Le père de l'assurance-maladie reprend son plaidoyer en faveur du privé
28 janvier 2004
Québec
Le gouvernement québécois actuel ne pourra indéfiniment geler les budgets de tous les ministères, sauf ceux de la Santé et de l'Éducation. Sous la pression publique, il devra permettre l'instauration d'un système privé parallèle, comme le souhaite maintenant une majorité de Québécois.
Telle est la conviction que le père du programme de l'assurance-maladie du Québec, Claude Castonguay, a partagée hier devant quelque 150 personnes réunies sous les auspices de l'Institut économique de Montréal.
En parallèle, la direction de l'institut rendait publics les résultats d'un sondage omnibus mené au cours de la deuxième semaine de janvier 2004 indiquant que 71,7 % des Québécois accepteraient que l'État permette à ceux qui le souhaitent de payer pour avoir des soins de santé plus rapidement dans le secteur privé, tout en maintenant l'actuel système public gratuit et universel.
Chez les travailleurs syndiqués, 64 % ont dit être également favorables à l'émergence d'un système parallèle privé.
«Plusieurs sondages démontrent qu'une majorité des Québécois à revenus moyens, non pas seulement à revenus élevés, souhaite avoir le choix de payer si nécessaire pour recevoir sans délai les soins que leur état requiert», a fait valoir M. Castonguay.
Celui-ci prévoit cependant que les dirigeants politiques, de même que les syndicats, vont chercher à maintenir le statu quo le plus longtemps possible.
«La population serait prête si on en juge par les sondages», a signalé M. Castonguay.
«Je ne suis pas convaincu que la classe politique et les syndicats sont prêts à le faire», a-t-il ajouté.
À l'heure actuelle, M. Castonguay estime que les gens sont obligés d'attendre trop longtemps pour se faire soigner, ce qui a un effet négatif sur leur santé. «C'est une catastrophe.»
«Dans les centres de soins prolongés, il manque de ressources, de personnel, de formation. C'est dramatique de voir ces gens âgés, malades, incapables de se défendre. J'espère que la population va réagir», a-t-il dit.
Il concède que d'imposer des frais modérateurs et de permettre l'offre de soins privés entraîneraient «les dirigeants politiques dans un débat difficile susceptible de déraper dans la démagogie».
Il croit pourtant qu'il ne faudrait pas attendre que des citoyens, se sentant lésés, se tournent vers les tribunaux pour obtenir les soins requis par leur état de santé.
Il a rappelé qu'un comité du Sénat, présidé par le sénateur Kirby, avait conclu que les gouvernements ne pouvaient plus maintenir inchangé un système public incapable de satisfaire en temps utile la demande pour des soins médicalement nécessaires et, en même temps, empêcher les Canadiens de se procurer des soins auprès d'instances privées.
M. Castonguay estime que le gouvernement devrait s'inspirer de l'avenue empruntée par divers pays de l'Union européenne, dont la France, qui «face à la montée des coûts et à la lourdeur du système public ont ouvert la porte à des systèmes privés et ont vu une augmentation de l'offre de soins».
M. Castonguay ne désespère pas, loin de là, de l'actuel ministre de la Santé, Philippe Couillard. «Il a fait preuve dans divers dossiers de beaucoup de nuance et de doigté. Il est en fonction depuis moins d'un an dans un domaine vaste et complexe. Les changements plus fondamentaux à apporter ne peuvent être improvisés», a-t-il souligné.
Telle est la conviction que le père du programme de l'assurance-maladie du Québec, Claude Castonguay, a partagée hier devant quelque 150 personnes réunies sous les auspices de l'Institut économique de Montréal.
En parallèle, la direction de l'institut rendait publics les résultats d'un sondage omnibus mené au cours de la deuxième semaine de janvier 2004 indiquant que 71,7 % des Québécois accepteraient que l'État permette à ceux qui le souhaitent de payer pour avoir des soins de santé plus rapidement dans le secteur privé, tout en maintenant l'actuel système public gratuit et universel.
Chez les travailleurs syndiqués, 64 % ont dit être également favorables à l'émergence d'un système parallèle privé.
«Plusieurs sondages démontrent qu'une majorité des Québécois à revenus moyens, non pas seulement à revenus élevés, souhaite avoir le choix de payer si nécessaire pour recevoir sans délai les soins que leur état requiert», a fait valoir M. Castonguay.
Celui-ci prévoit cependant que les dirigeants politiques, de même que les syndicats, vont chercher à maintenir le statu quo le plus longtemps possible.
«La population serait prête si on en juge par les sondages», a signalé M. Castonguay.
«Je ne suis pas convaincu que la classe politique et les syndicats sont prêts à le faire», a-t-il ajouté.
À l'heure actuelle, M. Castonguay estime que les gens sont obligés d'attendre trop longtemps pour se faire soigner, ce qui a un effet négatif sur leur santé. «C'est une catastrophe.»
«Dans les centres de soins prolongés, il manque de ressources, de personnel, de formation. C'est dramatique de voir ces gens âgés, malades, incapables de se défendre. J'espère que la population va réagir», a-t-il dit.
Il concède que d'imposer des frais modérateurs et de permettre l'offre de soins privés entraîneraient «les dirigeants politiques dans un débat difficile susceptible de déraper dans la démagogie».
Il croit pourtant qu'il ne faudrait pas attendre que des citoyens, se sentant lésés, se tournent vers les tribunaux pour obtenir les soins requis par leur état de santé.
Il a rappelé qu'un comité du Sénat, présidé par le sénateur Kirby, avait conclu que les gouvernements ne pouvaient plus maintenir inchangé un système public incapable de satisfaire en temps utile la demande pour des soins médicalement nécessaires et, en même temps, empêcher les Canadiens de se procurer des soins auprès d'instances privées.
M. Castonguay estime que le gouvernement devrait s'inspirer de l'avenue empruntée par divers pays de l'Union européenne, dont la France, qui «face à la montée des coûts et à la lourdeur du système public ont ouvert la porte à des systèmes privés et ont vu une augmentation de l'offre de soins».
M. Castonguay ne désespère pas, loin de là, de l'actuel ministre de la Santé, Philippe Couillard. «Il a fait preuve dans divers dossiers de beaucoup de nuance et de doigté. Il est en fonction depuis moins d'un an dans un domaine vaste et complexe. Les changements plus fondamentaux à apporter ne peuvent être improvisés», a-t-il souligné.
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