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    Promesses électorales

    Couillard fait mieux que ses prédécesseurs

    27 octobre 2015 |Marco Fortier | Québec
    Philippe Couillard a imposé la «rigueur budgétaire» dès les premiers mois de son mandat, en avril 2014. 
    Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Philippe Couillard a imposé la «rigueur budgétaire» dès les premiers mois de son mandat, en avril 2014. 

    Le gouvernement Couillard tient promesse plus rapidement que ses prédécesseurs : après un an et demi au pouvoir, les libéraux ont rempli la moitié de leurs engagements électoraux, quitte à bousculer les électeurs en agissant avec plus de vigueur que promis.

     

    Le premier ministre, Philippe Couillard, a imposé la « rigueur budgétaire » dès les premiers mois de son mandat, en avril 2014. Et il garde le cap là où ses prédécesseurs, notamment Jean Charest, avaient reculé, note une étude de l’Université Laval obtenue par Le Devoir.

     

    Le professeur François Pétry et son équipe ont calculé que le gouvernement libéral a déjà rempli 52 % de ses engagements électoraux. C’est plus que tout autre gouvernement depuis 2003, qu’il soit libéral ou péquiste, après moins de deux ans au pouvoir.

     

    « Il y a une volonté sans précédent de la part du cabinet Couillard [de remplir les engagements électoraux] », dit François Pétry en entrevue. L’étude qu’il dirige sera publiée dans L’état du Québec 2016, produit par l’Institut du Nouveau Monde. On peut consulter les résultats préliminaires sur le site des chercheurs à l’adresse polimetre.org.

     

    Rigueur à tous crins

     

    La fameuse « rigueur budgétaire », qui impose des mesures d’austérité à tout l’appareil d’État, a pris tout le monde par surprise, au printemps 2014. Le professeur Pétry et ses adjoints classent cette décision du gouvernement parmi les promesses tenues même si les libéraux vont plus loin que ce qui était écrit dans leur plateforme électorale.

     

    Le Parti libéral avait promis « une gestion très rigoureuse des dépenses ». « Une révision de programmes sera faite immédiatement après les élections. Des compressions de 1,3 milliard de dollars seront réalisées au cours des deux premières années du mandat », indique le programme.

     

    Le parti s’était aussi engagé à « protéger » la santé et l’éducation, avec des hausses de dépenses de 4 % et 3,5 % par année, et de geler le budget des autres ministères pour cinq ans.

     

    On connaît la suite : toutes les missions de l’État ont subi des coupes, y compris la santé, l’éducation et celles qui touchent les personnes les plus vulnérables. Des compressions de 2,3 milliards dès la première année ont ouvert la voie au retour à l’équilibre budgétaire en 2015-2016, comme promis. Le gouvernement se trouve aussi engagé dans un bras de fer avec les 440 000 employés de l’État en vue de renouveler leur contrat de travail.

     

    Bref, le gouvernement Couillard en a fait plus que prévu en matière d’austérité, et « ça explique sans doute la grogne de la société civile », estime François Pétry.

     

    Conditions favorables

     

    Les libéraux gardent le cap sur la « rigueur » malgré les protestations. Contrairement au gouvernement Charest en 2003, par exemple, ils sont déterminés à agir. Jean Charest avait été élu en promettant de « réinventer l’État », mais il avait vite reculé. « Il y avait une résistance intense au conseil des ministres, rappelle François Pétry. Les ministres se battaient contre le Conseil du trésor pour éviter les coupes. Il y a davantage d’unité au gouvernement Couillard. »

     

    L’opinion publique a changé dans la dernière décennie, estime le professeur. Les Québécois semblent favorables à la « rigueur budgétaire ». En tout cas, ils ne s’y opposent pas de façon catégorique.

     

    Signe des temps, la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault a une influence nouvelle sur la scène politique, par rapport au début du gouvernement Charest en 2003. La « rigueur » est une idée de la CAQ, qui milite pour un « grand ménage » dans l’appareil d’État.

     

    De plus, le gouvernement Couillard est majoritaire à l’Assemblée nationale. C’est un avantage par rapport aux gouvernements minoritaires de Jean Charest en 2007 et de Pauline Marois en 2012, note l’étude de l’Université Laval. La croissance économique, même faible, favorise aussi la réalisation des promesses électorales.

     

    Le professeur Pétry prévoit que le programme de « rigueur » fera place à de bonnes nouvelles pour les électeurs — comme des baisses d’impôts — vers la fin du mandat du gouvernement Couillard. Juste à temps pour les élections de 2018.

     

    Promesses tenues ou en suspens

     

    En attendant, en plus de la « rigueur budgétaire » qui a permis d’équilibrer les finances publiques, le gouvernement Couillard a réalisé dans les derniers mois — ou est en voie de réaliser — d’autres engagements, tels que l’élimination progressive de la taxe santé à compter de 2017, le pacte fiscal avec les municipalités, le plan d’action contre l’intimidation et le crédit d’impôt aux personnes âgées pour activités physiques ou culturelles.

     

    Le gouvernement libéral a mis de côté d’autres engagements, comme la création d’un programme d’aide à l’emploi dans l’industrie forestière ou l’investissement dans les soins de santé à domicile, à cause des compressions. Il a aussi reporté d’autres promesses, comme celles d’étendre l’aide aux devoirs, d’augmenter la qualité de l’enseignement, de créer un crédit d’impôt pour les proches aidants ou de créer 2000 postes d’infirmières spécialisées.













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