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    Famille

    Les pères québécois profitent pleinement du congé parental

    «Ils peuvent passer du rôle d’aidant à celui de coparent.»

    11 janvier 2017 | Robert Dutrisac - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    Le Régime québécois d’assurance parentale est accessible à davantage de parents que le programme de congés parentaux de l’assurance-emploi qu’il a remplacé.
    Photo: iStock Le Régime québécois d’assurance parentale est accessible à davantage de parents que le programme de congés parentaux de l’assurance-emploi qu’il a remplacé.

    L’explosion du nombre de pères qui prennent un congé parental est une des conséquences du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) entré en vigueur en 2006. Ainsi, ce sont maintenant 80 % des pères québécois qui profitent du régime, alors qu’ils n’étaient que 28 % avant son introduction. Dans le reste du Canada, où c’est l’ancien programme lié à l’assurance-emploi qui a cours, ils ne sont que 12 %.

     

    « Le RQAP a fait changer la norme sociale », a affirmé au Devoir Sophie Beauchemin, la porte-parole du Conseil de gestion de l’assurance parentale, qui vient de publier un bilan des dix ans d’existence du régime québécois. Ce bilan s’appuie sur les études d’une quinzaine d’auteurs qui ont notamment comparé la situation québécoise avec celles du reste du Canada, des États-Unis et des autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

     

    Le RQAP est accessible à davantage de parents que le programme de congés parentaux de l’assurance-emploi qu’il a remplacé ; il est aussi plus généreux. Ainsi, le RQAP prévoit le remplacement de 70 % d’un revenu maximal assurable de 71 500 $. Dans le reste du Canada, les parents ont droit à des prestations s’élevant à 55 % d’un maximum assurable de 50 800 $. Dans les deux cas, la durée des prestations s’étend jusqu’à 50 semaines pour la mère et, pour un certain nombre de semaines, le père peut être celui qui prend le congé parental.

    5
    semaines : la durée du congé réservé exclusivement aux pères prévu par le Régime québécois d’assurance parentale
     

    Or, le RQAP prévoit en plus un congé de cinq semaines réservé exclusivement aux pères, congé qui ne vient donc pas réduire la durée du congé de la mère. En plus des cinq semaines, le tiers des pères québécois prennent une partie des semaines de congés offertes à l’un ou l’autre des parents. « Les pères sont plus présents, a souligné Sophie Beauchemin. La conception de leur rôle de parents par les pères québécois a vraiment évolué. Elle est différente de ce qu’on retrouve à Chicago ou à Toronto. »

     

    Le bilan du Conseil contient une étude de la chercheuse américaine Erin M. Rehel, qui a interviewé 50 hommes et 35 de leurs conjointes, des hommes qui travaillaient tous pour la même firme multinationale de comptables, Deloitte, à Montréal, à Toronto et à Chicago. Les pères de Chicago, qui n’avaient droit qu’à des congés non rémunérés, en prenaient généralement peu, ce qui se traduisait par un manque d’aptitudes et de connaissances pour prendre soin du poupon de façon autonome.

     

    D’aidant à coparent

     

    En prenant un congé parental d’une durée significative, comme au Québec, « les pères peuvent ainsi passer du rôle d’aidant à celui de coparent », écrit l’universitaire. « La prise d’un long congé remet en question le caractère supposément naturel des capacités parentales supérieures des femmes en accordant aux hommes le temps d’éprouver un sentiment analogue […]. »

     

    Comme le programme canadien de congés parentaux est régi par les règles de l’assurance-emploi, il en restreint l’accès aux mères qui ont travaillé un minimum d’heures l’année précédant la naissance de l’enfant. Ainsi, 64 % des femmes qui accouchent dans le reste du Canada ont accès aux congés tandis que cette proportion est de 89 % au Québec. « On n’échappe pas grand monde », a souligné la porte-parole du Conseil.

     

    Selon une étude des chercheuses ontariennes Lindsey McKay et Andrea Doucet, de l’Université Brock, et Sophie Mathieu, de l’Université de Montréal, les familles moins bien nanties s’en tirent beaucoup mieux au Québec. Ainsi, la proportion des nouveaux parents qui disposaient d’un revenu familial de moins de 30 000 $ et qui ont touché des prestations parentales était, en 2013, de 43,6 % dans le reste du Canada et de 85,4 % au Québec. « On ne s’attendait pas à un écart aussi important », a signalé Sophie Beauchemin.













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