La SIQ sous la loupe de la vérificatrice générale

La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc

Le premier ministre, Philippe Couillard, avait refusé la semaine dernière de confier à la vérificatrice générale du Québec (VG), Guylaine Leclerc, le mandat d’examiner toutes les ventes d’immeubles conclues par la Société immobilière du Québec (SIQ) de 2003 à 2012. Mercredi, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a accepté de se plier au souhait de l’opposition.

 

Carlos Leitão a indiqué que le gouvernement était désormais prêt à voter pour une motion, présentée par la Coalition avenir Québec, afin de demander à la VG de procéder à cet examen. La semaine dernière, les libéraux avaient refusé leur consentement au dépôt d’une motion semblable par l’opposition péquiste.

 

De son côté, la Société québécoise des infrastructures (SQI), qui a absorbé la SIQ en 2013, a pris l’initiative, plus tôt cette semaine, de mandater la firme Raymond Chabot Grant Thorton afin qu’elle scrute les 873 baux qu’a signés le gouvernement du Québec avec des propriétaires privés.

 

Comme l’a rapporté l’émission Enquête d’ICI Radio-Canada, la SIQ a vendu trois immeubles qu’occupait en partie le gouvernement, notamment le 500 René-Lévesque Ouest, à Montréal, qui fut cédé à George Gantcheff. Devenu locataire, l’État a signé des baux à des conditions anormales.

 

«Trifecta» et «jackpot»

 

La CAQ a examiné l’un des 21 baux que l’État a signés avec George Gantcheff, soit celui du ministère des Transports pour des locaux au 500 René-Lévesque. Le loyer de ce bail serait 12 % plus cher que le prix courant, a signalé le chef de la CAQ, François Legault.

 

« Rendez-vous compte du scandale », a lancé François Legault à l’Assemblée nationale. « Un, le gouvernement libéral vend des immeubles au rabais à George Gantcheff. Deux, George Gantcheff signe des loyersavec le gouvernement au-dessus du prix du marché. Troisièmement, il fait faire de l’entretien sur ses bâtisses payé par nous autres. C’est la “trifecta”, c’est le “jackpot” ! »

 

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) mène présentement une enquête sur ces transactions et des baux de nature frauduleuse qui auraient permis de garnir de plusieurs millions les comptes de quatre libéraux notoires dans des paradis fiscaux : l’ancien p.-d.g. de la SIQ, Marc-André Fortier, l’organisateur William Bartlett et les deux collecteurs de fonds Franco Fava et Charles Rondeau.

 

Informée d’« irrégularités » par l’UPAC, la SIQ, qui était sur le point d’être intégrée à la SQI, a demandé en 2012 à la firme de consultants Accuracy de procéder à un examen administratif des transactions.

 

L’actuelle VG, Guylaine Leclerc, est particulièrement bien placée pour remplir sa tâche puisque c’est elle qui dirigeait l’équipe d’Accuracy chargée de procéder à cet examen.

 

À l’Assemblée nationale, la porte-parole en matière d’intégrité, Agnès Maltais, a exigé que le mandat confié à la VG s’étende au système de financement du Parti libéral. « Le vrai problème, […] il est dans la façon dont le Parti libéral s’est assis sur des collecteurs de fonds qui faisaient de la fraude », a-t-il dit. Carlos Leitão a été piqué. « C’est un tableau assez mesquin », s’est-il plaint.