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    Victor Goldbloom meurt à l’âge de 92 ans

    Reconnu pour son travail de politicien, l’homme a été engagé dans sa communauté jusqu’à la fin de sa vie

    17 février 2016 |Jessica Nadeau | Québec
    Victor Goldbloom, ici photographié en 1999, a connu une carrière politique remplie. Il a été le premier à occuper le poste de ministre de l’Environnement du Québec, en 1970.
    Photo: Tom Hanson Archives La Presse canadienne Victor Goldbloom, ici photographié en 1999, a connu une carrière politique remplie. Il a été le premier à occuper le poste de ministre de l’Environnement du Québec, en 1970.

    « J’ai eu toute une odyssée. » C’est par ces mots que Victor Goldbloom a choisi de clore son autobiographie, parue il y a un an à peine. Un adieu plein d’espoir pour l’homme de 92 ans qui est décédé mardi à la suite d’une crise cardiaque.

     

    Le public se souviendra surtout de lui comme d’un homme politique. Le père de la Loi sur l’environnement. Celui qui a livré les Jeux olympiques. Mais au-delà du politicien, Victor Goldbloom était d’abord et avant tout un homme engagé dans sa communauté qui voulait « bâtir des ponts » entre les hommes, quelles que soient leur langue, leur origine ou leur religion.

     

    « Depuis toujours, il était très engagé dans sa communauté. Et il l’a été jusqu’au dernier jour », raconte fièrement son fils, Jonathan Goldbloom, en entrevue au Devoir.

     

    La semaine dernière encore, il était assis avec le conseil d’administration du Quebec Community Groups Network (QCGN) pour se préparer à aller défendre le droit des commissions scolaires anglophones en commission parlementaire sur le projet de loi 86 qui veut réviser la gouvernance de ces institutions. « Il a toujours été très engagé, on pouvait l’appeler n’importe quand pour lui demander conseil ou discuter de divers sujets. Il avait un jugement et une sensibilité extraordinaires », soutient la directrice générale de l’organisme, Sylvia Martin-Laforge. Ironie du sort, cette dernière était justement en route pour Québec où s’ouvrait la très attendue commission parlementaire lorsque Le Devoir l’a contactée mardi. « Il devait faire partie de notre délégation, soupire Mme Martin-Laforge au bout du fil. Il va nous manquer, nous l’aimions beaucoup. »

     

    «Ambassadeur de la paix»

     

    À la Fondation de L’oeuvre Léger, on perd également un ami, un membre fondateur, un « ambassadeur de la paix », selon la directrice des programmes au Québec, Lucie Lauzon, visiblement très ébranlée. « Tout comme le Cardinal [Léger], l’être humain était au centre de ses préoccupations. Peu importe la langue, la religion ou la race, pour lui, c’était un être humain. C’est là que les deux hommes se rejoignaient. »

     

    Elle souligne l’incongruité apparente d’avoir eu un homme de confession juive président d’une fondation catholique. « C’est dire toute l’admiration qu’ils avaient l’un pour l’autre. C’est quelque chose dont le Dr Goldbloom était très fier. »

     

    Environnement

     

    Victor Goldbloom était également un politicien aguerri. Sous Robert Bourassa, le pédiatre a été le tout premier ministre de l’Environnement, en 1970. C’est lui qui a mené à la construction de l’usine d’épuration à Montréal. C’est lui aussi, avec son collègue Jean Lesage, qui a écrit la Loi sur l’environnement.

     

    « C’était un chic type, quelqu’un qui était très en avance sur son temps parce que bien peu de monde parlait alors d’environnement au gouvernement, se souvient l’environnementaliste de longue date André Bélisle. Il était très décidé, il a fait en sorte que l’environnement devienne un domaine d’intérêt majeur. Malheureusement, j’ai l’impression que ce ministère est plus faible aujourd’hui qu’il ne l’était à l’époque de Victor Goldbloom. »

     

    Homme de famille

     

    Après sa carrière politique, Victor Goldbloom a été président du Conseil canadien des chrétiens et des juifs (1979-1987), président du Bureau des audiences publiques sur l’environnement (1987-1990), commissaire aux langues officielles (1991-1999), président du Conseil d’administration de la Régie régionale de la santé et des services sociaux (2002-2014) et président du Congrès juif canadien, région du Québec depuis 2007. Il a reçu maints titres et doctorats honorifiques.

     

    Mais malgré toutes ses réalisations, il est resté un homme de famille, raconte son fils Jonathan. « Sa plus grande fierté, c’était sa famille. Il a toujours été présent pour mon frère, ma soeur et moi, de même que pour nos enfants. Il nous a toujours encouragés et il était fier de ce que nous étions et de ce que nous pouvions accomplir. »

     

    Espoir

     

    Dans ses Mémoires, Les ponts du dialogue, publiés l’an dernier, Victor Goldbloom lance un message d’espoir à la jeunesse. « Ma rétrospective sur ces quatre-vingt-onze années ne me donne pas de nostalgie pour le “ bon vieux temps ”. Ce “ bon vieux temps ” ne m’aurait jamais permis de devenir ce que j’ai pu être, d’avoir le privilège de contribuer à la société de la façon que j’ai racontée dans ce livre. J’éprouve une gratitude, une reconnaissance des plus profondes, et je regarde l’avenir avec espoir et avec joie. Ma devise a toujours été : une politique de présence. J’ai été présent partout, aussi souvent que possible. Mon message aux générations futures est simple : soyez présents. Soyez engagés. Soyez constructifs. »













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