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    Services spécialisés au primaire

    Le gouvernement fait de fausses économies, prévient le Conseil de la langue française

    Il est essentiel d’agir au début de la scolarité pour corriger les faiblesses en français

    9 octobre 2015 | Robert Dutrisac - Correspondant parlementaire à Québec | Québec

    Le président du Conseil supérieur de la langue française (CSLF), Conrad Ouellon, juge que le gouvernement fait un mauvais calcul s’il pense faire des économies en n’investissant pas suffisamment au début de la scolarité des enfants pour garantir qu’ils apprennent convenablement le français. Couper aujourd’hui dans les services d’orthophonistes au primaire, par exemple, aura des répercussions plus tard au secondaire.

     

    « L’espèce d’économie qu’on peut faire en ne déplaçant pas les énergies au tout de début de la scolarisation, on les échappe par la suite, ces économies-là », a affirmé Conrad Ouellon lors du point de presse qui a suivi sa présentation du dernier avis du CSLF intitulé Rehausser la maîtrise du français pour raffermir la cohésion sociale et favoriser la réussite scolaire.

     

    « On insiste un peu partout dans l’avis sur la nécessité d’intervenir de façon précoce », a-t-il souligné.

     

    Selon Conrad Ouellon, qui a mis sur pied le programme de maîtrise en orthophonie de l’Université Laval, les enseignants, pour faire leur travail efficacement, ont besoin des ressources spécialisées, notamment des orthophonistes.

     

    Conrad Ouellon n’est pas de ceux qui croient que les jeunes parlent de plus en plus mal, qu’ils écrivent de plus en plus mal. Il a affirmé qu’il aurait pu écrire le dernier livre de Benoît Melançon qui dénonce 15 idées reçues sur la qualité du français au Québec. Chose certaine, les exigences quant au français écrit sont beaucoupplus grandes aujourd’hui qu’elles ne l’étaient il y a 40 ans, croit le président du CSLF.

     

    Reprenant plusieurs observations et recommandations qu’il a déjà formulées et relayant les préoccupations exprimées par le Conseil supérieur de l’éducation (CSE), le CSLF souligne que la maîtrise du français est au coeur de la réussite scolaire. Le français est la base de tous les autres apprentissages ; une langue mal apprise entraîne souvent le décrochage.

     

    Les recommandations de l’organisme visent essentiellement l’école. Ainsi, il est recommandé d’augmenter le nombre d’heures d’enseignement du français au primaire. Le ministère de l’Éducation devrait veiller à ce que l’école secondaire fournisse le nombre prévu d’heures d’enseignement du français.

     

    Le CSLF se préoccupe de la qualité de la formation des professeurs de français : il souhaite qu’ils soient formés pour cette discipline ou, à défaut, qu’ils aient obtenu 15 crédits universitaires dans cette matière.

     

    D’une façon générale, les exigences d’admission aux programmes de formation à l’enseignement doivent être rehaussées, un souhait qu’a déjà formulé le ministre de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, François Blais. De même, des mesures incitatives devraient être implantées « pour attirer les meilleures candidatures possible ». Que les facultés d’éducation aient la réputation d’accepter tout le monde ne leur permet pas d’attirer les meilleurs, estime Conrad Ouellon.













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