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    Libre opinion

    Proposition Leitão sur les régimes de retraite: nous serons tous perdants

    19 décembre 2016 | Serge Cadieux - Secrétaire général de la FTQ | Québec
    «Le ministre Leitão propose une formule complexe et moins avantageuse pour la classe moyenne», estime Serge Cadieux.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Le ministre Leitão propose une formule complexe et moins avantageuse pour la classe moyenne», estime Serge Cadieux.

    Non content d’avoir imposé une austérité budgétaire dévastatrice pour les services publics du Québec, le ministre des Finances, Carlos Leitão, propose maintenant le recul social le plus spectaculaire des récentes années. Au moment où le gouvernement fédéral ainsi que toutes les autres provinces ont fait le constat de la nécessité de bonifier le régime public de retraite, le Régime de pensions du Canada (RPC), le ministre Leitão propose un recul pour les futurs retraités québécois.

     

    Depuis plus de cinquante ans, le Régime de rentes du Québec (RRQ) équivaut au RPC. Ainsi, une personne retraitée à Vancouver ou à Québec a toujours obtenu le même niveau de remplacement de revenu. Actuellement, un travailleur gagnant 40 000 $ à Edmonton ou à Rimouski touchera 25 % de ce montant lors de sa retraite. Mais grâce à l’entente fédérale-provinciale intervenue en juin dernier, celui d’Edmonton touchera désormais 33,3 %. Celui de Rimouski, par contre, risque fort de devoir se contenter de 27,5 % si la proposition Leitão est adoptée. Dans ce cas de figure, le retraité d’Edmonton touchera 3320 $ de plus par année, tandis que le Rimouskois touchera seulement 1000 $ de plus.

     

    Et ce n’est pas tout. Le document de consultation sur l’avenir du RRQ rendu public il y a quelques jours confirme qu’il y a un effet Leitão sur ce gouvernement : en plus de cette hausse anémique de la pension de retraite, il y est question d’augmenter l’âge de la retraite, de diminuer l’indexation, de réduire la rente au conjoint survivant, etc.

     

    L’effet Leitão est ce qui se produit lorsqu’un ministre des Finances est déconnecté de sa population. Il dit qu’il n’y a pas de problème avec le niveau du salaire minimum actuel à 10,75 $ l’heure, alors que son premier ministre reconnaît qu’il est trop faible. Il impose le plus grand recul du financement des services publics de notre histoire en affirmant sans sourciller que cela n’aura aucun effet sur les services aux citoyens.

     

    Nous avons beau tenter d’imaginer ses prédécesseurs placés devant l’entente de Vancouver de juin dernier, nous ne parvenons pas à imaginer un Yves Séguin ou un Raymond Bachand proposer aux futurs retraités québécois moins que ceux du reste du Canada. C’est totalement surréaliste.

     

    Bonification

     

    La FTQ fait campagne depuis 2009 pour obtenir une bonification du régime public de retraite qui serait favorable au plus grand nombre. Nous trouvons que la bonification convenue à Vancouver est bien inférieure à ce qui serait réellement possible et souhaitable, mais elle vaut mieux que rien. À l’opposé, le ministre Leitão propose une formule complexe et moins avantageuse pour la classe moyenne.

     

    Comme prévu dans l’entente de Vancouver, la proposition Leitão implique des cotisations supplémentaires de 2 % au RRQ (1 % pour les employeurs et 1 % pour les travailleurs et les travailleuses); cependant elles ne s’appliqueraient qu’à partir d’un seuil de revenus annuels de 27 500 $. Cela aurait pour effet de pénaliser tous les travailleurs et travailleuses en les empêchant d’épargner décemment pour leur retraite sur une portion significative de leur revenu. Ensuite, une cotisation de 8 % (4 % pour les employeurs et 4 % pour les travailleurs et les travailleuses) serait ajoutée pour les gains annuels se situant entre 54 900 $ et 62 600 $. Le résultat serait une prestation maximale supplémentaire de 4621 $ comparativement à 7000 $ avec l’entente de Vancouver.

     

    Si, en plus du gouvernement fédéral, les ministres des Finances de toutes les provinces ont convenu de la nécessité d’aller de l’avant avec une bonification du RPC, ce n’est certainement pas sous l’effet euphorisant d’une drogue douce, fût-elle légale. Ils répondent simplement à un besoin d’équilibre économique dans une société capitaliste en croissance.

     

    Le système public de retraite canadien et québécois offre un des taux de remplacement du revenu parmi les plus bas des pays développés. Or, au Québec, seulement 4 travailleurs sur 10 ont accès à un régime complémentaire de retraite négocié avec leur employeur. C’est dire que la vaste majorité doit vivre d’une épargne personnelle trop maigre, du régime de retraite public et, beaucoup, grâce au programme de soutien du revenu pour personnes retraitées (le Supplément de revenu garanti). La FTQ fera les démarches nécessaires afin que le gouvernement du Québec entende raison et bonifie le RRQ de manière à garantir une sécurité financière à la retraite pour tous et toutes et certainement pas inférieure au reste du Canada.













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