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    Burkina Faso

    Une mère affligée attaque Trudeau

    La mère de Maude Carrier demande au PM d’engager le Canada dans les combats

    19 janvier 2016 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec

    Affligée, Camille Carrier exhorte le premier ministre fédéral, Justin Trudeau, à riposter à l’attentat terroriste de Ouagadougou, au Burkina Faso, dans lequel sa fille Maude a péri aux côtés de son père, de son demi-frère, de sa belle-mère et de deux amis.

     

    « Heille, il y a six Québécois de touchés. Pis de savoir qu’il ne participe pas aux combats. Même avant ça, j’avais honte de nous autres […] qu’il ne participe pas aux combats. Non, il fait de la petite éducation. Il veut envoyer des couvertes… qu’il aille donc les abattre, ces gens-là », a déclaré Mme Carrier, la voix étreinte par l’émotion, au micro d’Ici Radio-Canada.

     

    Elle s’est dite « révoltée » lundi d’entendre M. Trudeau multiplier les « formules creuses », les « lieux communs », « des choses qu’on utilise pour être poli, convenant » depuis la tuerie dans la capitale burkinabée. Selon un bilan provisoire, au moins trente personnes ont été tuées et une trentaine d’autres ont été blessées vendredi et samedi aux abords du bar-restaurant Cappuccino et de l’hôtel Splendid par des assaillants sous la férule d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). La famille Carrier a été touchée en plein coeur.

     

    M. Trudeau a condamné de vive voix l’attentat meurtrier de Ouagadougou, au Burkina Faso, mais également celui de Jakarta, en Indonésie, où un homme de Laval a trouvé la mort. « C’est un moment extrêmement difficile pour eux, [les proches des victimes], et le Canada aussi, d’avoir perdu tant de gens dans cette dernière semaine », a-t-il déclaré en marge d’une réunion du Conseil des ministres lundi à Saint-Andrews, au Nouveau-Brunswick.

     

    Le chef du gouvernement canadien est toutefois demeuré ferme sur ses positions : les avions de chasse CF-18 resteront à distance des opérations de bombardements contre les positions du groupe armé État islamique en Irak et en Syrie. « La lutte contre le terrorisme à l’échelle mondiale est essentielle et doit se faire de façon intelligente, raisonnable et enthousiaste », s’est-il contenté de dire lors d’une conférence de presse.

     

    La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, avait aussi appelé le chef libéral à revenir sur sa décision, mais en vain.

     

    Lutte contre les barbares

     

    Les « attaques inqualifiables » de djihadistes à Jakarta et à Ouagadougou, dans lesquelles sept Québécois ont péri au fil du week-end, renforcent la « détermination » du Québec à combattre la barbarie, et ce, « de toutes [ses] forces », a fait valoir de son côté le premier ministre québécois, Philippe Couillard.

     

    Il a offert ses condoléances lundi aux proches de Tahar Amer-Ouali, mort en Indonésie, ainsi que de Louis Chabot, Suzanne Bernier, Yves Carrier et Gladys Chamberland, leur fils Charlélie et sa demi-soeur Maude, décédés au Burkina Faso alors qu’ils y faisaient du travail humanitaire. « Devant ces gestes odieux, nous nous sentons impuissants. Nous cherchons à comprendre ce qui n’est ni explicable ni justifiable. Rien ne peut expliquer des actes gratuits d’une telle lâcheté. Rien ne peut expliquer cette violence aveugle. Rien ne peut expliquer que l’on s’attaque aux gens qui contribuent, avec dévouement, à bâtir un monde meilleur. Cette attaque envers eux, elles, c’est aussi une attaque envers nous tous », a-t-il déclaré lors d’une allocution dans le hall de l’édifice Honoré-Mercier, sis sur la colline parlementaire.

     

    Portés par des valeurs de « liberté », de « démocratie » et de « tolérance », les Québécois continueront de « [faire] la différence en apportant l’espoir » aux quatre coins du monde, a insisté M. Couillard. « Mais nous ferons tout cela sans illusions, naïveté ou compromis. Ces gestes doivent également renforcer notre détermination à combattre ces barbares de toutes nos forces, aux côtés de nos alliés », a-t-il insisté.

     

    M. Couillard a précisé avoir confié à la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, la tâche de poursuivre la lutte contre la radicalisation de concert avec les alliés du Québec. « Nous réalisons tous, toutes que cette violence barbare qui semblait si loin de nous autrefois peut également toucher le Québec, que le fait de vivre dans une société démocratique, ouverte, plus solidaire ne nous isole pas, ne nous protège pas du terrorisme. Pire encore, nous réalisons que ces caractéristiques dont nous sommes si fiers font partie des cibles que ces assassins veulent détruire. »

     

    Le premier ministre québécois a aussi mentionné que le fleurdelisé flottant au-dessus de la tour centrale de l’hôtel du parlement a été descendu à mi-drisse en signe de « respect » et de « solidarité » envers les proches des victimes des événements tragiques survenus à Jakarta et à Ouagadougou. « Ce drapeau est le signe de notre force », a-t-il soutenu.

     

    Après avoir encaissé le choc de la disparition de quatre de leurs collègues et amis, les employés des écoles Cardinal-Roy et Jean-de-Brébeuf, dans la Commission scolaire de la Capitale, tâcheront d’expliquer la tragédie à leurs élèves, qui étaient en congé forcé lundi. Une douzaine de psychologues seront disponibles pour leur prêter main-forte.













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