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    Québec mise sur la promotion du français dans les PME

    Le gouvernement dévoile un plan de cinq ans pour aider les entreprises

    13 décembre 2016 |Guillaume Bourgault-Côté | Québec
    Le ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Luc Fortin, a dévoilé lundi la Stratégie partenariale de promotion et de valorisation de la langue française 2016-2021 de son gouvernement.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Luc Fortin, a dévoilé lundi la Stratégie partenariale de promotion et de valorisation de la langue française 2016-2021 de son gouvernement.

    Sensibiliser. Valoriser. Mettre en valeur. Promouvoir. Encourager. Le gouvernement Couillard fait le pari d’une approche d’accompagnement pour inciter les PME à faire du français la langue d’usage sur les lieux de travail. Fort bien, dit l’opposition… mais la stratégie a ses limites, estime-t-elle.

     

    Québec dévoilait lundi sa Stratégie partenariale de promotion et de valorisation de la langue française 2016-2021 — qui vient remplacer et étendre à l’échelle du Québec une initiative semblable mise en place pour le grand Montréal entre 2008 et 2016. « Elle privilégie un mode d’intervention qui met l’accent sur la promotion », a indiqué le ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Luc Fortin.

     

    C’est-à-dire ? Québec offrira par exemple un soutien financier à des organismes pour des projets de sensibilisation et de promotion du français, cela afin de « convaincre les entreprises de l’importance d’offrir un service » en français (et aussi d’inciter les consommateurs à parler français avec les commerçants).

     

    On évoque aussi des « modes d’éducation et de sensibilisation à la langue française » pour « stimuler la vitalité de cette dernière dans les entreprises ». La stratégie vise particulièrement les petites entreprises (notamment les dépanneurs) et les immigrants et néo-Québécois dont le français n’est pas la langue d’usage.

     

    Selon le ministre Fortin, c’est là une bonne approche pour « changer véritablement les comportements » au sein des entreprises qui ne sont pas assujetties aux dispositions de la loi 101 (les PME de moins de 50 employés).

     

    Les objectifs précis de la stratégie demeurent sujets à interprétation. « On a certains indicateurs — l’affichage, l’utilisation du français en milieu de travail —, et on veut que ces indicateurs s’améliorent », répond M. Fortin, sans donner de chiffres précis.

     

    Québec se dit toutefois satisfait des résultats obtenus par la Stratégie commune d’intervention pour le Grand Montréal, qui impliquait une quinzaine de partenaires des secteurs économique, commercial et syndical. « Mais cette stratégie sera assurément suivie d’une autre en 2021, avertit Luc Fortin. On demeure dans un environnement linguistique [particulier], et il faudra toujours demeurer vigilant. »

     

    Pour le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, l’approche de Québec sera plus efficace que l’adoption de mesures coercitives. « Nous sommes dans cette idée d’aller vers les entreprises sans une aura de contrôle, mais plutôt avec des moyens et des solutions » pour les convaincre de l’utilité du français.

     

    M. Leblanc salue une stratégie qu’il juge « plus souple » que la version Montréal 2008-2016. « Auparavant, les projets étaient définis dès le départ. Cette fois, c’est plus ouvert. Un organisme qui arriverait avec une problématique particulière sur une avenue commerciale pourrait être admissible à du financement. Et le travail de terrain s’accompagnera d’un grand message collectif qui aidera à la sensibilisation », croit-il.

     

    Aller plus loin

     

    Le plan de Québec est « bienvenu » aux yeux d’Éric Bouchard, directeur général du Mouvement Québec français. « On ne peut pas être contre », remarque-t-il. « Mais on estime plus largement qu’il faut renforcer la loi 101. »

     

    Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, pense lui aussi que « toute nouvelle incitation est mieux que rien ». « Mais il y a une limite à l’adhésion volontaire : l’Office québécois de la langue française dit dans ses rapports que l’utilisation du français comme langue principale de travail recule », note-t-il.

     

    M. Lisée estime qu’il « faut faire deux pas de plus : étendre la loi 101 aux entreprises de 25 à 50 employés, et appliquer la loi 101 aux entreprises à charte fédérale. »













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