai fréquenté cette mosquée, je connais ses administrateurs et les personnes qui y travaillent. Je peux témoigner du message de paix et d’amour que ce lieu et ces personnes dégageaient. Leur seul tort est de s’être sentis assez en sécurité au Québec pour sortir en plein soir faire leur prière.

     

    Depuis quelque temps, on assiste tristement à une succession d’événements à travers le monde qui ciblent les musulmans. Malheureusement, le fanatisme se nourrit de nos politiques erronées, de politiciens qui nourrissent et alimentent la terreur et les terroristes des deux côtés.

     

    La haine, sans gêne

     

    On a été témoin du fanatisme idéologique qui mène à de la violence. On assiste passivement à des mouvements d’extrême droite en pleine montée dans notre Québec. Des mouvements qui affichent clairement et sans gêne leur haine face à cette communauté québécoise.

     

    Côté médias, on a senti l’hésitation à nommer cet événement comme un attentat terroriste. Cette hésitation à nommer les choses par leur nom me fait aussi peur que cet attentat. Car les médias ont tous un rôle à jouer pour maintenir la paix sociale, ce qui n’a pas été le cas pour ce drame.

     

    Le Québec a toujours été une terre d’accueil et de tolérance. Après cet événement, permettez-moi de remettre en question cette notion. Je suis triste, mais aussi en colère. Je pleure des larmes de sang qui coulent à l’intérieur de moi, mais je ne laisserai pas la peur me dicter mes actions ni guider mes réactions. Tous, en tant que Québécois, nous devons nous ranger en un seul front contre la montée de n’importe quel fanatisme idéologique. Nous nous le devons à nous-mêmes.

     

    Ce qui réconforte mon coeur c’est de voir le nombre de messages reçus d’amis québécois exprimant leur soutien et leur solidarité. Notre Québec ne peut céder à des personnes guidées par l’ignorance et la haine de l’autre.

     

    Paix

     

    Les musulmans du Québec, comme les autres minorités, ne cherchent qu’à vivre en paix, en acceptation de l’autre, quelle que soit leur appartenance, mais surtout participer à l’épanouissement de notre société pour que nos enfants puissent grandir en sécurité.

     

    Je crie un message de paix, d’amour et de tolérance, car c’est la seule façon à mon avis de contrer la haine et l’ignorance.

     

    Mon coeur est avec les familles de ceux qui sont tombés sous les balles dans cette mosquée. Paix à leurs âmes…













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