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    Francisation

    Québec dit avoir été trop «passif»

    La ministre Weil lance une campagne estivale de promotion des cours auprès des immigrants

    12 juillet 2016 |Guillaume Bourgault-Côté | Québec
    Québec lance une campagne de promotion dans l’espoir d’attirer davantage d’immigrants dans les cours de francisation. La ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, a annoncé lundi à Montréal que cet effort de promotion, doté d’une enveloppe de 750 000 $, vise surtout à attirer les conjoints d’immigrants qui sont acceptés comme travailleurs spécialisés et ceux qui entrent au pays en vertu du programme de réunification des familles.
    Photo: David Afriat Le Devoir Québec lance une campagne de promotion dans l’espoir d’attirer davantage d’immigrants dans les cours de francisation. La ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, a annoncé lundi à Montréal que cet effort de promotion, doté d’une enveloppe de 750 000 $, vise surtout à attirer les conjoints d’immigrants qui sont acceptés comme travailleurs spécialisés et ceux qui entrent au pays en vertu du programme de réunification des familles.

    La désaffection des immigrants envers les cours de francisation est en partie la faute de Québec, a reconnu lundi la ministre Kathleen Weil, qui dit que le gouvernement « a été passif ». Pour corriger la situation, Québec mise sur une campagne estivale de promotion des cours.

     

    Québec investira 250 000 $ d’ici le 30 août en publicité dans différents journaux, radios et sites Internet — de même que dans le métro et les autobus de Montréal — pour inciter les immigrants à s’inscrire à des cours qui, souligne-t-on, ne coûtent rien. « Apprendre le français, c’est gratuit et c’est gagnant », vante ainsi le slogan de la campagne.

     

    L’objectif est d’augmenter de 10 % le nombre d’immigrants qui suivent des cours de francisation, a indiqué la ministre de l’Immigration. Selon le rapport annuel de gestion 2014-2015 du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion [MIDI], 26 109 personnes ont participé à un ou des cours de français l’an dernier.

     

    C’est là une baisse de 6,1 % par rapport à l’année précédente — résultant notamment d’un recul de fréquentation des cours de français à temps plein (-6,3 %) et des cours en ligne (-30 %). Dans les faits, si l’objectif est atteint, Québec retrouvera le niveau atteint en 2011-2012, mais demeurera sous celui de 2012-2013 (29 200 personnes).

     

    En janvier, Le Devoir révélait que près de 60 % des immigrants adultes qui ne connaissent pas le français en arrivant au Québec refusent de suivre des cours. Or, si l’apprentissage du français est évidemment important pour l’intégration à la société québécoise, il l’est aussi pour aider à la rétention des immigrants. Une étude du MIDI dévoilée en avril montrait que 46 % des immigrants admis entre 2004 et 2013, sélectionnés en raison de leurs qualifications professionnelles et ne parlant pas français à leur arrivée, avaient quitté le Québec en 2015.

     

    Méconnaissance

     

    « Nous avons noté que pas assez de personnes immigrantes se prévalaient de notre offre en francisation », a indiqué Mme Weil. Elle a fait valoir que cette offre est « complète, variée et flexible » en fonction des besoins et des horaires, et que le gouvernement offre jusqu’à 115 $ par semaine à ceux qui sont inscrits à temps plein et ne peuvent donc pas travailler en même temps. « Ces éléments sont méconnus », pense Mme Weil.

     

    « On ne veut pas rester passif » face à cette situation, dit-elle. « On dit depuis des années qu’on peut répondre à la demande. Mais personnellement, je ressentais le besoin d’en faire la promotion active, parce que c’est sûr qu’on ne rejoint pas toutes les clientèles potentielles, et qu’au fil du temps, elles ont peut-être senti que ce n’était pas pour elles. » À son avis, le problème n’en est pas un d’attrait du français.

     

    Première étape

     

    La campagne vise particulièrement les personnes qui ne sont pas sélectionnées pour leur profil linguistique ou professionnel — par exemple, les conjoints de travailleurs qualifiés ou ceux qui arrivent par des programmes de réunification familiale.

     

    Selon Kathleen Weil, l’annonce de lundi est « importante. Il y a eu beaucoup de reportages sur comment rejoindre cette clientèle qui semble éloignée des cours de français », a-t-elle dit. Et en quoi une campagne de promotion en plein mois d’août permettra-t-elle d’y arriver ? La ministre répond notamment que les médias des communautés culturelles sont très lus… et aussi que ce n’est qu’une première étape.

     

    En septembre, Québec lancera ainsi le deuxième volet de cette initiative. Quelque 500 000 $ serviront à aider les organismes d’accueil et d’aide des immigrants à être des « relayeurs » de cette campagne.













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