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    L’enregistrement des armes pour prévenir le suicide

    18 mars 2016 | Jérôme Gaudreault - Directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide (aqps.info) | Québec
    L’une des mesures les plus efficaces pour prévenir le suicide est la réduction de l’accès aux moyens de s’enlever la vie, dont l’arme à feu.
    Photo: Getty Images L’une des mesures les plus efficaces pour prévenir le suicide est la réduction de l’accès aux moyens de s’enlever la vie, dont l’arme à feu.

    Trois suicides sont commis chaque jour au Québec, alors qu’il s’agit d’une cause de décès évitable. L’une des mesures les plus efficaces pour prévenir le suicide est la réduction de l’accès aux moyens de s’enlever la vie, dont l’arme à feu. Ce moyen est extrêmement létal et n’offre que très rarement une seconde chance à la personne en détresse. La personne suicidaire ne veut pas mourir, elle souhaite cesser de souffrir. Non seulement sa vision des choses est troublée par sa souffrance, mais elle est ambivalente face à la mort jusqu’à la toute dernière minute. La présence d’une arme à feu représente donc un risque majeur dans ces circonstances ; elle amplifie l’impulsivité du geste et donne peu de temps aux proches et aux intervenants pour effectuer une intervention qui permettrait de sauver une vie.

     

    C’est pourquoi le contrôle des armes est si important. La simple présence d’une arme à feu dans la maison multiplie par cinq les risques de suicide et près du tiers des personnes qui utilisent une arme à feu pour se suicider ne sont pas propriétaires de l’arme. Ajoutons que la plupart des décès par arme à feu sont des suicides et impliquent des armes d’épaule. Ils sont souvent le fait de personnes en détresse.

     

    Le gouvernement a donc le devoir de réglementer l’accès aux armes à feu. D’ailleurs, les pays ayant un contrôle plus serré des armes à feu présentent un taux de suicide avec ce moyen inférieur aux pays qui n’en ont pas. Leur enregistrement permet de sauver des vies, car il a notamment pour effet de réduire le nombre d’armes en circulation. Il est démontré que moins il y a d’armes en circulation, moins il y a de suicides. Un registre facilite le travail des policiers lorsqu’ils doivent intervenir avec une personne présentant un risque de suicide, il favorise la responsabilisation des propriétaires d’armes en les incitant à respecter les normes et permet la traçabilité. Les nombreux suicides par arme à feu ont un coût énorme pour notre société. Nous n’avons pas les moyens de nous priver d’un outil efficace pour prévenir d’autres drames.

     

    L’ensemble des mesures fédérales adoptées à la suite de la tuerie à Polytechnique, dont l’enregistrement de toutes les armes, a été associé à une baisse phénoménale des suicides par arme à feu. Au Québec, nous avons constaté une baisse de 60 % des suicides par arme à feu entre 1995 et 2008, et ce, sans indice de substitution avec d’autres moyens.

     

    Plusieurs personnes qui ont eu des idées suicidaires dans le passé sont avec nous aujourd’hui et vont bien. Ce n’aurait peut-être pas été le cas si elles avaient eu un accès facile à une arme à feu. Pour ces raisons, nous appuyons sans réserve le projet de loi 64 sur l’immatriculation des armes d’épaule.













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