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    Sondage

    Les intentions de vote se figent et l’insatisfaction demeure

    23 janvier 2017 |Stéphane Baillargeon | Québec
    Les trois chefs Couillard, Lisée et Legault reçoivent la même faible note d’approbation (autour de 18%) quand on demande qui ferait un meilleur premier ministre. Françoise David était le choix d’une personne sur dix.
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les trois chefs Couillard, Lisée et Legault reçoivent la même faible note d’approbation (autour de 18%) quand on demande qui ferait un meilleur premier ministre. Françoise David était le choix d’une personne sur dix.

    Les intentions de vote aux élections québécoises font du surplace. Le haut taux d’insatisfaction envers le gouvernement Couillard comme la promesse péquiste de ne pas tenir de référendum dans un éventuel premier mandat ne changent à peu près rien aux résultats projetés, comme le montre le nouveau sondage de Léger réalisé pour Le Devoir et Le Journal de Montréal.

     

    Tous les grands partis maintiennent leurs forces d’attraction respectives, ou tout comme. Après la répartition des indécis, le Parti libéral du Québec (PLQ) attire 32 % des intentions de vote, le Parti québécois (PQ) 29 % et la Coalition avenir Québec (CAQ) 23 %. Les choix dévoilés aux sondeurs étaient à peu près les mêmes, à l’intérieur des marges d’erreur, en novembre et en décembre 2016.

     

    Québec solidaire (QS) attire 9 % des votes, par rapport à 10 % il y a un peu plus d’un an. Il faut cependant noter que le sondage Web a été réalisé entre le 17 et le 19 janvier, soit en partie au moment où Françoise David annonçait son retrait de la vie politique active. La cofondatrice de QS a confirmé sa démission comme députée de Gouin le 19 au matin.

     

    « Les variations sont très petites par rapport aux sondages faits avant Noël, commente Christian Bourque, vice-président exécutif de Léger. On ne peut pas parler de changements majeurs. Il y a beaucoup de partis qui se battent pour la même tarte, et tout le monde est un peu figé à travers le temps. On peut se demander si ça ne va pas prendre un phénomène spectaculaire en politique québécoise [pour créer un changement]. On peut aussi se demander si la stagnation ne va pas perdurer dans le temps. »

     

    Variance géographique

     

    Il y a toujours un avantage libéral à Montréal (38 % des intentions), une faveur à la CAQ dans la région de la capitale (37 %) et un léger privilège au PQ (31 %) dans le reste du Québec. Les francophones optent plus pour le PQ (36 %) et la CAQ (27 %) que pour le PLQ (21 %), qui fait le plein de 69 % chez les non-francophones.

     

    Le sondage a été réalisé dans toutes les régions auprès de 1005 personnes ayant le droit de vote. Par comparaison, un échantillon probabiliste de 1005 répondants aurait une marge d’erreur de plus ou moins 3,1 % dans 19 cas sur 20.

     

    « On avait vu une érosion du vote libéral au cours de la dernière année, note le sondeur en chef. Tous les deux ou trois mois, le parti de Philippe Couillard perdait un petit point pour glisser vers les 30 %. Là, à 32 % des intentions, ce qui est à l’intérieur de la marge d’erreur, on semble avoir atteint une sorte de plateau historiquement bas pour les libéraux. »

     

    L’équipe de Léger ajoute que la période des Fêtes est traditionnellement favorable aux gouvernements, tout comme l’été. Les élus n’annoncent à peu près rien et ne font pas de vague.

     

    Le taux d’insatisfaction à l’égard du gouvernement Couillard a chuté de 4 points depuis décembre, mais demeure très élevé à 62 % de « plutôt insatisfaits » (32 %) ou de « très insatisfaits » (30 %). Un quart (24 %) des électeurs libéraux se disent déçus par leur parti au pouvoir de même que 68 % des électeurs francophones.

     

    Seulement 2 % de francophones se déclarent « très satisfaits» du gouvernement du Québec. La firme Léger rappelle que le gouvernement Charest n’avait plus qu’un taux de satisfaction de 21 % après la grève étudiante en 2012. Le gouvernement Couillard est maintenant à 29 %, en hausse de 5 points depuis décembre.

     

    Le nouveau chef péquiste, Jean-François Lisée, ne réussit donc pas à profiter cette opinion publique très défavorable. « Il n’y a pas de vases communicants entre le PLQ et le PQ, dit M. Bourque. S’il y a une baisse de satisfaction envers le gouvernement, le PQ sera le dernier à en bénéficier. C’est-à-dire que, quand il y a un gouvernement libéral, si le PQ n’est pas la seule alternative, tous ceux qui vont quitter le navire libéral iront ailleurs. »

     

    Pas de référendum

     

    La population approuve pourtant largement (à hauteur de 70 %) la décision du PQ de ne pas tenir de référendum, les péquistes encore un peu plus, à 71 %. Étrangement, un électeur libéral sur dix y voit une mauvaise décision, peut-être par regret de ne pas pouvoir agiter cet épouvantail.

     

    L’option souverainiste stagne toujours au plus bas : 65 % des Québécois, dont 57 % des francophones voteraient contre elle dans un éventuel référendum. Les plus jeunes (18 à 24 ans) sont très majoritairement contre (à 77 %), plus encore que les plus vieux de 65 ans et plus (à 74 % contre). En fait, la souveraineté n’est majoritaire dans aucune tranche d’âge.

     

    Les trois chefs Couillard, Lisée et Legault reçoivent la même faible note d’approbation (autour de 18 %) quand on demande qui ferait un meilleur premier ministre. Françoise David était le choix d’une personne sur dix.

    Le français est-il menacé ? Le sentiment que la langue française est menacée est partagé par plus d’un Québécois sur deux. Le sondage Léger révèle que 54 % de la population la croit menacée tandis que 41 % pensent le contraire. Les francophones sont beaucoup plus pessimistes (66 %) que les non-francophones (12 %) et les électeurs péquistes (87 %) plus que les libéraux (28 %), les caquistes (55 %) et les solidaires (63 %). La crainte pour l’avenir du français est plus manifeste en régions (62 %) qu’à Québec (52 %) et à Montréal (48 %), où les non-francophones influent évidemment beaucoup sur le résultat.

    Les coups de sonde sur l’insécurité linguistique se font rares. En 2009, 90 % des Québécois francophones estimaient que leur langue était menacée. La question a été débattue au conseil national du PQ le 14 janvier.












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