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    SAAQ: taux d’échec élevé pour l’examen théorique en arabe

    29 août 2016 | Isabelle Porter à Québec | Québec
    La SAAQ offre la possibilité de passer l’examen théorique avec l’aide d’un traducteur dans une trentaine de langues différentes, mais ce service est seulement disponible à Montréal.
    Photo: Michaël Monnier Le Devoir La SAAQ offre la possibilité de passer l’examen théorique avec l’aide d’un traducteur dans une trentaine de langues différentes, mais ce service est seulement disponible à Montréal.

    Nouvel obstacle à l’intégration des réfugiés syriens. Les plus récentes données de la SAAQ montrent que les futurs automobilistes sont deux fois moins nombreux à réussir l’examen théorique quand ils le font en arabe. Le taux de réussite en langue arabe est en effet de 33 % contre 65 % pour l’ensemble des tests, toutes langues confondues.

     

    Ces statistiques issues de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) concernent les résultats aux examens réalisés entre avril 2015 et août 2016.

     

    À titre comparatif, notons que les résultats en espagnol sont également inférieurs à la moyenne, mais de façon beaucoup moins marquée, avec un taux de réussite de 45,6 %. Pour ce qui est de la version du test en mandarin (seule autre langue disponible pour les examens écrits en plus du français et de l’anglais), les résultats sont au même niveau que la moyenne.

     

    Rappelons qu’en mai dernier un résidant de Lévis qui parraine une famille de réfugiés syriens avait dénoncé dans les médias les embûches à l’intégration de la famille, notamment pour le permis de conduire. Le père de la famille, Marwan Al-Oufan, alléguait que l’examen était dans un arabe incompréhensible et que son cousin l’avait raté sept fois. En août, lui-même a échoué pour la cinquième fois. Les données de la SAAQ semblent lui donner raison.

     

    Comment expliquer cela ? Selon le porte-parole de la SAAQ, Gino Desrosiers, aucune analyse n’a été faite pour enquêter sur le taux d’échec en arabe.

     

    On souligne que « les examens n’ont pas été faits sur le coin d’une table », mais avec le concours « de traducteurs certifiés ». Les difficultés des arabophones seraient-elles liées aux différences entre l’arabe parlé d’un pays à l’autre ? La question reste entière.

     

    « Il faut regarder ça de près », estime le président de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), Stephen Reichold. « C’est clair qu’il y a un problème quelque part et qu’il faut l’identifier et le résoudre », a-t-il dit après avoir été mis au courant des données. « C’est quand même troublant parce que la plupart de ces gens avaient des permis dans leurs pays d’origine et conduisaient déjà », soutient-il.

    1114
    Nombre de réfugiés syriens parrainés par l’État qui se sont établis au Québec depuis 2015
     

    Un enjeu pour les réfugiés en général

     

    Cela pose problème parce que le Québec s’apprête à recevoir encore des milliers de réfugiés en provenance de Syrie, souligne-t-il. « Il y a 7000 Syriens parrainés qui devraient arriver, et un millier de réfugiés pris en charge par l’État sont attendus par année. »

     

    Il ajoute que ceux qui sont parrainés par l’État vont se retrouver « surtout en région » et qu’on sait que « l’intégration sans permis de conduire en région pose un sérieux problème, surtout pour aller travailler ».

     

    Depuis 2015, 1114 réfugiés parrainés par l’État se sont établis au Québec, dont la grande majorité ont été dirigés à l’extérieur de Montréal. Ils ont été accueillis à Drummondville (60 personnes), Gatineau (134), Granby (68), Joliette (34), Québec (266), Saint-Hyacinthe (60), Saint-Jérôme (38), Sherbrooke (113), Trois-Rivières (51) et Victoriaville (50).

     

    Par ailleurs, les arabophones ne sont pas les seuls à devoir passer leur test théorique à répétition. Il y a deux semaines, Le Devoir rapportait les difficultés de réfugiés colombiens à Joliette et de Népalais dans la région de Québec.

     

    Rappelons que l’examen théorique est divisé en trois sections : la sécurité routière, la signalisation et le type de véhicule. Quelle que soit la langue choisie, la section où l’on réussit le moins est celle portant sur la signalisation : 27 % (langue arabe), 38 % (espagnol), 56 % (mandarin). Toutes langues confondues, la moyenne est de 60 %.

     

    Anciennement, l’examen était aussi proposé en polonais, en italien et en grec. Au milieu des années 1990, la SAAQ a aussi ajouté à ses services la possibilité de passer l’examen théorique avec l’aide d’un traducteur dans une trentaine de langues différentes. Toutefois, ce service est seulement offert à Montréal. De plus, les immigrants ne peuvent s’en prévaloir que dans les trois années suivant leur arrivée.













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