Consultations prébudgétaires - Séguin ouvre la porte à plus de logement social
Photo : Jacques Nadeau
Aprés avoir passé des semaines et des mois à décrire l’état lamentable des finances publiques, le ministre des Finances, Yves Séguin, se veut aujourd’hui porteur d’un message d’espoir.
Après un automne de turbulences, le gouvernement se met en mode écoute. Les consultations prébudgétaires ont démarré hier à Montréal et se poursuivent aujourd'hui à Québec.
Le ministre des Finances, Yves Séguin, s'est montré favorable hier à répondre aux besoins pressants des plus démunis en matière de logement, déclenchant même les applaudissements chez des militants du FRAPRU.
Quelques minutes avant d'entendre le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) présenter ses demandes lors des consultations prébudgétaires qui ont démarré à Montréal, le ministre Séguin a lancé qu'«il est important que le budget 2004 fasse naître l'espoir et des solutions». Plus tôt, il avait souligné qu'il ne cherchait pas à gagner un concours de popularité avec son budget. Toutefois, sur la délicate question de la lutte contre la pauvreté, il a déclaré que «les gens à faible revenus, les démunis dans notre société, c'est une grande préoccupation».
Après avoir écouté la présentation des dirigeants du FRAPRU, il a exprimé son inquiétude devant la pénurie de logements qui déborde maintenant des grands centres urbains. Il a alors ajouté qu'il souhaitait faire des recommandations au gouvernement.
Puis, prenant tout le monde par surprise, M. Séguin a demandé au FRAPRU de l'inviter pour aller plus loin dans la discussion. «Vous me donnerez plus de détails, plus de chiffres. Je vais tester des idées avec vous», a affirmé le ministre. «Je peux vous organiser une petite visite guidée», a proposé le porte-parole du FRAPRU, François Saillant. Du coup, les quelques militants assis dans la salle ont démontré leur enthousiasme.
La situation apparaissait d'autant plus étonnante que dehors, une poignée de manifestants bravaient le froid pour notamment réclamer des logements sociaux et des mesures de lutte à la pauvreté. Une autre manifestation est prévue vendredi.
Avant le face à face avec le ministre Séguin, François Saillant disait craindre que l'exercice de consultation ne soit pas vraiment sérieux. «Pour l'instant, je crois que le gouvernement tient à son cadre budgétaire qui représenterait pour le FRAPRU et l'ensemble des groupes sociaux, un recul majeur pour les services publics. Est-ce que le gouvernement fait juste un exercice pour la frime? Malheureusement, on peut le craindre», disait M. Saillant.
L'attitude engageante du ministre Séguin est devenue claire lorsqu'il a demandé au FRAPRU s'il ne serait pas plus efficace d'aider financièrement et directement les gens à se loger plutôt que d'investir des millions dans la construction de logement, ce que réclame le FRAPRU. «Même si on donne plus d'argent, il n'y a pas de logement, monsieur le ministre!», a-t-il obtenu comme réponse.
Selon les chiffres de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, le taux général d'inoccupation est de 1 % à Montréal, 0,5 % dans la région de Québec et 0,7 % à Sherbrooke. Le point d'équilibre est généralement fixé à 3 %.
Invité à préciser ses priorités, le FRAPRU a indiqué qu'une injection de 50 millions dans le programme Accès-logis et le versement de 70 millions pour le développement de logements sociaux (programme fédéral de logement abordable) constituent un minimum. Aussitôt, le ministre Séguin s'est engagé à discuter dès aujourd'hui avec son collègue responsable de l'habitation, Jean-Marc Fournier, de la reconduction du supplément au loyer compte tenu de la crise du logement qui pourrait se reproduire en juillet prochain.
Le FRAPRU n'était qu'un des 14 organismes ou citoyens à participer à ces consultations prébudgétaires. La Fédération des cégeps a ouvert la marche, en réclamant minimalement 70 millions dans le prochain budget, question d'absorber les dépenses incompressibles (augmentation de la masse salariale, des frais de chauffage, par exemple) et éviter des compressions. La Fédération a également fait la promotion de solutions à moyen terme comme un accès aux fonds fédéraux pour la recherche et une régionalisation de l'offre de formation.
En après-midi, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain est venu revendiquer un partage des revenus de la TVQ en faveur des villes du Québec. À la Ville de Montréal, le désir que Québec consente un point de pourcentage pour diversifier les revenus municipaux est nourri depuis plus de dix ans.
Le ministre des Finances, Yves Séguin, s'est montré favorable hier à répondre aux besoins pressants des plus démunis en matière de logement, déclenchant même les applaudissements chez des militants du FRAPRU.
Quelques minutes avant d'entendre le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) présenter ses demandes lors des consultations prébudgétaires qui ont démarré à Montréal, le ministre Séguin a lancé qu'«il est important que le budget 2004 fasse naître l'espoir et des solutions». Plus tôt, il avait souligné qu'il ne cherchait pas à gagner un concours de popularité avec son budget. Toutefois, sur la délicate question de la lutte contre la pauvreté, il a déclaré que «les gens à faible revenus, les démunis dans notre société, c'est une grande préoccupation».
Après avoir écouté la présentation des dirigeants du FRAPRU, il a exprimé son inquiétude devant la pénurie de logements qui déborde maintenant des grands centres urbains. Il a alors ajouté qu'il souhaitait faire des recommandations au gouvernement.
Puis, prenant tout le monde par surprise, M. Séguin a demandé au FRAPRU de l'inviter pour aller plus loin dans la discussion. «Vous me donnerez plus de détails, plus de chiffres. Je vais tester des idées avec vous», a affirmé le ministre. «Je peux vous organiser une petite visite guidée», a proposé le porte-parole du FRAPRU, François Saillant. Du coup, les quelques militants assis dans la salle ont démontré leur enthousiasme.
La situation apparaissait d'autant plus étonnante que dehors, une poignée de manifestants bravaient le froid pour notamment réclamer des logements sociaux et des mesures de lutte à la pauvreté. Une autre manifestation est prévue vendredi.
Avant le face à face avec le ministre Séguin, François Saillant disait craindre que l'exercice de consultation ne soit pas vraiment sérieux. «Pour l'instant, je crois que le gouvernement tient à son cadre budgétaire qui représenterait pour le FRAPRU et l'ensemble des groupes sociaux, un recul majeur pour les services publics. Est-ce que le gouvernement fait juste un exercice pour la frime? Malheureusement, on peut le craindre», disait M. Saillant.
L'attitude engageante du ministre Séguin est devenue claire lorsqu'il a demandé au FRAPRU s'il ne serait pas plus efficace d'aider financièrement et directement les gens à se loger plutôt que d'investir des millions dans la construction de logement, ce que réclame le FRAPRU. «Même si on donne plus d'argent, il n'y a pas de logement, monsieur le ministre!», a-t-il obtenu comme réponse.
Selon les chiffres de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, le taux général d'inoccupation est de 1 % à Montréal, 0,5 % dans la région de Québec et 0,7 % à Sherbrooke. Le point d'équilibre est généralement fixé à 3 %.
Invité à préciser ses priorités, le FRAPRU a indiqué qu'une injection de 50 millions dans le programme Accès-logis et le versement de 70 millions pour le développement de logements sociaux (programme fédéral de logement abordable) constituent un minimum. Aussitôt, le ministre Séguin s'est engagé à discuter dès aujourd'hui avec son collègue responsable de l'habitation, Jean-Marc Fournier, de la reconduction du supplément au loyer compte tenu de la crise du logement qui pourrait se reproduire en juillet prochain.
Le FRAPRU n'était qu'un des 14 organismes ou citoyens à participer à ces consultations prébudgétaires. La Fédération des cégeps a ouvert la marche, en réclamant minimalement 70 millions dans le prochain budget, question d'absorber les dépenses incompressibles (augmentation de la masse salariale, des frais de chauffage, par exemple) et éviter des compressions. La Fédération a également fait la promotion de solutions à moyen terme comme un accès aux fonds fédéraux pour la recherche et une régionalisation de l'offre de formation.
En après-midi, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain est venu revendiquer un partage des revenus de la TVQ en faveur des villes du Québec. À la Ville de Montréal, le désir que Québec consente un point de pourcentage pour diversifier les revenus municipaux est nourri depuis plus de dix ans.
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