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    Des égouts dans le fleuve, un peu partout au Québec

    Les municipalités déplorent des coûts trop importants pour agir autrement

    Tadoussac fait partie des municipalités qui déversent leurs égouts dans le fleuve.
    Photo: Kayugee / CC Tadoussac fait partie des municipalités qui déversent leurs égouts dans le fleuve.

    Au Québec, pas moins de 100 municipalités continuent de déverser leurs égouts dans le fleuve et ses bassins versants. Le phénomène touche même des municipalités comme Tadoussac, point de ralliement des cétacés et seul parc marin du Québec.

     

    Ainsi, les petits besoins des milliers de touristes qui viennent y observer les baleines sont déversés dans le fleuve, tout près du traversier à l’embouchure du Saguenay.

     

    À la Ville, on nous dit ne pas avoir eu le choix. « On n’a pas les moyens », explique la directrice générale Marie-Claude Guérin en soulignant que la ville ne compte que 800 habitants. « On va travailler avec le gouvernement, mais il va falloir que les aides soient assez importantes. » Mme Guérin insiste sur le fait que « c’est une grande préoccupation » pour la Ville.

     

    Les municipalités concernées se trouvent dans toutes les régions. La majorité utilise un système de filtration de base qu’on appelle « dégrilleur », un grillage qui permet au moins de bloquer les matières solides. C’est le cas de Tadoussac qui en a acquis un en 2002 au coût de 2 millions.

     

    Or dans certaines municipalités, on n’a même pas ça. C’est le cas de Sainte-Monique de Honfleur (863 habitants), qui jette ses eaux usées dans la rivière Péribonka. « Ça fait partie des projets de la municipalité de régler ce problème », admet le directeur général par intérim de la Ville, Serge Martel.

     

    Le Devoir a parlé aux responsables du dossier dans une dizaine de villes réparties un peu partout. Il s’agit de petites municipalités comptant une poignée d’employés et souvent moins de 1000 habitants. Toutes invoquent le manque de moyens pour faire plus.

     

    À Saint-Michel-de-Bellechasse, le directeur Ronald Gonthier note qu’à l’époque où le dégrilleur a été installé, une étude d’ingénieurs avait confirmé à la Ville que le fleuve avait la capacité biologique d’absorber ce qu’ils déversaient. « La capacité de dilution était correcte. » Lui aussi est en train de monter un projet pour améliorer les installations.

     

    À Grande-Vallée en Gaspésie, le dossier a généré son lot de frustrations. Lorsque le gouvernement l’a convaincue d’investir dans un dégrilleur en 1999, la municipalité pensait que le dossier était clos. « Quand on a installé les dégrilleurs, à ce moment-là, on nous disait que c’était réglé. Là, on n’a même pas fini de payer ces installations-là et on nous dit qu’on va devoir encore travailler là-dessus », explique la directrice générale, Ghislaine Bouthillette. Comme d’autres, elle se demande pourquoi le gouvernement n’a pas exigé des installations plus élaborées à l’époque.

     

    Programme

     

    Or, ces griefs des petites villes ont été entendus. En mai, le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau a annoncé qu’un nouveau programme (le Programme d’infrastructures municipales d’eau dit « PRIMEAU ») subventionnerait à 95 % les projets de stations d’épuration dans les municipalités de moins de 6500 habitants. Elles ont jusqu’à 2020 pour s’équiper et doivent présenter leur plan d’action d’ici décembre.

     

    Présidente de la Coalition Eau Secours !, Martine Chatelain signale par ailleurs que disposer de systèmes de traitement d’eaux usées n’est pas gage de propreté puisque lors de fortes pluies notamment, de nombreuses villes procèdent à des rejets dans les cours d’eau afin d’éviter les refoulements d’égouts dans les résidences.

     

    En 2013, le ministère des Affaires municipales avait répertorié 45 512 événements de surverse. « C’est effrayant comment, au Québec, on ne surveille pas notre eau. On indique le nombre de surverses, mais une fois qu’on a dit ça, il ne se passe rien du tout », déplore Martine Chatelain.

     

    Elle souligne que la majorité des municipalités québécoises, dont Montréal, se contentent d’un traitement primaire de leurs eaux usées. Dans le cas de Montréal, le traitement physico-chimique utilisé à l’usine Jean-R.-Marcotte ne retire pas les produits considérés toxiques comme l’ammoniaque, les produits pharmaceutiques et les hormones. En 2018, le système d’ozonation devrait permettre d’éliminer la plupart des bactéries, virus et substances pharmacologiques. « Au Québec, ça prendrait un ombudsman de l’eau, qui serait chargé de protéger l’eau, le trésor de tous les Québécois », avance Martine Chatelain.













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