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    Voyages à l’étranger

    Le gouvernement Couillard n’a pas tenu sa promesse

    Martin Coiteux avait annoncé que les ministres se limiteraient aux déplacements «jugés essentiels», mais presque toutes les demandes ont été acceptées par le cabinet du premier ministre

    18 janvier 2016 | Jocelyne Richer - La Presse canadienne à Québec | Québec

    Malgré sa promesse, le gouvernement Couillard ne s’est pas empêché de parcourir la planète au cours de la dernière année. Les missions à l’étranger se sont multipliées.

     

    Il s’était pourtant engagé formellement à limiter au strict minimum ses déplacements à l’étranger, soucieux de donner l’exemple alors qu’il imposait d’importantes compressions budgétaires à l’appareil de l’État.

     

    Le 25 novembre 2014, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, en avait fait l’annonce publiquement, sur un ton solennel : désormais, seuls les projets de voyages estimés incontournables seraient autorisés. « L’État doit se serrer la ceinture », martelait M. Coiteux. Sa directive sur les déplacements s’inscrivait dans le plan global du gouvernement visant à assainir les finances publiques par un contrôle serré des dépenses.

     

    Les membres du gouvernement devaient donc ranger leurs valises. Aucune mission ministérielle à l’extérieur du Québec ne pourrait devenir réalité sans l’approbation expresse du cabinet du premier ministre. Dès qu’il serait question de déplacement, il faudrait s’en tenir « aux cas jugés essentiels », pour reprendre l’expression de M. Coiteux.

     

    Or, plus d’une année est passée et le constat est le suivant : malgré la directive, les ministres ont pu comme avant faire leurs valises et voir du pays. La quasi-totalité des projets de missions à l’étranger soumis au cabinet ont reçu le feu vert.

     

    Seulement trois projets ont été mis de côté, selon les données fournies à La Presse canadienne par le cabinet du premier ministre Couillard.

     

    Liste incomplète

     

    Le cabinet affirme avoir reçu 33 projets de missions de la part de membres du gouvernement et en avoir approuvé 30. Mais ces chiffres ne donnent pas un portrait exact de la situation, car les données fournies par le cabinet, six semaines après la demande initiale et plusieurs rappels, sont incomplètes. Le nombre affiché est bien en deçà du nombre réel de déplacements effectués, en raison du fait que le cabinet a décidé d’exclure d’emblée de la liste les neuf missions à l’étranger de la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, et la douzaine de missions menées par Philippe Couillard.

     

    Par exemple, la mission gouvernementale effectuée en mars 2015, d’une ampleur sans précédent, ne figure pas sur la liste. Pour mener à bien sa mission à Paris, le premier ministre avait choisi alors d’être accompagné de pas moins de cinq ministres et leur suite : Jean D’Amour, Christine St-Pierre, David Heurtel, Hélène David et Jacques Daoust. Au même moment, en parallèle, une sixième ministre, Lise Thériault, menait sa propre mission européenne, notamment à Paris elle aussi.

     

    Le processus décisionnel entourant cette directive sur les voyages paraît nimbé de mystère. Malgré des demandes répétées, le cabinet du premier ministre a refusé de dire sur quels critères il s’appuyait pour accepter ou refuser un projet de déplacement ministériel à l’étranger.

     

    Comment fait-on, en ce domaine, pour départager l’essentiel de l’accessoire ? Personne n’a pu ou voulu fournir de réponse à cette question.

     

    On a aussi refusé de préciser quels projets avaient été écartés, et par quels ministres ils avaient été présentés. Il a aussi été impossible de savoir de qui relevait la décision de trancher.

     

    Personne ne sera surpris d’apprendre que la ville de Paris arrive bonne première, comme destination privilégiée des membres du gouvernement québécois. Depuis le 25 novembre 2014, M. Couillard y est allé 4 fois, suivi de Christine St-Pierre, Jean D’Amour et David Heurtel (3 fois chacun), Hélène David, François Blais et Jacques Daoust (2 fois chacun), Carlos Leitão, Lise Thériault et Laurent Lessard (1 fois chacun).

     

    Le grand voyageur du gouvernement est Jacques Daoust, avec à son actif une dizaine de missions économiques, depuis la fin novembre 2014. Le ministre de l’Économie a exploré Paris, Davos, Tel-Aviv, New York, Pékin, Hong Kong, Mexico, Bogotá, Atlanta et Detroit.













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