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    Entrevue avec Christine St-Pierre

    Vers une présence accrue du Québec à l’étranger

    30 septembre 2016 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    «Je trouvais ça inconcevable […] qu’on n’ait pas de bureau officiel en Afrique», a confié la ministre Christine St-Pierre.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Je trouvais ça inconcevable […] qu’on n’ait pas de bureau officiel en Afrique», a confié la ministre Christine St-Pierre.

    Après avoir consenti « efforts » et « sacrifices », la ministre Christine St-Pierre veut donner un nouveau souffle à l’action internationale du Québec.

     

    Elle s’engage à dévoiler une nouvelle politique internationale du Québec, qui sera assortie d’un plan d’action, dans la foulée du dépôt du 3e budget Leitão au printemps 2017. « Évidemment qui dit politique, dit nouvel argent ! », signale Mme St-Pierre à l’approche du 50e anniversaire du ministère des Relations internationales (MRI). « On est capable de faire un peu plus à ce chapitre-là. De quel ordre ? Évidemment, je ne peux pas vous le dire. C’est [en fonction] des discussions que j’aurai. C’est [le ministre des Finances et président du Conseil du trésor] qui va trancher à la fin de la journée », souligne-t-elle, avant d’esquisser un sourire.

     

    Une délégation générale à Dakar

     

    La ministre des Relations internationales donnera le coup d’envoi des consultations sur la nouvelle politique internationale du Québec dimanche à Montréal. Elle compte notamment solliciter l’avis des participants sur les « endroits » qui s’avéreraient, selon eux, « les plus “payants » pour le « rayonnement » du Québec.

     

    Cela dit, elle entend d’ores et déjà accroître la présence du Québec sur le continent africain, et ce, à partir de Dakar, où le Québec a un bureau depuis mars. « Je trouvais ça inconcevable qu’en tant qu’État membre de l’Organisation internationale de la Francophonie on n’ait pas de bureau officiel en Afrique », confie Mme St-Pierre. « Idéalement ce bureau-là, on voudrait le voir grandir », ajoute-t-elle, croisant les doigts afin qu’il devienne une délégation générale au cours des trois prochaines années. « [Cette délégation générale] pourrait desservir les pays de la Francophonie » avec l’aide « peut-être, peut-être » de « bureaux satellites ».

     

    Le Québec dispose actuellement de sept délégations générales : deux en Amérique du Nord (New York et Mexico), quatre en Europe (Paris, Londres, Bruxelles et Munich) et, enfin, une en Asie (Tokyo), où Mme St-Pierre souhaite aussi « accroître la présence » du Québec.

     

    Diplomatie « agile » et « flexible »

     

    L’enthousiasme de la ministre sera sans doute accueilli comme une bouffée d’oxygène au sein de la diplomatie québécoise. Entre 2012 et 2016, les gouvernements péquiste et libéral ont tour à tour forcé le réseau de représentations à l’étranger à un régime minceur. « Il y a des endroits où on a réduit la voilure », admet Mme St-Pierre. Par exemple, le MRI a déclassé la délégation à Atlanta en antenne. Mais il a ouvert quelques mois plus tard deux autres antennes aux États-Unis : une à Houston et une dans Silicon Valley, fait remarquer Mme St-Pierre. « Il faut avoir une diplomatie qui est agile, flexible et capable de réagir assez rapidement s’il se présente de nouvelles occasions pour le Québec », insiste-t-elle.

     

    Locataire d’Ottawa

     

    Mme St-Pierre « ne ferme pas la porte » à la location d’espaces de travail à l’intérieur d’ambassades ou de consulats canadiens pour l’établissement de nouvelles représentations. À Cuba, le MRI a choisi d’emménager dans l’enceinte de l’Ambassade du Canada à La Havane en raison des fluctuations du climat politique et social de l’île, explique-t-elle. En Chine, le MRI a installé des bureaux à l’intérieur de l’ambassade du Canada à Pékin et du consulat du Canada à Shanghai, mais a monté de toutes pièces une antenne à Qingdao. Enfin, le MRI a « envisagé », puis balayé la possibilité de fermer son bureau de Washington pour déménager son personnel dans l’ambassade du Canada qui a pignon sur rue à un jet de pierre du Congrès américain. « C’était plus économique d’avoir nos propres bureaux », précise Mme St-Pierre. Cela dit, elle « n’en fait pas un dogme d’être à l’extérieur absolument » d’une représentation canadienne.

     

    La voix québécoise en matière de culture, de santé, d’éducation résonne de la même façon. La doctrine Gérin-Lajoie s’est même « accentuée » au fil des dernières années, soutient la chef de la diplomatie québécoise. D’ailleurs, le chef de gouvernement Philippe Couillard a souligné l’importance auprès du premier ministre chinois, Li Keqiang, d’« associer les provinces au départ des futures négociations puisqu’il va y avoir dans ces négociations-là des dossiers de compétence provinciale ». « On est capable de jouer dans la cour des grands », conclut Mme St-Pierre.

     

    La députée péquiste Carole Poirier invite le gouvernement libéral à assurer un « redéploiement » optimal des représentations du Québec à l’étranger. « Le budget du ministère a fondu comme neige au soleil. Il faut avoir les moyens de nos ambitions », affirme-t-elle, soutenant que le Québec a raté des occasions d’affaires en raison du resserrement des effectifs voués au « démarchage ». La révision de la politique internationale du Québec doit aussi être l’occasion d’étudier l’idée de mettre sur pied une Agence québécoise de solidarité internationale (AQSI), selon elle.













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