Déréglementation du contrôle des loyers - Les propriétaires exultent; les locataires s'inquiètent
La ministre des Finances et vice-première ministre du Québec, Pauline Marois, a surpris les groupes de propriétaires et de locataires en se montrant ouverte, jeudi, à la possibilité de desserrer le contrôle des loyers exercé par la Régie du logement.
Mais pour la députée libérale Fatima Houda-Pepin, qui traçait hier son propre bilan de la crise du logement, «ce n'est pas le moment d'aller dans cette direction».
Chez les propriétaires, on soulignait le changement de perspective inattendu de la part du gouvernement. «J'étais un peu surpris, mais fort heureux, d'entendre ce discours-là de la part d'un ministre du gouvernement du Parti québécois. C'est tout à fait à l'opposé du langage qu'on nous tenait il y a encore quelques jours», remarquait Pierre Ayotte, porte-parole de l'Association des propriétaires d'appartements du Grand Montréal.
«L'étude de l'Institut économique de Montréal publiée cette semaine [qui prône la déréglementation du prix des loyers] a certainement contribué à la réflexion de la ministre Marois», se réjouissait Martin Messier, de l'Association des propriétaires du Québec.
À la CORPIQ (Corporation des propriétaires immobiliers du Québec), on saluait l'ouverture de la ministre, «mais on peut juste parler d'une certaine ouverture», notait le porte-parole Philippe Bissonnette. À moins que «tranquillement, nos idées commencent à faire du chemin. J'ose espérer que ce n'est pas un accident de parcours», ajoutait M. Ayotte.
Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) comptait, lui, sur l'accident de parcours. Le groupe espère qu'il ne s'agit que d'une «déviation temporaire», influencée par la prise de position cette semaine du populaire chef de l'ADQ, Mario Dumont, en faveur de la déréglementation.
«On est vraiment étonnés. Mais on pense que Mme Marois a dû se méprendre et que le ministre André Boisclair [responsable du dossier de l'habitation au gouvernement] va rectifier le tir. On ne pense pas que c'est la ligne du PQ», disait le porte-parole du groupe, Frédéric Dubois.
Au FRAPRU (Front d'action populaire en réaménagement urbain), on croit plutôt que le gouvernement improvise, tournant à gauche l'an dernier en raison du résultat des élections partielles dans Mercier, ce qui a entraîné des investissements dans le logement social. «Cette année, le vent souffle à droite depuis les partielles, et on est prêt à prendre un virage extrêmement inquiétant», disait le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant.
L'opposition libérale
La députée libérale Fatima Houda-Pepin, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'habitation, a eu beau jeu de se moquer des «trois limousines» qu'elle doit maintenant suivre: celle du ministre des Affaires municipales, André Boisclair, celle de son ministre délégué à l'Habitation, Jacques Côté, et maintenant celle de Mme Marois.
Elle estime toutefois «qu'il n'est jamais le temps de déréglementer dans un contexte de pénurie de logements. Cela ne fera qu'aggraver la situation». Elle plaide plutôt pour l'assouplissement des paramètres du programme de logement abordable, qui subventionne la construction de logements privés mais dont les normes sont si sévères que personne n'y a encore eu recours.
Elle demande aussi au gouvernement d'accélérer la construction des logements sociaux, affirmant que seulement 42 % des 6600 unités promises depuis cinq ans ont été réalisées. «Ce n'est pas dû à un manque de ressources: l'argent est disponible. On demande donc au gouvernement de concrétiser les unités dans le délai prescrit», a lancé la députée.
Elle croit également qu'il faut faciliter l'accès à la propriété pour la classe moyenne et mettre en place une véritable politique d'habitation au Québec, comme le ferait le Parti libéral s'il était au pouvoir.
Une position qui ne satisfaisait guère hier François Saillant du FRAPRU. Au-delà des propos de Mme Houda-Pepin, reconnue pour bien suivre le dossier, «le programme du Parti libéral est pauvre en matière d'habitation. J'aimerais bien que le chef du parti nous donne l'heure juste. Que veulent-ils vraiment faire? Ce n'est pas clair du tout»,
Mais pour la députée libérale Fatima Houda-Pepin, qui traçait hier son propre bilan de la crise du logement, «ce n'est pas le moment d'aller dans cette direction».
Chez les propriétaires, on soulignait le changement de perspective inattendu de la part du gouvernement. «J'étais un peu surpris, mais fort heureux, d'entendre ce discours-là de la part d'un ministre du gouvernement du Parti québécois. C'est tout à fait à l'opposé du langage qu'on nous tenait il y a encore quelques jours», remarquait Pierre Ayotte, porte-parole de l'Association des propriétaires d'appartements du Grand Montréal.
«L'étude de l'Institut économique de Montréal publiée cette semaine [qui prône la déréglementation du prix des loyers] a certainement contribué à la réflexion de la ministre Marois», se réjouissait Martin Messier, de l'Association des propriétaires du Québec.
À la CORPIQ (Corporation des propriétaires immobiliers du Québec), on saluait l'ouverture de la ministre, «mais on peut juste parler d'une certaine ouverture», notait le porte-parole Philippe Bissonnette. À moins que «tranquillement, nos idées commencent à faire du chemin. J'ose espérer que ce n'est pas un accident de parcours», ajoutait M. Ayotte.
Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) comptait, lui, sur l'accident de parcours. Le groupe espère qu'il ne s'agit que d'une «déviation temporaire», influencée par la prise de position cette semaine du populaire chef de l'ADQ, Mario Dumont, en faveur de la déréglementation.
«On est vraiment étonnés. Mais on pense que Mme Marois a dû se méprendre et que le ministre André Boisclair [responsable du dossier de l'habitation au gouvernement] va rectifier le tir. On ne pense pas que c'est la ligne du PQ», disait le porte-parole du groupe, Frédéric Dubois.
Au FRAPRU (Front d'action populaire en réaménagement urbain), on croit plutôt que le gouvernement improvise, tournant à gauche l'an dernier en raison du résultat des élections partielles dans Mercier, ce qui a entraîné des investissements dans le logement social. «Cette année, le vent souffle à droite depuis les partielles, et on est prêt à prendre un virage extrêmement inquiétant», disait le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant.
L'opposition libérale
La députée libérale Fatima Houda-Pepin, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'habitation, a eu beau jeu de se moquer des «trois limousines» qu'elle doit maintenant suivre: celle du ministre des Affaires municipales, André Boisclair, celle de son ministre délégué à l'Habitation, Jacques Côté, et maintenant celle de Mme Marois.
Elle estime toutefois «qu'il n'est jamais le temps de déréglementer dans un contexte de pénurie de logements. Cela ne fera qu'aggraver la situation». Elle plaide plutôt pour l'assouplissement des paramètres du programme de logement abordable, qui subventionne la construction de logements privés mais dont les normes sont si sévères que personne n'y a encore eu recours.
Elle demande aussi au gouvernement d'accélérer la construction des logements sociaux, affirmant que seulement 42 % des 6600 unités promises depuis cinq ans ont été réalisées. «Ce n'est pas dû à un manque de ressources: l'argent est disponible. On demande donc au gouvernement de concrétiser les unités dans le délai prescrit», a lancé la députée.
Elle croit également qu'il faut faciliter l'accès à la propriété pour la classe moyenne et mettre en place une véritable politique d'habitation au Québec, comme le ferait le Parti libéral s'il était au pouvoir.
Une position qui ne satisfaisait guère hier François Saillant du FRAPRU. Au-delà des propos de Mme Houda-Pepin, reconnue pour bien suivre le dossier, «le programme du Parti libéral est pauvre en matière d'habitation. J'aimerais bien que le chef du parti nous donne l'heure juste. Que veulent-ils vraiment faire? Ce n'est pas clair du tout»,
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