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    Les services aux jeunes sont en péril, disent les intervenants

    Les fugues de jeunes femmes en centre jeunesse cette semaine ont remis en avant l’importance d’investir dans les programmes sociaux

    6 février 2016 | Marie-Michèle Sioui - Avec La Presse canadienne | Québec
    Philippe Couillard n’a pris aucun engagement précis destiné à prévenir d’autres fugues ou à mieux encadrer les centres jeunesse, comme celui de Laval.
    Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Philippe Couillard n’a pris aucun engagement précis destiné à prévenir d’autres fugues ou à mieux encadrer les centres jeunesse, comme celui de Laval.

    Pendant que le premier ministre, Philippe Couillard, assurait vendredi vouloir « prioriser la sécurité des jeunes », des organismes oeuvrant auprès d’adolescents vulnérables soulignaient qu’en raison des politiques et réformes de son gouvernement, les ressources d’aide peinent à offrir des services adéquats.

     

    Réforme de la santé, coupes dans les programmes de prévention, diminution des ressources : les politiques d’austérité du gouvernement Couillard ont des impacts bien réels dans la vie des adolescents, constatent ceux qui tentent de les aider, au terme d’une semaine où les fugues de quatre jeunes femmes fréquentant le Centre jeunesse de Laval ont fait les manchettes.

     

    « Il n’y a jamais de gros changements comme ça [la réforme de la santé] sans qu’il y ait de répercussions chez les usagers, malgré ce que disent les politiciens », a résumé Caroline Dufour, directrice des services aux jeunes chez Dans la rue, un organisme qui vient en aide aux adolescents sans-abri ou en situation précaire.

     

    Le pire, dit-elle, est encore à venir. Et il prend la forme d’un projet de loi libéral sur la réforme de l’aide sociale. « Le projet de loi 70, […] c’est une vraie machine à itinérants pour les jeunes », s’est inquiétée Mme Dufour. « On a des adolescents qui sont incapables de travailler en sortant des centres jeunesse, parce qu’ils ont des problèmes de toxicomanie, de santé mentale, des problèmes psychologiques. Ils vont être abandonnés. »
     

    Des programmes coupés

     

    Quand les jeunes ont 18 ans et qu’ils sortent des centres jeunesse, ce sont parfois des organismes comme les Auberges du coeur qui les prennent en charge. « Il y avait le programme de prévention à l’exploitation sexuelle des jeunes. Une auberge en avait bénéficié, mais il n’existe plus », s’est désolée la coordonnatrice des communications du regroupement, Isabelle Gendreau.

     

    « Malheureusement, le programme de financement en prévention du recrutement des jeunes aux fins d’exploitation sexuelle dans un contexte de gangs de rue a pris fin il y a six mois », a aussi souligné le directeur de la maison de jeunes Kekpart de Longueuil, Richard Desjardins.

     

    « Dans les médias, on met l’accent sur les centres jeunesse, sur les filles recherchées, mais on ne couvre pas l’aspect politique », a aussi réagi Nathalie Khlat, présidente de l’organisme de lutte contre la traite des personnes Le Phare des Affranchies. « Le gouvernement a la responsabilité de mettre en place une politique à propos de la traite de personnes », a-t-elle déclaré. Les nombreuses initiatives qui émanent des services de police, des organismes ou des gouvernements, comme le Projet Mobilis des Centres jeunesse de la Montérégie et du Service de police de l’agglomération de Longueuil, ne sont pas suffisantes à son avis.

     

    En décembre 2013, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité en faveur d’une motion qui exigeait que le gouvernement mette en place des mesures visant à lutter contre la traite des personnes et entame une réflexion sur le retour des cours d’éducation sexuelle à l’école. Un projet-pilote d'éducation sexuelle a été lancé à l'automne. « Et il n’y a rien eu depuis », a laissé tomber Mme Khlat.

     

    À Québec, Philippe Couillard n’a pris aucun engagement précis destiné à prévenir d’autres fugues ou à mieux encadrer les centres jeunesse. « Il faut avant tout prioriser la sécurité des jeunes, leur dignité, et rassurer les parents », a-t-il dit.

     

    Confrontés aux discours politiques et à la médiatisation du dossier, les intervenants ont cependant été unanimes : la question de la traite des personnes n’est pas nouvelle, loin de là. « Et ce n’est pas en barrant les portes [des centres jeunesse] qu’on va retenir les jeunes », a affirmé Caroline Dufour. « La fugue est un problème très complexe. […] Il faut comprendre le message que les jeunes essaient de passer et trouver quoi faire pour qu’ils n’aient pas le goût de fuir ces lieux-là », a-t-elle proposé.













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