Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Enquête

    Les autochtones auront droit de regard

    29 octobre 2015 | Robert Dutrisac - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    Le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard

    Les Premières Nations auront leur mot à dire relativement à la nomination de l’observateur désigné par Québec pour surveiller l’enquête policière sur les allégations d’agressions sexuelles de femmes autochtones qui pèsent contre des policiers de la Sûreté du Québec postés à Val-d’Or.

     

    Le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, a engagé des discussions avec le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, pour que cet observateur soit choisi conjointement par Québec et les chefs autochtones, a révélé, mercredi, son cabinet. Une nomination conjointe ou encore la nomination de deux observateurs — dont un représenterait les autochtones — à cette enquête confiée au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont été évoquées, a affirmé au Devoir Ghislain Picard.

     

    Le premier ministre Philippe Couillard a adopté, mercredi, un ton conciliant à l’égard des chefs autochtones qu’il a accepté de rencontrer le 4 novembre prochain. Comme il s’y était engagé, Ghislain Picard a fait parvenir au premier ministre, mercredi après-midi, une lettre dans laquelle il l’invite à cette rencontre avec les chefs autochtones à Montréal.

     

    Philippe Couillard, qui a contacté le chef Picard et le grand chef des Cris, Matthew Coon Come, par la suite, s’est réjoui que dans cette lettre, on revienne « à un ton de collaboration et de respect mutuel », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

     

    Mardi à Val-d’Or, Ghislain Picard n’avait guère épargné Philippe Couillard, le qualifiant de premier responsable de la « crise » qui secoue les communautés autochtones depuis la révélation par Radio-Canada que plusieurs policiers de la SQ faisaient l’objet de plaintes portées par des femmes autochtones pour des agressions sexuelles. « Je me suis quand même assez retenu par rapport au ton », a soutenu Ghislain Picard, qui a dit avoir voulu refléter l’esprit qui régnait à cette rencontre de 32 chefs autochtones ou délégués. « Deux chefs sur trois étaient aux prises avec une colère évidente », a-t-il mentionné.

     

    « Toute la société est responsable », a répondu, mercredi, Philippe Couillard, qui s’est félicité de ses bonnes relations avec les autochtones. « J’ai toujours rencontré avec plaisir les chefs des nations autochtones. Je suis probablement le premier ministre le plus disponible pour elles et je vais continuer à l’être. »

     

    Ghislain Picard réprouve la façon dont le gouvernement a géré l’affaire, unilatéralement et sans consultation des Premières Nations. Mais il avait changé de ton en fin de journée.

     

    Culture raciste ?

     

    La rencontre de la semaine prochaine doit porter sur trois sujets, a indiqué le chef autochtone : les services aux communautés qui sont affectés par la « crise », la nature de l’enquête sur les policiers et, enfin, la commission d’enquête publique du gouvernement fédéral sur les meurtres et les disparitions de femmes autochtones ainsi que la commission que pourrait lancer parallèlement le gouvernement Couillard.

     

    Si le gouvernement fédéral doit assumer d’indéniables responsabilités envers les autochtones, le Québec aussi, notamment en matière de justice et de police, a rappelé Ghislain Picard. « On dirait qu’il y a une discussion qu’on a évitée : comment la Sûreté du Québec exerce sa compétence lorsqu’il s’agit des communautés autochtones. » Il existe « une possible discrimination et la présence, peut-être, d’une culture vraiment raciste dans la façon d’appliquer la loi, de profilage racial », a-t-il fait observer.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.