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    «Anglophones pour un Québec indépendant» voit le jour

    Il faut tout d’abord «parler aux anglos, en anglais, des bénéfices», fait valoir Jennifer Drouin

    24 septembre 2016 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    L’absence de porte-parole indépendantiste au sein de la communauté anglophone explique en partie le minime appui anglophone au projet de Pays du Québec, selon Jennifer Drouin.
    Photo: Jacques Grenier Le Devoir L’absence de porte-parole indépendantiste au sein de la communauté anglophone explique en partie le minime appui anglophone au projet de Pays du Québec, selon Jennifer Drouin.

    Le projet indépendantiste québécois n’est pas exclusivement l’affaire de francophones. La professeure de littérature Jennifer Drouin a donné le coup d’envoi des activités du groupe Anglophones pour un Québec indépendant (AQI) vendredi à Montréal.

     

    « Selon nous, l’indépendance est une option logique et légitime qui profitera à tous les citoyens québécois. Nous reconnaissons une panoplie de raisons culturelles, économiques, écologiques, historiques, politiques et sociales pour lesquelles le Québec devrait devenir indépendant surtout dans le contexte de mondialisation du XXIe siècle où la souveraineté de l’État est plus importante que jamais », a-t-elle déclaré à l’occasion d’une conférence de presse dans la Maison Ludger-Duvernay. La Société Saint-Jean-Baptiste y a établi ses quartiers en 1976.

     

    Mme Drouin a pris au mot le député de Rosemont Jean-François Lisée lorsque celui-ci a appelé les indépendantistes anglophones à se mettre en ordre de bataille. L’ex-ministre responsable des relations avec la communauté anglophone s’est réjoui vendredi de voir l’AQI prendre forme. « Bravo et bienvenue ! », a-t-il fait valoir sur le réseau social Twitter.

     

    Pour l’instant, l’AQI compte une cinquantaine de membres, a indiqué Mme Drouin vendredi soir. À ses yeux, l’absence de porte-parole indépendantiste au sein de la communauté anglophone explique en partie le minime appui anglophone au projet de Pays du Québec. À peine 10 % des « non-francophones » voteraient pour la souveraineté du Québec, selon un sondage Léger Le Devoir-Le Journal de Montréal effectué au début du mois.

     

    Pas d’affiliation politique

     

    Pour renverser la vapeur, il faut tout d’abord « parler aux anglos, en anglais, des bénéfices de l’indépendance », fait valoir la spécialiste de Shakespeare dans un entretien avec Le Devoir. Elle cite un « bénéfice » auquel les anglos ne seraient pas insensibles selon elle : un Québec indépendant pourra couper court au projet de pipeline controversé Énergie Est de TransCanada.

     

    L’AQI entend se doter d’un « centre de ressources », d’un « observatoire des médias » ainsi que d’une « escouade de la vérité » afin de corriger le tir après la diffusion de « reportages inexacts sur le Québec » ou d’« attaques insultantes ».

     

    Jennifer Drouin est originaire de la Nouvelle-Écosse. Elle a adhéré au Parti québécois en 1998, soit trois ans avant de s’établir au Québec.

     

    Cela dit, le groupe AQI n’est affilié à aucune formation politique, a-t-elle précisé vendredi. Il accueille tous les indépendantistes, qu’ils soient membres ou non-membres du Parti québécois, de Québec solidaire ou encore d’Option nationale. « Que nous soyons nés au Québec ou que nous soyons venus ici plus tard, nous vivons ici parce que faire partie de la société québécoise, ça nous tient à coeur. Nous croyons que nous, les Québécois, formons un peuple distinct, résilient et dynamique. Nous aimons et respectons la langue française et nous nous engageons à la protéger et à l’aider à fleurir. L’intégration nous est chère et nous sommes complètement intégrés dans la société québécoise, profitant de la beauté de sa culture unique », a-t-elle souligné.

     

    En 2011, Statistique Canada dénombrait 1 058 265 anglophones au Québec (13,5 % de la population québécoise).

     

    Pour présenter le mouvement indépendantiste québécois, l’auteur de l’ouvrage Shakespeare in Québec : Nation, Gender, and Adaptation pointe une citation tirée de l’acte 2, scène 2, de Hamlet, prince du Québec de Robert Gurik : « Être ou ne pas être libre ! Voilà la question ».













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