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    Sam Hamad aurait favorisé Marc-Yvan Côté

    Le ministre a fait pression pour l’obtention de subventions, selon l’émission «Enquête»

    1 avril 2016 |Philippe Orfali | Québec
    Des échanges de courriels obtenus par «Enquête» semblent démontrer que M. Hamad fournissait des informations privilégiées et des conseils à M. Côté.
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Des échanges de courriels obtenus par «Enquête» semblent démontrer que M. Hamad fournissait des informations privilégiées et des conseils à M. Côté.

    Le gouvernement de Philippe Couillard se murait dans le silence et les partis d’opposition réclamaient une fois de plus la démission du président du Conseil du trésor, Sam Hamad, jeudi, à la suite de nouvelles révélations sur l’étroite relation entre ce ministre libéral et l’homme d’affaires Marc-Yvan Côté, arrêté la semaine dernière par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

     

    Des échanges de courriels obtenus par l’émission Enquête de Radio-Canada semblent démontrer que le ministre Hamad fournissait des informations privilégiées et des conseils à Marc-Yvan Côté, vice-président du conseil d’administration de l’entreprise Premier Tech, qui a reçu au fil des années des dizaines de millions de dollars de subventions de Québec et d’Ottawa. Il allait même jusqu’à militer à la demande de l’entreprise pour que celle-ci obtienne des subventions gouvernementales, selon les propos contenus dans ces échanges.

    Sam Hamad doit être exclu du conseil des ministres
    Bernard Drainville, député du Parti québécois
     

    Arrêté en même temps que l’ex-ministre libérale Nathalie Normandeau, Marc-Yvan Côté travaillait, quant à lui, de façon « significative » au financement politique du Parti libéral du Québec. Dans des courriels envoyés au président et chef de l’exploitation de Premier Tech, Jean Bélanger, M. Côté parle même de M. Hamad comme de « [s] on ami ».

     

    À cette époque, en 2010, Premier Tech tente de convaincre le gouvernement Charest et Investissement Québec (IQ) de l’appuyer financièrement pour qu’elle puisse se porter acquéreur d’un concurrent. « Jean, je rappelle que Sam [Hamad] a offert son aide pour convaincre le Trésor, écrit M. Côté. J’attends d’ici la fin de la journée le retour de Sam qui parlera à [au président d’IQ, Jacques] Daoust. […] Dès le retour [d’appel] de Sam, je te fais rapport », écrit Marc-Yvan Côté.

     

    Le lendemain, M. Côté écrit : « Mon ami vient de me faire rapport. Il a d’abord parlé à Daoust et à [Clément] Gignac », le ministre du Développement économique.

     

    Pendant tout ce temps, malgré ces échanges nombreux avec M. Hamad, M. Côté ne s’est jamais inscrit au registre des lobbyistes pour Premier Tech, ce qui contreviendrait aux règles. C’est sans compter le fait que l’entreprise se trouvait en possession d’informations privilégiées sur les discussions tenues entre ministres.

     

    D’autres courriels, ceux-là remontant à 2008, démontrent la volonté des dirigeants de Premier Tech de contribuer par un montant « significatif » au financement du PLQ. En quatre ans, les dirigeants de Premier Tech et leurs familles auraient versé plus de 20 000 $ à la caisse du PLQ. À lui seul, M. Côté et sa famille auraient donné 17 000 $ à la formation.

     

    Expulsion exigée

     

    Les trois partis d’opposition ont exigé sur-le-champ que Philippe Couillard expulse Sam Hamad du conseil des ministres, le temps que la lumière soit faite.

     

    « Vu le sérieux des révélations, nous demandons une enquête de l’UPAC et du commissaire à l’éthique sur Sam Hamad », a commenté Bernard Drainville, du Parti québécois, estimant qu’il est nécessaire que M. Hamad soit exclu des rangs de la députation libérale d’ici là.

     

    La CAQ, pour sa part, a qualifié d’« extrêmement inquiétante » cette proximité « entre un homme qui veut obtenir des subventions gouvernementales et un ministre qui lui a, peu de temps après, accordé les subventions demandées. »« Le premier ministre ne peut laisser planer aucun doute sur l’intégrité de son gouvernement », a insisté le député Éric Caire.

     

    Amir Khadir, de Québec solidaire, exige, à l’instar de la CAQ, le déclenchement d’une enquête du commissaire à l’éthique et du commissaire au lobbyisme de l’Assemblée nationale. « Cela démontre une violation claire des lois en matière de lobbying et un manque grave à notre code d’éthique et déontologique en tant que député. »

     

    Il n’a pas manqué de rappeler que Marc-Yvan Côté avait été banni à vie du Parti libéral du Canada, en 2005, à la suite des travaux de la commission Gomery, ce qui n’avait pas empêché le PLQ de « faire appel à ses services pour du financement jusqu’en 2012 ».

     

    Le bureau du premier ministre Couillard, quant à lui, s’est abstenu de tout commentaire, tout comme celui de M. Hamad.













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