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    Aide sociale

    La réforme mènera des jeunes à l’itinérance, estime le RSIQ

    26 février 2016 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    Photo: iStock

    Plusieurs jeunes seront condamnés à l’itinérance advenant la mise en branle de la réforme de l’aide sociale du gouvernement libéral, appréhende le coordonnateur du Réseau Solidarité Itinérance du Québec (RSIQ), Jean-François Mary.

     

    « Avec le projet de loi 70, le gouvernement va pousser un grand nombre [des nouveaux prestataires d’aide sociale] directement dans l’itinérance, car un chèque de 623 $, ça ne se coupe pas », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale jeudi.

     

    Le porte-parole de 300 organismes d’aide pour les personnes « en situation ou à risque » d’itinérance s’en prend à la volonté du ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, d’obliger les nouveaux demandeurs d’aide sociale « sans contraintes » à participer à au moins une rencontre dans un organisme spécialisé en employabilité sous peine de voir leur prestation mensuelle de 623 $ coupée de moitié.

     

    « Un chèque de 623 $, ça ne se coupe pas », a-t-il insisté, appelant le gouvernement libéral à respecter la Politique nationale de lutte à l’itinérance ainsi que le plan d’action interministériel qui en découle. « Nous aurions dû être entendus dans le cadre des consultations du projet de loi 70 pour faire valoir ces points de vue », a-t-il ajouté.

     

    Exclus

     

    M. Mary était flanqué des porte-parole du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec. Tous trois ont été exclus des consultations publiques sur le projet de loi 70. Ils ont toutefois été invités jeudi par les élus solidaire Françoise David et péquiste Dave Turcotte à exposer leurs préoccupations à l’égard de la réforme de l’aide sociale.

     

    La vice-présidente du SFPQ, Denise Boileau, a décrié l’insuffisance de ressources d’aide en réinsertion à l’emploi, notamment dans les centres locaux d’emploi (CLE). « Ce qu’on constate et qu’on dénonce, c’est qu’il y a une perte d’humanisation avec le personnel. Contrairement à ce que dit M. Blais, le personnel peut de moins en moins accompagner les gens physiquement », a-t-elle souligné, reprochant au gouvernement d’avoir resserré les effectifs des CLE de 25 % au fil de la dernière décennie.

     

    Le président de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec, Claude Leblond, a aussi accusé le gouvernement libéral de chercher à « se soustraire à sa responsabilité sociale envers les personnes qui, bien qu’officiellement aptes au travail selon des critères strictement médicaux, ne disposent pas toujours des ressources personnelles et sociales nécessaires pour s’en sortir elles-mêmes ».

     

    Mme David et M. Turcotte pressent M. Blais d’« aider les personnes appauvries à vivre décemment et à retrouver le chemin de l’employabilité dans une démarche volontaire, avec toutes les ressources nécessaires ».

     

    M. Blais a récemment dit faire face à un « blocage idéologique » de groupes communautaires en commission parlementaire. Ils font preuve de « radicalisation à l’envers » en écartant d’emblée toute forme de sanction pour inciter les jeunes à atteindre l’« Objectif emploi ».













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