Bouillonnement politique à Québec

Un sondage Léger, publié dans «Le Devoir» et «Le Journal de Montréal», a révélé cette semaine qu’une forte majorité de Québécois a perdu confiance envers la classe politique.
Photo: Andrew Cribb Getty Images Un sondage Léger, publié dans «Le Devoir» et «Le Journal de Montréal», a révélé cette semaine qu’une forte majorité de Québécois a perdu confiance envers la classe politique.

Coup sur coup, deux appels à « refonder » la politique québécoise viennent de résonner. Devant la domination sans partage du Parti libéral du Québec (PLQ), l’ancien député péquiste Camil Bouchard invite même le Parti québécois (PQ) à mettre en veilleuse la souveraineté pour se concentrer sur la rénovation du modèle québécois issu de la Révolution tranquille.

 

L’ex-universitaire et député péquiste croit que le Québec doit sortir du débat sur l’indépendance pour régler de toute urgence les problèmes sociaux qui s’aggravent sous le gouvernement libéral, selon lui. Par un curieux hasard, l’avocat et auteur Paul St-Pierre Plamondon, cofondateur du groupe Génération d’idées, tient exactement le même discours : il s’apprête à lancer un mouvement politique voué à devenir un parti en bonne et due forme, a appris Le Devoir.

 

Le mouvement des orphelins politiques — qui cherche à mettre fin à l’hégémonie du PLQ mais ne se reconnaît dans aucun autre parti — doit tenir un premier rassemblement le 19 avril à Montréal. Ce soir-là, à l’Écomusée du fier monde, rue Amherst, Paul St-Pierre Plamondon et une dizaine de ses proches présenteront ce qui se veut un projet de société progressiste et nationaliste, sans être indépendantiste. Un peu comme la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, mais de centre gauche plutôt que de centre droit.

Il faut se rendre à l’évidence: le Québec se trouve dans un cul-de-sac démocratique. Les libéraux peuvent demeurer au pouvoir jusqu’en 2022, et peut-être même jusqu’en 2026, parce qu’aucun des autres partis politiques ne semble capable de gagner contre le PLQ.

 

Ce mouvement des « orphelins » vise à fédérer les six électeurs sur dix qui ont tourné le dos au PLQ lors de l’élection générale d’avril 2014 (le PLQ de Philippe Couillard a été élu avec 41,5 % des voix). Cela passe nécessairement par un projet plus rassembleur que l’indépendance du Québec, qu’une majorité d’électeurs rejette sans équivoque, estime Paul St-Pierre Plamondon.

 

« Il faut se rendre à l’évidence : le Québec se trouve dans un cul-de-sac démocratique. Les libéraux peuvent demeurer au pouvoir jusqu’en 2022, et peut-être même jusqu’en 2026, parce qu’aucun des autres partis politiques ne semble capable de gagner contre le PLQ », dit le fondateur du mouvement des orphelins.

 

« On a aussi constaté, dans les sondages publiés par Le Devoir cette semaine, que les électeurs sont désabusés. Le niveau de confiance envers la classe politique est tellement bas que les candidats potentiels hésitent à se lancer en politique. Il y a plus de talent à l’extérieur des partis que dans les partis. On doit fonder un mouvement dans lequel la population peut avoir confiance », ajoute Paul St-Pierre Plamondon.

 

Le référendum sur la voie d’évitement

 

L’ancien péquiste Camil Bouchard, qui a siégé entre 2003 et 2010 à l’Assemblée nationale, fait le même diagnostic. Il est lui aussi convaincu que le Québec a besoin d’un parti progressiste qui mettrait de côté le projet souverainiste, seule façon de déloger les libéraux, selon lui. « Je pense qu’on a besoin d’une nouvelle proposition politique. Il faut se sortir de cette dynamique où on a un parti qui peut faire à peu près n’importe quoi et qui va être réélu, [même] en pleine commission Charbonneau », a dit Camil Bouchard à l’émission Bazzo.tv jeudi soir. Il a décrit lui-même sa sortie comme un « cri du coeur ». Il n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue.

 

L’ancien député péquiste reste indépendantiste, mais « la population n’est pas là présentement », estime-t-il. Au scrutin d’avril 2014, il a suffi que Pierre Karl Péladeau lève le poing en l’air en promettant un pays pour que les électeurs se réfugient au PLQ. La menace d’un référendum, même hautement hypothétique, est le meilleur argument électoral des libéraux, déplorent Camil Bouchard et Paul St-Pierre Plamondon.

 

« Il faut avoir le courage de reconnaître qu’on est rendus là. Deuxièmement, il faut que le Parti québécois puisse se pencher sérieusement sur la question et se dire : “Est-ce que mon article numéro 1 [qui prône un référendum sur l’indépendance au moment jugé approprié par le gouvernement] est toujours correct ?” », a dit l’ex-député à Bazzo.tv.

 

« Camus disait : “Si j’ai à sauver ma mère ou l’idéologie, je vais sauver ma mère.” Je pense qu’il faut sauver le bien-être des concitoyens québécois, ça presse. On a un gouvernement qui est fichûment à droite et au centre droit. Ce n’est pas un gouvernement du PLQ, c’est un gouvernement du PLQ et de la CAQ. Il y a trois ministres qui nous viennent de la CAQ et les deux plus gros ministères sont gérés par des caquistes », a ajouté Camil Bouchard.

 

Protéger le modèle québécois

 

Paul St-Pierre Plamondon a évoqué l’idée de lancer un mouvement politique dans son essai Les orphelins politiques, publié à l’automne 2014 chez Boréal. En entrevue avec Le Devoir, l’avocat aujourd’hui âgé de 38 ans avait souligné l’urgence de reconstruire la société québécoise en faisant de l’éducation la priorité absolue. Le Québec est une société analphabète : près d’un Québécois sur deux a de la difficulté à lire un simple article de journal.

 

Malgré le soi-disant « réinvestissement » du gouvernement Couillard en éducation, les libéraux sont en train de sacrifier le modèle québécois, estime Paul St-Pierre Plamondon. « On a un besoin urgent de trouver une solution au cul-de-sac démocratique du Québec. Il faut être proactif par rapport au démantèlement des piliers de la société québécoise — les écoles, les CPE, le système de santé et les petits organismes qui font un travail très important, notamment dans les régions », dit-il.

 

Le politologue Guy Laforest n’est pas étonné par le bouillonnement qui secoue le monde politique québécois. Un sondage Léger, publié dans Le Devoir et Le Journal de Montréal, a révélé cette semaine qu’une forte majorité de Québécois a perdu confiance envers la classe politique. L’arrestation de l’ex-ministre Nathalie Normandeau et de six autres personnages politiques proches du PLQ et du PQ a porté un dur coup à la crédibilité des élus. Signe que la crise de confiance fait mal aux libéraux, une coalition entre le PQ et un autre parti d’opposition aurait remporté un scrutin qui aurait eu lieu dans la dernière semaine, selon le sondage.

 

Un nouveau parti aurait davantage de chance de gagner s’il prône le maintien du lien avec le Canada, estime Guy Laforest (qui a été candidat et vice-président de l’Action démocratique du Québec entre 2002 et 2004). « Entre 70 et 75 % des Québécois ont un attachement substantiel, très fort ou fort envers le Canada, en plus de leur attachement au Québec », indique le professeur dans un courriel transmis au Devoir.

45 commentaires
  • Mathieu Bouchard - Abonné 26 mars 2016 02 h 34

    Fraude intellectuelle

    Ça fait des dizaines de fois que je lis la même chose, dans des articles de divers journaux : on justifie quelque chose par une vague référence à une statistique sur l'alphabétisation obtenue en faisant subir un test de niveau de difficulté arbitrairement élevé, mais surtout, de niveau de difficulté inconnu du lecteur, et dramatisé pour l'occasion (« un simple article de journal »). On atteint alors le peuple québécois dans sa honte traditionnelle d'être Québécois, son sentiment d'infériorité.

    Pourtant, le test dont il est question, au test de « littératie de niveau 3 ou plus » (ou, à la négative, « littératie de niveau inférieur à 3 »), les Québécois n'obtiennent pas des proportions particulièrement mauvaises pour un pays développé. Par exemple, en France, c'est 57% qui auraient « de la difficulté à lire un simple article de journal », donc nettement plus qu'au Québec. TOUTES les provinces canadiennes comportent plus de 40% de gens ayant « de la difficulté à lire un simple article de journal », selon le même test.

    Nous nous faisons tous avoir sur les définitions des mots « simple » et « difficulté à lire ». En particulier, parmi ceux qui se font avoir, il y a des gens de niveau linguistique supérieur à la moyenne mais qui sont incapables de détecter un tel paralogisme, tout en prétendant être de ceux qui valorisent le plus la connaissance et l'éducation.

  • Gilles Trudel - Abonné 26 mars 2016 07 h 59

    Non,pas d'accord a mettre le projet de coté

    Pas d'accord a mettre la souveraineté sous le tapis,lors des dernières élection ce sont les gens du PQ qui ne sont pas aller voté,les hautes instance du PQ ce sont dépècher a rabaisser le bras de PKP et on a plus entendu parler de souveraité,le pointage démontre cette affirmation dans plusieurs comtés

    • Maxime Parisotto - Inscrit 26 mars 2016 19 h 41

      j'ai une nouvelle pour vous: le Québec ne sera pas indépendant, alors en attendant, est-ce qu'on pourrait juste faire ce qu'il faut pour que le Québec s'améloire?

    • Gilles Théberge - Abonné 28 mars 2016 14 h 59

      En attendant monsieur parisotto, on serre les coudes et on se rallie. c'est pas en multipliant les QS et les ON qu'on va battre Couillard.

      Et on se rallie au plus fort. En attendant, le plus fort c'est le PQ.

      C'est pas dur à comprendre me semble...!

  • Pierre Desautels - Abonné 26 mars 2016 08 h 23

    Combler un vide...


    Ce qui est certain, c'est qu'il y a un vide politique au Québec. Le PLQ, le PQ et la CAQ sont des partis de centre droit et Québec solidaire (à tort et à raison) est perçu comme trop radical. Les électeurs du centre et de centre gauche (ils sont nombreux) se sentent laissés pour compte. Ce nouveau débat sera de toute façon rafraîchissant...

    • Josée Desharnais - Abonnée 27 mars 2016 17 h 35

      En effet! il faudrait que les jeunes et les anglophones puissent s'y retrouver, eux aussi. Qui sait, si avec un tel parti on arrive à retrouver confiance aux élus, la marche vers la souveraineté s'enclenchera-t-elle d'elle-même. Les fédéralistes (même mous) n'écoutent plus, ça ne sert à rien de crier plus fort. Mieux vaut les amener ailleurs qu'au PLQ. Ça servirait peut-être au minimum à diviser le vote.

      Par contre, ce sera difficile de convaincre les électeurs que ce parti ne veut pas l'indépendance: si les fondateurs sont indépendantistes, ils seront soupçonnés d'un agenda caché, et comme on sait, en campagne électorale, il n'y a pas de fumée sans feu et autre raccourcis...

    • Gilles Théberge - Abonné 28 mars 2016 15 h 05

      Et pourquoi les «Jeunes anglophones» ne pourraient pas voter pour le PQ?

      Est-ce qu'on prends pour acquis que les jeunes anglophones ne sont as des québécois?

      Ya pas de «jeunes anglophones» qui ne sont pas conscient du cul de sac Fédéral dans lequel tout la société Québécoise est pognée depuis des lustres...?

      Y serait temps que les «jeunes anglophones» se Québécisent vous trouvez pas?

      Dôle de logique!

  • Ghisline Larose - Inscrite 26 mars 2016 08 h 30

    Bouillonnement politique? Vraiment?

    Le peuple québécois commence bien des choses et ne saitt ou ne veut mener à terme--- Vraiment déçue de Paul St-Pierre Plamondon--- .. Pourquoi ne pas essayer de partir avec ce qui est et d'améliorer? On frappera encore et encore le mur j'ai bien peur--- ...

  • Gilles Gagné - Abonné 26 mars 2016 09 h 41

    Quand on est rendu à renier ses convictions politiques pour penser se débarrasser des libéraux c'est faire marche arrière solide, c'est encore une autre fois se contruire un autre radeau de sauvetage sur lequel une autre portion de la polpulation prendra place. Pendant ce temps la croisière libérale s'amuse ferme, qu'a-t'elle à s'inquièter d'une opposition qui ne trouve rien que de se diviser?

    La démarche à laquelle il faut adhérer est celle que poursuit intelligemment Mme Hivon autrement ce sera se pèter continuellement la face sur la première marche de l'escalier. Qu'on arrête donc de s'égarrer!

    • Claude Bariteau - Abonné 26 mars 2016 13 h 30

      Monsieur Gagné, vous avez totalement raison et Camil Bouchard, qui se dit souverainsite et référendiste, est à l'image de Lucien Bouchard, qui n'a jamais été indépendantiste.

      Qui plus est, il parle de référendum sans même dire que c'est une approche piégée depuis la loi sur la clarification.

      Il devrait : 1) regarder ce qui se passe et ce qui se passe est la déconstruction du Québec à la fois par le Canada et son serviteur local, le PLQ, 2) penser non pas à remplacer le PLQ pour refaire le Québec dans le Canada, ce qui est devenu une mission impossible, mais à sortir du Canada et à le dire haut et fort sur les ondes de Radio-Canada, ce qui lui vaudra de ne plus être invité, car les invités doivent y tenir des propos comme ceux qu'il a prononcés pusiqu'ils ne remettent pas en cause le Canada.

      Quant à Guy Laforest, il a contribué au virage de l'ADQ vers une adhésion au Canada pour des motifs qu'il devrait expliquer, ce qu'il ne fera jamais car ce serait révélé ses attentes après le référendum de 1995. Qu'il prétende que le peuple québécois est canadien dans l'âme ne me surprend pas, car c'est probablement pour des attentes similaires.

    • Jacques Lamarche - Abonné 27 mars 2016 16 h 59

      Rejeter la souveraineté pour vaincre les libéraux ferait reculer le Québec d'un demi-siècle d'efforts pour se libérer! Le recul serait pire que celui provoqué par l'austérité libérale, la démobilisation plus grande que celle entraînée par le dernier échec réfédendaire.

      Plus que des ententes entre partis d'opposition, c'est la souveraineté qui pourrait vaincre les libéraux!

      Les forces souverainistes pourraient gagner en proposant l'indépendance sous l'angle d'un projet davantage financier et économique qui, chiffres à l'appui, pourrait séduire! C'est faisable dans la mesure où la proposition puisse toucher une clientèle caquiste plus près de considérations terre-à-terre. Si le fédéralisme n'est pas rentable, comme les indépendantistes aiment à le croire, il y a sûrement moyen de démontrer que l'indépendance l'est!!! Sinon pourquoi chercher à la réaliser!

      Le pire à faire, messieurs Bouchard et St-Pierre-Plamondon, serait d'offrir d'autres options et d'accroître davantage la division! En proposant d'autres voies, vous ne faites qu'ajouter au discrédit dont souffrent déjà les partis d'opposition et leur chef! Vous réussiriez alors qu'eux auraient échoué!!! Tout de même!

    • Claude Bariteau - Abonné 28 mars 2016 10 h 47

      Oui, monsieur Lamarche, ce serait un RECUL, du même genre que celui qui s'est produit après 1840 avec les petis notables locaux, dont le politicien La Fontaine et le cuté devenu Mgr Bourget.

      Il a fallu 120 ans pour qu'un réveil se manifeste, qui fut, dès le début, investi par des néo-nationalistes désireux de penser PROVINCIAL. Legault, Bouchard, St-Pierre Plamondon et Laforest ne font qu'imiter ce polititcien et ce Mgr.

      Aujourd'hui, il y a plusieurs politiciens ex-souverainistes, plusieurs analystes ex-souverainistes, plusieurs hommes d'affaire ex-souverainistes, plusieurs artistes, ex-souverainistes, qui ont plongé tête première dans cette voie.

      Il y a, ne l'oublions pas, Radio-Canada, qui remplace la parole de Dieu, dont la cathédrale-maison-mère est à vendre, l'objectif étant de renforcer des quasi-cathédrales à Sherbrooke, Trois-Rivières, Québec, Saguenay. Puis l'apparition d'un canal oecuménique, le 609, qui diffuse en français et anglais, bientôt espagnol, chinois, arabe, et cetera.

      C'est ainsi que le RECUL est dans l'air alors qu'il importe, pour l'éviter, de revenir à ce qui unissait les Patriotes : un projet commun visant à changer l'ordre politique pour que ce qui se construit au Québec soit l'oeuvre des Québécois et des Québécoises, mais pas celles de Canadiens qui ont remplacé les Britanniques.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 28 mars 2016 22 h 14

      "Oui, monsieur Lamarche, ce serait un RECUL, du même genre que celui qui s'est produit après 1840 avec les petis notables locaux, dont le politicien La Fontaine et le cuté devenu Mgr Bourget.

      Il a fallu 120 ans pour qu'un réveil se manifeste, qui fut, dès le début, investi par des néo-nationalistes désireux de penser PROVINCIAL. Legault, Bouchard, St-Pierre Plamondon et Laforest ne font qu'imiter ce polititcien et ce Mgr." Claude Bariteau

      Je me suis permis de reprendre vos paroles, non pour les critiquer mais parce que vous exprimez clairement ce que je pense au niveau du parallèle politique que vous établissez entre 1840-1867 et le pacte des provincialistes de l'élite québécoise avec l'establishment canadian.

      L'écran de fumée, ou le discours entretenu par les provincialistes québécois (bourgeois et petits-bourgeois - "indépendantistes" ou fédéralistes), c'est de réduire la question nationale en un simple rapport de "distinction". Au temps de Duplessis c'était une distinction de langue et de religion pour justifier le pouvoir politique de l'union nationale et du clergé, les deux profondément enracinés dans la population rurale. Aujourd'hui, après une révolution tranquille qui a fait naître des élites économiques et culturelle, la distinction du Québec avec le Canada s'est réduite à seulement la langue et la culture "francophone" du Québec. En effet, depuis l'ère Bouchard, le PQ est devenu dans les faits souverainiste "provincialiste", en reduisant son action vis-à-vis d'Ottawa à quémander les prérogatives des droits provinciaux acquis.
      Que la revendication pour l'indépendance n'ait plus d'écho, comment s'en surprendre alors que le PQ qui dit porter cette revendication l'a vidée de sa substance!
      Et quelle serait la substance de cette souveraineté? Sinon le résultat d'une profonde révolution sociale, politique, économique où pour une première fois dans l'histoire du Québec ses habitants réelles, dans une Constituante, déterminent collectivement leur aven