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    Couillard et les partielles

    Le sauveur

    Antoine Robitaille
    7 décembre 2016 |Antoine Robitaille | Québec | Éditoriaux

    L'inspiration est peut-être venue à M. Couillard en cette période de l’avent où plusieurs Québécois se préparent à reprendre ces vieux refrains annonçant qu’un « sauveur nous est né ». Toujours est-il que le premier ministre, à la question de savoir s’il est dans le déni par rapport aux résultats, désastreux pour le PLQ, des élections partielles de lundi, a eu ces mots : « Je suis dans l’affirmation qu’on a littéralement sauvé le Québec. Le Québec s’en allait où ? On ne pose jamais cette question : où allait le Québec sans retour à l’équilibre budgétaire, sans reprise du contrôle des finances publiques et de la dette ? Dans un immense mur. »

     

    Il est bien sûr difficile, pour toute personne qui pratique la rhétorique politique, de ne pas céder, à un moment ou à un autre, au phénomène de la boursouflure. On veut avoir un effet, alors on gonfle. Équilibrer le budget du Québec fut indéniablement un axe crucial de M. Couillard depuis avril 2014. Mais a-t-il réellement réussi à résorber 7,3 milliards de déficit préparé par le laxisme du gouvernement précédent ? Ce chiffre a quelque chose de fictif. Il faut rappeler que le gouvernement Marois n’avait pas déposé de crédits. Impossible d’estimer avec rigueur le déficit à venir sans avoir au moins une certaine indication des dépenses qu’entend faire un gouvernement. Bref, ces chiffres sont gonflés. C’est peut-être de bonne guerre que de les lancer dans le débat politique. Mais cela conduit le premier ministre à des hyperboles, qu’il semble s’obliger lui-même à croire. (Il arrive d’ailleurs parfois à M. Couillard de créer ses propres vérités. Le 4 octobre, il déclarait en Chambre : « Robert Bourassa, comme nous, équilibrait ses budgets. C’est un point commun qu’il est important de rappeler. » Vérification faite, M. Bourassa n’a jamais équilibré un de ses budgets !)

     

    Notons enfin l’usage surprenant, par le premier ministre, de l’adverbe « littéralement », qui signifie « en prenant le mot au sens littéral ». Et ce mot, quel est-il ? « Sauver » : « Tirer quelqu’un d’un danger, de la mort. » Autre acception : « Faire échapper, quelqu’un ou une collectivité, à un grave danger, lui épargner un grand malheur, une catastrophe. »

     

    Des déficits, une grande dette, sont assurément des difficultés pour une collectivité. Une catastrophe ? Le Québec n’est pas la Grèce ; l’ancien président du Conseil du trésor Martin Coiteux a souvent lui-même relativisé ainsi la situation budgétaire du Québec. Un danger de mort ? M. Couillard, au lieu de s’inventer des dragons, pourrait montrer un peu d’humilité devant les électeurs, dont une bonne partie ont choisi lundi de désavouer ses méthodes pour les « sauver ».













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