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    Les ingénieurs détestent le terme «réingénierie»

    L'ordre en a fait part au premier ministre Charest dans une lettre

    3 mars 2004 |Kathleen Lévesque | Québec
    La «réingénierie» de l'État fait grincer des dents l'Ordre des ingénieurs du Québec, qui craint que l'utilisation de ce terme puisse être préjudiciable à la profession en l'associant aux changements profonds prévus par le gouvernement libéral.

    Dans une lettre datée du 28 janvier dernier, adressée au premier ministre Jean Charest et dont Le Devoir a obtenu copie, l'Ordre des ingénieurs redoute «une banalisation de la notion d'ingénierie». «Soucieux de sauvegarder l'essence du terme "ingénieur" et ses dérivés», l'ordre dit souhaiter que le gouvernement revoie sa terminologie.

    «L'Ordre des ingénieurs du Québec est préoccupé par une utilisation à mauvais escient de ce terme [réingénierie], en ce sens qu'il pourrait en résulter une certaine confusion dans l'esprit du public. En effet, le vocable "ré-ingénierie" est un dérivé des mots génie, ingénierie et ingénieur, et son utilisation peut, à tort, laisser croire au grand public que les ingénieurs sont partie prenante du processus entrepris par votre gouvernement», écrit le président de l'ordre, Gaétan Lefebvre. Ce dernier rappelle également à M. Charest que le Code des professions établit clairement que «nul ne peut, de quelque façon, prétendre être ingénieur ou laisser croire qu'il pourrait l'être». M. Lefebvre a également fait parvenir une lettre à la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, qui coordonne la reconfiguration de l'État.

    Au moment où l'Ordre des ingénieurs alertait Jean Charest, le gouvernement avait déjà fait appel aux services de la firme SOM pour sonder la population sur sa compréhension de l'expression «réingénierie de l'État» et ainsi ajuster le vocabulaire à utiliser. Après avoir payé les 9000 $ qu'a coûté ce sondage, et peut-être après avoir pris connaissance des récriminations de l'Ordre des ingénieurs, le gouvernement Charest a abandonné le terme. Dans ses communications officielles, le gouvernement préfère maintenant parler de modernisation de l'État.

    Rien n'indique toutefois si le terme «modernisation» exclut d'éventuelles compressions majeures dans l'appareil gouvernemental. Jusqu'à maintenant, le gouvernement a indiqué qu'une des grandes lignes directrices de la «réingénierie» consisterait à développer, entre autres, les différentes formes de partenariat public-privé.

    Chose certaine, le gouvernement devrait être plus précis sur ses intentions au cours des prochains mois puisque le comité de gouvernement que dirige le premier ministre est à analyser 80 projets émanant du Conseil du trésor, en plus de ceux soumis par les autres ministères et organismes gouvernementaux.












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