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    Lettre

    Il faut revoir en profondeur le rôle de l’État-providence

    8 juillet 2016 | Adrien Pouliot, chef du Parti conservateur du Québec Le 7 juillet 2016 | Québec

    Dans une lettre d’opinion parue dans Le Devoir le 6 juillet, le président de la CSN se désolait des surplus budgétaires engrangés par le gouvernement du Québec. De mon côté, je m’en réjouis. Les déficits sont des vols intergénérationnels où les bénéficiaires présents vivent au-dessus de leurs moyens aux crochets des générations futures de contribuables.

     

    Par contre, M. Létourneau a raison de dire que le vrai record, c’est que la population est tarifée plus que jamais. C’est en effet le contribuable qui a été le plus mis à contribution pour atteindre le surplus. Les revenus autonomes de l’État ont augmenté de 4,4 % en 2015-2016. Or, l’inflation au Québec a à peine dépassé 0,7 % d’avril 2015 à mars 2016. C’est donc dire que le rythme de croissance des revenus puisés dans les poches des contribuables a été de six fois celui de l’inflation. Par ailleurs, les revenus des quelque 60 organismes non budgétaires (par exemple : la Société d’habitation du Québec, la Financière agricole, la RAMQ, la SAAQ et l’Agence métropolitaine de transports) ont bondi de 5,8 %, huit fois l’inflation !

     

    L’austérité sauvage dont parle M. Létourneau doit être relativisée. Il n’y a pas eu de coupes dans les dépenses de programmes depuis deux ans. Quand on ajoute la croissance de celles-ci à la hausse des dépenses des organismes non budgétaires, on constate une hausse de 2,3 milliards de dollars en deux ans, un taux de croissance près de la moitié plus élevé que l’inflation au Québec pendant cette période.

     

    Mais la dette du Québec, elle, a continué d’augmenter de belle façon depuis deux ans. Le plus récent budget prévoyait une hausse de 3,7 milliards de la dette brute, excluant l’augmentation de la dette des universités, des municipalités et des autres entreprises sous la responsabilité finale du gouvernement. Depuis deux ans, la dette brute aura augmenté de près de 10 milliards et elle devra être remboursée par des impôts futurs.

     

    La triste réalité, c’est que l’État québécois sera toujours inefficace à livrer les services à la population. Seule une réflexion en profondeur sur le rôle de l’État-providence pourra nous sortir du cul-de-sac dans lequel nous nous trouvons, où les contribuables sont saignés à blanc et où la qualité des services ne cesse de diminuer.













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