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    Libre opinion

    L’État québécois nous anglicise déjà assez!

    27 novembre 2015 | Éric Bouchard et Maxime Laporte - Respectivement directeur général du Mouvement Québec français et président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal | Québec
    Le gouvernement québécois pratique le bilinguisme institutionnel avec tous les immigrants adultes, ce qui veut dire que l’État rend disponibles tous ses services en anglais ou en français.
    Photo: Getty Images Le gouvernement québécois pratique le bilinguisme institutionnel avec tous les immigrants adultes, ce qui veut dire que l’État rend disponibles tous ses services en anglais ou en français.

    L’accès à la formation professionnelle en anglais pour les adultes n’est pas restreint par la loi 101. Il n’est donc pas illégal de faire migrer les réfugiés syriens adultes vers les écoles de la commission scolaire Lester B. Pearson. Personne ne remet en question aussi le fait que des citoyens qui ont fréquenté le système scolaire anglophone, les ayants droit de la loi 101, puissent le faire une fois rendus adultes.

     

    Le Québec reçoit 50 000 immigrants par année, dont 20 000 (40 %) n’ont aucune connaissance du français à leur arrivée. La clé pour stopper l’anglicisation en cours au Québec est de faire en sorte que l’aménagement linguistique organisé par l’État amène, de façon naturelle et sans effort, les immigrants à faire usage du français dans l’espace public, au restaurant, dans les commerces et dans la consommation des services offerts par nos institutions. Le jour où une très grande majorité d’immigrants utiliseront le français en public, nous pourrons dire que le français est ici la langue commune au même titre que l’allemand en Allemagne ou l’anglais au Canada.

     

    Cependant, tous savent que l’État québécois est un des principaux contributeurs à l’anglicisation des nouveaux arrivants. Le gouvernement québécois pratique le bilinguisme institutionnel avec tous les immigrants adultes, ce qui veut dire que l’État offre tous ses services en anglais ou en français. C’est le libre choix de la langue pour l’obtention du permis de conduire, de sa carte d’assurance maladie, pour remplir sa déclaration de revenus, pour enregistrer son entreprise au registraire des entreprises, et enfin, dans toutes les institutions de santé. Comment le gouvernement peut-il demander aux entreprises de fonctionner en français si ce dernier ne pratique pas l’unilinguisme institutionnel à l’image des provinces canadiennes avec non seulement les immigrants, mais aussi les francophones hors Québec ?

     

    Ce bilinguisme institutionnel québécois, comparé à l’unilinguisme institutionnel des provinces canadiennes, nous montre tout le pouvoir d’intégration linguistique des institutions publiques. En effet, au Québec, il n’y a que 55 % des transferts linguistiques des allophones qui s’opèrent vers le français (45 % vers l’anglais) comparativement au 99 % vers l’anglais dans le reste du Canada.

     

    La position du maire Coderre, calquée sur celle de la ministre Weil dans le cas des réfugiés syriens, nous ramène aux « good old days » où nous avions une petite élite canadienne-française au service des possédants anglais. Notre élite canadienne-française se fait l’écho des demandes du puissant lobby anglais, le Quebec Community Groups Network (QCGN), qui reçoit cinq millions de dollars par année de Patrimoine Canada pour affaiblir le fait français. Coderre et Weil veulent que les commissions scolaires anglophones prodiguent en anglais la formation professionnelle aux réfugiés adultes syriens, et cela, sans aucune raison valable. Avec les deniers publics, nous anglicisons des gens qui pourraient autrement contribuer, comme tant l’ont fait jusqu’à aujourd’hui, au français québécois rempli d’accents haïtien, maghrébin, hispanophone ou autres.

     

    Déjà, en voyant cette élite canadienne-française qui tait sciemment le déséquilibre aberrant lié à des investissements publics de deux milliards de dollars par année au profit des institutions anglophones, on aurait cru avoir touché le fond du baril, mais force est de constater que ceux qui se complaisent dans leur posture de néocolonisés réussissent toujours à nous surprendre.













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