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    Évaluation psychiatrique

    Barrette s’en remet à un rapport attendu depuis cinq ans

    Faut-il élargir les motifs pour interner quelqu’un contre son gré?

    8 décembre 2016 |Guillaume Bourgault-Côté | Québec
    Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

    Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s’est dit ouvert mercredi à l’idée de modifier la loi P-38 pour permettre qu’une personne subisse une évaluation psychiatrique contre son gré, même si cette personne ne pose pas de danger « grave et immédiat ». Sauf que le ministre renvoie du même coup la balle à un comité… dont le rapport attend d’être déposé depuis cinq ans et qui n’avait pas le mandat de revoir les fondements de la loi, a appris Le Devoir.

     

    « Non seulement nous sommes prêts à étudier des changements [à la loi P-38], mais ces travaux-là sont en cours depuis 2011 », a répondu M. Barrette à une question du critique caquiste en matière de santé, François Paradis, autour du dossier du jeune Frédérick Gingras. Ce dernier aurait commis deux meurtres dimanche soir. Selon sa mère, il fait « psychose par-dessus psychose » depuis quatre ans.

     

    Sauf que « le comité a été créé en 2011, on a siégé un an, et là c’est dissous : on ne se réunit plus », révèle en entretien Hélène Fradette, directrice générale de la Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM) et membre du comité consultatif cité par le ministre Barrette.

     

    Le rapport final du comité n’a pas été encore déposé au cabinet du ministre. Il le sera en mars 2017 — il semble que le processus de révision des propositions par les contentieux des ministères de la Santé et de la Justice a été particulièrement long.

     

    De plus, le comité n’a jamais eu le mandat de « proposer des changements à la loi », soutient Mme Fradette. « Le mandat était de voir comment mieux appliquer P-38 [Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui] », dit-elle.

     

    Pour François Paradis, « il serait temps d’arrêter d’étudier et de passer à l’action ». M. Paradis souhaite que Québec modifie la loi pour permettre des interventions psychiatriques auprès de gens qui ne sont pas dangereux, mais qui sont « trop malades pour demander des soins pour eux-mêmes ». « On sortirait du critère du danger pour entrer dans la prévention », dit-il.

     

    À l’heure actuelle, une personne doit poser un danger avant que les autorités puissent intervenir de manière coercitive. La position de M. Paradis rejoint celle exprimée notamment par le directeur des services professionnels de l’Institut Pinel, Gilles Chamberland.

     

    À cet égard, M. Barrette a fait valoir qu’il « y a des positions souvent opposées » et que ce « n’est pas un sujet simple » — notamment parce qu’il touche aux libertés individuelles. « Il y a des gens qui considèrent qu’on impose trop de contraintes, en termes de prise de médicaments, à ceux qui ont des problèmes de santé mentale, a-t-il rappelé. Laissons les experts déposer leur rapport et on pourra aller plus loin dans ce débat-là. »

     

    Hélène Fradet, dont l’organisme milite depuis longtemps pour un changement à P-38, est bien consciente des réticences de plusieurs à ouvrir cette porte. « Mais je me demande ce que ça coûterait d’au moins réfléchir là-dessus. »













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