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    Langue française

    La CAQ propose un chien de garde avec des dents

    1 novembre 2016 | Robert Dutrisac - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    Claire Samson, porte-parole caquiste en matière de protection de la langue française, estime qu'il faut agir rapidement pour préserver le français.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Claire Samson, porte-parole caquiste en matière de protection de la langue française, estime qu'il faut agir rapidement pour préserver le français.

    La Coalition avenir Québec proposera de créer un poste de Commissaire de la langue française, une instance relevant de l’Assemblée nationale. L’organisme reprendrait la fonction de chien de garde dont est chargé l’Office québécois de la langue française (OQLF) depuis l’abolition de la Commission de la protection de la langue française (CPLF). Le commissaire assumerait aussi le rôle du Conseil supérieur de la langue française (CSLF), organisme qui serait éliminé.

     

    C’est une des recommandations du rapport sur la langue commune que doit dévoiler cette semaine la porte-parole caquiste en matière de protection de la langue française, Claire Samson. Le rapport, qui a été approuvé par le caucus des élus de la CAQ, porte aussi largement sur la francisation des immigrants, a indiqué la députée d’Iberville dans une entrevue accordée au Devoir.

     

    « Si notre génération de politiciens n’assure pas la pérennité du français au Québec, je vous garantis que, dans 15 ans, quand ils vont me mettre dans le trou, il va être trop tard », estime Claire Samson.

     

    Qualifiée de « police de la langue » par certains anglophones, la CPLF, créée en même temps que l’Office par la loi 101, avait pour rôle de faire observer la Charte de la langue française : elle sanctionnait les manquements à la loi et traitait les plaintes des citoyens. Elle fut abolie en 1993 par le gouvernement Bourassa et intégrée à l’OQLF. Puis elle fut reconstituée par le gouvernement Bouchard pour enfin disparaître en 2002 sous le gouvernement Landry qui l’a fusionnée à nouveau avec l’OQLF.

     

    Comme le Vérificateur général, le Protecteur du citoyen ou le Directeur général des élections, le Commissaire de la langue française (CLF) serait désigné à la suite d’un vote aux deux tiers de l’Assemblée nationale et jouirait de la même indépendance, a mentionné la députée. Tout en veillant à l’application de la Charte de la langue française, le CLF formulerait des recommandations à cet égard, mais aussi sur l’intégration et la francisation des immigrants.

     

    « Depuis plusieurs années, le gouvernement s’est délesté d’une façon importante de sa responsabilité de francisation en la déléguant à des organismes communautaires », a déploré Claire Samson. Ces organismes doivent être encadrés, évalués et financés adéquatement, prône-t-elle. Pour rédiger son rapport, la députée a consulté depuis le printemps de nombreux groupes communautaires en immigration.

     

    Les risques

     

    Claire Samson s’inquiète de la situation du français dans la grande région de Montréal, notamment en milieu de travail. Son rapport contiendra, pour la grande région de Montréal, « des mesures bien spécifiques qui vont viser à contrer ça [l’anglais comme langue de travail] », des mesures dont elle a discuté avec le maire Denis Coderre.

     

    La députée dénonce le règlement, adopté par le gouvernement Couillard, qui permet aux commerces d’afficher leur marque de commerce en anglais seulement sans y accoler une désignation en français. « C’est un scandale de renoncer à imposer et à faire respecter notre identité chez nous », s’est insurgée Claire Samson.













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