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    Réfugiés syriens

    Une échéance exigeante mais atteignable, estime Couillard

    18 novembre 2015 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    La ministre de l’Immigration, Kathleen Weil (à gauche) et le ministre de la Sécurité publique intérimaire, Pierre Moreau (à droite)
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre de l’Immigration, Kathleen Weil (à gauche) et le ministre de la Sécurité publique intérimaire, Pierre Moreau (à droite)


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    Le premier ministre du Québec Philippe Couillard croit « possible » d’accueillir 5750 réfugiés syriens au Québec en 45 jours, contrairement à ses ministres Kathleen Weil et Pierre Moreau. Il a néanmoins qualifié d’« exigeante » et d’« ambitieuse » cette cible.

     

    « Quand on veut, quand il y a une volonté, quand tout le monde travaille ensemble, on peut accomplir beaucoup », a-t-il déclaré avant latenue d’un débat d’urgence sur l’accueil des réfugiés syriens à l’Assemblée nationale mardi.

     

    M. Couillard a réitéré la promesse du gouvernement québécois d’accueillir au moins 3650 déplacés de guerre. « Le processus a débuté. Ça, c’est acquis », a-t-il fait valoir, précisant que 29 millions de dollars ont été mis de côté notamment pour la francisation de cette « première vague de réfugiés ».

     

    Le chef du gouvernement s’est toutefois refusé mardi à fixer un échéancier à l’arrivée au pays de ces déplacés de guerre. Les probabilités qu’ils soient admis au Canada à temps pour le réveillon du Nouvel An sont minces puisque Québec transmettra à Ottawa une liste de 2400 personnes ayant été sélectionnées par le ministère de l’Immigration seulement le vendredi 18 décembre. « Là, doit se faire l’habilitation sécuritaire, qui inclut les examens médicaux, qui doivent être contre-vérifiés dans les ambassades canadiennes », a expliqué le ministre de la Sécurité publique intérimaire, Pierre Moreau. « Vous savez où on est le 18 décembre ? Généralement, la fée des étoiles n’est pas très loin : tout ralentit dans les systèmes. »

     

    2100 réfugiés syriens supplémentaires

     

    M. Couillard s’en remet à son homologue fédéral, Justin Trudeau, pour mettre en oeuvre une stratégie d’accueil de 2100 réfugiés syriens supplémentaires au Québec — nécessaire à l’admission de 25 000 réfugiés syriens au Canada d’ici le 31 décembre prochain. « C’est lui-même qui l’a établie. Il en prend l’engagement. C’est à lui de le mettre sur pied [le plan] », a-t-il soutenu. Par ailleurs, il escompte le remboursement d’une « grande partie » des dépenses liées à l’accueil et à l’intégration de cette éventuelle nouvelle vague de migrants par Ottawa.

     

    De son côté, M. Moreau juge « irréaliste » l’objectif du gouvernement fédéral d’accueillir quelque 25 000 réfugiés syriens au cours du prochain mois et demi. « Est-ce que c’est réaliste ? La réponse, c’est non. Clairement », a-t-il laissé tomber en début de journée. Il ajoutait sa voix à celle de sa collègue, la ministre de l’Immigration Kathleen Weil, qui avait jeté le doute sur la concrétisation de la promesse de l’équipe Trudeau. « C’est impossible de procéder à cet accueil d’ici la fin de l’année », avait-elle dit.

     

    À l’instar de M. Couillard, M. Moreau a écarté la possibilité d’emprunter des « raccourcis » pour se plier à « un échéancier qui n’est pas notre échéancier ». « Il n’y aura pas un réfugié qui va arriver sur le sol québécois tant et aussi longtemps que nous n’aurons pas l’assurance que les procédures de sécurité, ce qui inclut les vérifications de nature médicale, ont été correctement complétées », a-t-il affirmé lors d’un impromptu de presse.

     

    Les chefs du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, et de la Coalition avenir Québec, François Legault, se sont plaints des signaux contradictoires envoyés par les membres du gouvernement Couillard. « Nous sommes obligés de conclure qu’il y a un certain niveau d’improvisation qui peut paraître inquiétant », a lancé M. Péladeau.

     

    Une « certaine urgence »

     

    Le premier ministre a invoqué mardi une « certaine urgence » pour accueillir des centaines de réfugiés, aujourd’hui entassés dans un camp de fortune ou dans la capitale libanaise, Beyrouth, à l’approche de l’hiver. « Les réfugiés sont les victimes les plus horriblement atteintes du terrorisme actuellement, avec bien sûr les victimes de Paris », a-t-il affirmé, le ton grave.

     

    M. Couillard s’est dit sensible aux « inquiétudes légitimes » de la population et de certains élus, comme les maires de Montréal, Denis Coderre, et de Québec, Régis Labeaume, à l’égard du calendrier serré, qui est privilégié à l’heure actuelle pour extirper du bourbier syrien des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants. Il s’est toutefois dit désolé de voir plus de 72 000internautes cautionner la pétition virtuelle « Non à l’immigration des 25 000 réfugiés ». « Je trouve ça déplorable. […] Gardons une fois en tête dans tout ce brouhaha le fait que ce sont là des victimes que nous accueillons, ce ne sont pas des gens problématiques. »













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