Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Scandale de la SIQ

    Gabegies et nausées

    Antoine Robitaille
    17 novembre 2016 |Antoine Robitaille | Québec | Éditoriaux

    Le gouvernement libéral à Québec a finalement accepté mercredi d’ordonner des enquêtes au sujet de ce qu’on pourrait appeler l’affaire Bartlett à la Société immobilière du Québec (SIQ) : ces incroyables braderies d’immeubles de l’État, il y a quelque huit ans. Braderies qui auraient en bout de course engraissé des comptes de paradis fiscaux du « bénévole » libéral William Bartlett ainsi que ceux des collecteurs de fonds du PLQ Franco Fava et Charles Rondeau. L’opposition officielle croit même que la caisse du PLQ en aurait en bout de course profité. Ce cas extrême de gabegie, impossible sans le souverain manque d’attention de celle qu’on croyait gardienne de la « sacoche » collective, Monique Jérôme-Forget, présidente du Conseil du trésor de l’époque, a provoqué une profonde nausée au Québec depuis la diffusion du reportage de l’émission Enquête d’ICI Radio-Canada, du début du mois.

     

    Le proverbial « il ne faut pas nuire au travail de l’UPAC », qu’ânonnaient les membres du gouvernement Couillard pour refuser l’intervention de la vérificatrice générale, a finalement été abandonné mercredi. Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a annoncé que la VG Guylaine Leclerc épluchera les transactions de la SIQ effectuées entre 2003 et 2012. Mme Leclerc connaît bien le dossier : c’est elle qui avait enquêté, il y a quelques années, pour la firme Accuracy, sur la vente controversée des immeubles. D’ailleurs, on aurait pu penser que, sachant ce qui est arrivé à la SIQ, Mme Leclerc aurait décidé d’elle-même, dès son arrivée en poste, de s’attaquer à la SIQ. Elle a cette latitude. D’ailleurs, que contient le rapport Leclerc d’Accuracy pour que la Société québécoise des infrastructures (SQI, qui a remplacé la SIQ) et le gouvernement refusent de le rendre public ? Il doit être dévoilé afin que l’on puisse en comparer son contenu avec ce que Mme Leclerc exposera comme VG.

     

    Il est rassurant que le gouvernement Couillard ait accepté la motion des oppositions accordant ce mandat (qui devrait s’étendre au-delà de 2012). Il faut aussi se réjouir d’un autre mandat, accordé à la firme Raymond Chabot Grant Thornton, d’examiner l’ensemble des quelque 960 baux de location signés par l’État du Québec, partout sur son territoire. Le gouvernement n’avait plus vraiment le choix là aussi. Les nouveaux faits exposés notamment par la CAQ quant aux baux signés avec Georges Gantcheff, un des présumés acteurs de l’affaire Bartlett, puent le favoritisme, provoquent aussi de sérieux haut-le-coeur. « Comment peut-on avoir donné autant d’argent à un seul homme dans toutes sortes de contrats aberrants ? » a lancé le caquiste Éric Caire mercredi en chambre. Espérons seulement que les deux nouvelles enquêtes, ainsi que celle de l’UPAC, déboucheront sur des conclusions… antinauséeuses.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.