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    Un seul et même parti

    Dix des ministres de Philippe Couillard (et lui-même) ont travaillé avec l’ex-vice-première ministre au sein du cabinet Charest

    18 mars 2016 | Philippe Orfali Avec Antoine Robitaille et Marco Bélair-Cirino | Québec
    L’ancien premier ministre Jean Charest, qui avait nommé Nathalie Normandeau au poste de ministre, est présentement à l’extérieur du pays. Il ne fera « aucun commentaire », a indiqué l’un de ses collaborateurs au bureau d’avocats McCarthy Tétrault, Grégory Larroque.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ancien premier ministre Jean Charest, qui avait nommé Nathalie Normandeau au poste de ministre, est présentement à l’extérieur du pays. Il ne fera « aucun commentaire », a indiqué l’un de ses collaborateurs au bureau d’avocats McCarthy Tétrault, Grégory Larroque.

    Si jamais Nathalie Normandeau devait refuser de couler seule en révélant tout ce qu’elle sait sur les stratagèmes de financement politique au Québec, elle pourrait en « faire tomber une méchante gang » au sein du Parti libéral, estime l’ex-numéro un de l’opération Diligence, Sylvain Tremblay. Parce que, quoi qu’en dise Philippe Couillard, les liens entre « l’ancienne garde » de Jean Charest et la sienne sont encore nombreux.

     

    Aujourd’hui à la retraite, l’ex-enquêteur de la Sûreté du Québec a souvent exprimé ouvertement son scepticisme face au travail de la commission Charbonneau et celui de l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Même s’il demeure sur sa faim, il juge que les arrestations de jeudi ont de quoi faire frémir M. Couillard et certains de ses ministres. « S’il fallait que Mme Normandeau se mette à table et [se] dise “c’est pas vrai que je vais tomber toute seule” et qu’elle nous explique vraiment le financement du PLQ […] elle pourrait vraiment éclaircir [la situation] pour les contribuables qui se sont fait flouer pendant des années », a estimé M. Tremblay, qui fut l’un des principaux responsables des opérations SharQc et Diligence de la SQ.

     

    « Elle peut en faire tomber une méchante gang. »

     

    Pourtant, jeudi matin, Philippe Couillard a tenté de minimiser les liens entre sa formation et celle que dirigeait Jean Charest jusqu’en 2012. Il a déclaré que ces arrestations témoignent d’une autre époque. « Le parti que je dirige actuellement a une pratique exemplaire en financement politique », a-t-il soutenu.

     

    Il a toutefois omis de préciser qu’avant de rompre tous ses liens avec le PLQ au cours des derniers mois, Nathalie Normandeau avait été appelée en renfort à plus d’une reprise afin d’aider (bénévolement) à former divers candidats libéraux novices.

     

    De plus, onze des ministres de Philippe Couillard (et lui-même) ont travaillé côte à côte avec l’ex-vice-première ministre au sein du cabinet Charest : Sam Hamad, Julie Boulet, Lise Thériault, Jean-Marc Fournier, Pierre Moreau, Christine St-Pierre, Laurent Lessard, Kathleen Weil, Geoffrey Kelley, Dominique Vien et Nicole Ménard.

     

    Du lot, M. Fournier, le leader parlementaire du gouvernement, fut l’un des rares libéraux à commenter l’arrestation de Mme Normandeau. « [L’UPAC] fait son travail. Je pense que c’est pour le mieux », a-t-il affirmé. Les autres ex-collègues de Mme Normandeau, tout comme M. Charest, ont préféré s’en tenir à un « pas de commentaires ».

     

    C’est le cas de Julie Boulet, qui avait été tenue à l’écart du premier cabinet ministériel de M. Couillard après son passage remarqué devant la commission Charbonneau, mais qui a réintégré le conseil des ministres au plus récent remaniement. Une partie de son témoignage avait été discréditée par le rapport final de la CEIC.

     

    « Du monde correct », dit l’ex-président du PLQ

     

    Robert Benoît, ancien président du Parti libéral (1985-1989) et député libéral d’Orford (1989-2003), défend quant à lui bec et ongles ses anciens alliés politiques, tels que Mme Normandeau et M. Côté. Celui qui, devant la CEIC, avait désigné l’arrivée de Jean Charest en politique provinciale comme point de départ du changement de culture au sein du PLQ estime aujourd’hui que la faute revient ni plus ni moins à l’ancien premier ministre.

     

    « Comment ça se fait que ça chavire avec l’arrivée de monsieur Charest ? C’est la question que je me pose. […] Ce n’était pas la culture du parti sous Robert Bourassa, Claude Ryan ou Daniel Johnson. Tout ça va se passer […] quand M. Charest prend le pouvoir. »


    Pire que le scandale des commandites, selon la CAQ et QS Les arrestations menées par l’UPAC seraient venues confirmer ce qui était déjà bien connu sur la colline parlementaire, à savoir que les deux principales formations politiques du Québec mènent depuis des années leurs campagnes avec de l’« argent sale », ont fanfaronné jeudi la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire (QS), affirmant tous deux être les seuls à être à l’abri de tout soupçon. « Plus personne ne peut nier que le système de corruption et de collusion fut bien implanté au Parti libéral du Québec (PLQ), a estimé la porte-parole de QS Françoise David. Nous espérons que l’enquête se poursuivra pour démasquer tous les responsables politiques. »

    Porte-parole en matière d’intégrité à la CAQ, Nathalie Roy a exigé que le premier ministre présente des excuses au nom du PLQ, en plus de s’engager à rembourser chaque cent d’argent « souillé » qui aurait été amassé illégalement dans le cadre du stratagème allégué. « Ce scandale est pire que le scandale des commandites. […] Nous demandons à M. Couillard de jurer qu’il n’y aura pas d’autres membres du Parti libéral qui se feront accuser de corruption. » Selon elle, Philippe Couillard ne peut se dissocier des gestes allégués. Il était, tout comme Mme Normandeau, un membre influent du gouvernement Charest, a-t-elle rappelé.












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