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    Innovation

    Le nouveau président de l’ACFAS tire la sonnette d’alarme

    Sans plan gouvernemental, chaque mois qui passe fait perdre au Québec de belles occasions, affirme Frédéric Bouchard

    18 janvier 2016 | Isabelle Porter à Québec | Québec
    Selon Frédéric Bouchard, l’innovation permet de «transformer la connaissance en outils ou en solutions».
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Selon Frédéric Bouchard, l’innovation permet de «transformer la connaissance en outils ou en solutions».

    Avec le ralentissement économique, le Québec a plus que jamais besoin d’un plan en matière d’innovation, plaide le nouveau président de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), Frédéric Bouchard. Deux ans après la mise en veilleuse de la stratégie proposée par les péquistes, le plan libéral se fait toujours attendre.

     

    « La chute du dollar en ce moment montre à quel point une économique fondée sur les ressources naturelles est en situation de volatilité économique », soutient le dirigeant de l’ACFAS.

     

    À ses yeux, le Québec peut s’en détacher s’il mise davantage sur l’économie du savoir. « Il faut développer notre plein potentiel en recherche et innovation pour développer notre société et notre économie. »

     

    De nos jours, le mot « innovation » est tellement servi à toutes les sauces qu’on finit par ne plus savoir ce qu’il signifie. Or, pour M. Bouchard, son sens est limpide : c’est ce qui nous permet de « transformer la connaissance en outils ou en solutions ».

     

    La découverte de molécules permet de créer des médicaments, de faire des recherches en éducation, de réduire le taux de décrochage… « Les CPE, par exemple, c’en est une innovation sociale », résume le professeur.

     

    Or, il croit qu’en l’absence de plan en la matière, le Québec perd de belles occasions. « Chaque mois sans politique, c’est un mois de plus où des chercheurs québécois ne peuvent pas établir de nouvelles collaborations à l’extérieur », dit-il.

     

    D’autres hésiteraient à investir dans de nouveaux équipements parce qu’ils n’ont pas d’engagements financiers à long terme du gouvernement. Bref, « le milieu pilote à l’aveugle ».

     

    Une PNRI libérale ?

     

    L’ACFAS aimerait que le gouvernement appuie la Politique nationale sur la recherche et l’innovation (PNRI) lancée en 2013 par le ministre péquiste de l’époque, Pierre Duchesne. Fruit d’une consultation d’un an, la politique prévoyait des investissements de 3,7 milliards sur cinq ans.

     

    Sept secteurs étaient ciblés pour des partenariats en innovation : l’aérospatiale, le bioalimentaire, les biotechnologies, les énergies renouvelables et l’électrification des transports, les soins de santé personnalisés, les technologies de l’information et des communications et les industries créatives comme celle des jeux vidéo.

     

    La PNRI prévoyait notamment de l’aide aux PME qui font des demandes de brevets ou encore un soutien financier à certaines catégories de diplômés.

     

    Enfin, on voulait soutenir particulièrement la recherche sur les changements démographiques (recherches sur l’immigration et le vieillissement, notamment), le développement durable (dont l’électrification des transports) et l’identité québécoise (y compris la langue et la culture).

     

    Une fois élu, le gouvernement Couillard a tôt fait de signaler qu’il modifierait le plan péquiste, mais la nouvelle version se fait attendre. L’ACFAS s’insurge en outre contre la décision des libéraux de confier la recherche et l’innovation à deux ministères distincts. L’innovation relève du ministère de l’Économie et la recherche du ministère de l’Éducation.

     

    Un nouveau ministre ?

     

    À l’approche du probable remaniement ministériel et des consultations prébudgétaires, l’heure est dès lors aux messages. « Que ça passe par un remaniement ou un budget, il faut que ce soit dans un même ministère pour que ça fonctionne », plaide Frédéric Bouchard.

     

    « Ce n’est pas juste l’ACFAS et ses partenaires qui le disent », affirme-t-il en citant l’OCDE. En juin dernier, un rapport de l’organisme recommandait en effet aux gouvernements d’être particulièrement proactifs en matière d’innovation en se dotant de politiques cohérentes.

     

    Élu en décembre, M. Bouchard succède à Louise Dandurand à la tête de l’ACFAS. Professeur en philosophie des sciences à l’Université de Montréal, il dirige depuis l’an dernier la nouvelle Chaire Ésope en philosophie créée grâce à un don anonyme de 1,5 million.

     

    Il prétend que la mission de l’ACFAS rejoint ses propres réflexions sur la place à donner à la science dans nos sociétés et sur le rôle des chercheurs. « Il faut mettre en valeur la prise de décision informée plutôt que de laisser la société être influencée par les groupes de pression », répète-t-il.

     

    En près de 100 ans, c’est seulement la seconde fois que l’ACFAS est dirigée par un professeur de philosophie. Au début des années 1930, elle avait eu à sa tête le révérend Ceslas Forest, directeur de la faculté de philosophie de l’Université de Montréal.













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